Plaidoyer pour la restauration d’un véritable débat climatique pluraliste

L’évolution du climat est, à juste titre, une préoccupation majeure de nos concitoyens.

S’agissant d’une problématique mondiale, la gouvernance du climat a été confiée à l’ONU lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992.

Mais deux lourdes décisions ont, dès l’origine, fragilisé cette gouvernance :

  • La première est d’avoir limité la mission confiée au GIEC à l’étude des causes du réchauffement climatique d’origine humaine. Cette décision a résulté du fait que, dès l’origine, il fut attribué un rôle central à l’homme, conduisant à négliger ou à  sous-estimer toutes les causes naturelles extrêmement puissantes et complexes, (soleil, nuages, vent, courants océaniques, vapeur d’eau, volcanisme,pour n’en citer que quelques unes, etc…) qui depuis toujours sont à l’œuvre et provoquent d’incessants et importants  changements climatiques à travers les âges.
  • La deuxième est d’avoir mis « la charrue avant les bœufs », comme le relèvent plusieurs sources, et d’avoir condamné le ‌CO₂ anthropique sans disposer de preuves solides, à tel point qu’il a fallu mettre en jeu le Principe de Précaution, qui stipule qu’en cas de doute sur une menace sérieuse, il faut agir même en l’absence de preuves. En effet, il régnait une très grande incertitude scientifique à l’époque. En 1990, le GIEC lui-même reconnaît, dans son rapport d’évaluation, qu’il ne sait pas si le réchauffement constaté est d’origine humaine, ou bien s’il est d’origine naturelle. Il écrit : « L’importance de ce réchauffement planétaire  est  globalement  conforme aux productions des modèles climatiques, mais il est de la même magnitude que la variabilité naturelle du climat ». Ce rapport montre également qu’il ne sait pas quelle est la gravité du risque. Pourtant ce traité conduit les États à faire abandon de leur souveraineté climatique entre les mains de l’UNFCCC, entité supranationale qu’il pilote. Les États ont ainsi eu l’obligation morale  de s’exécuter, compte-tenu de la menace mise en avant. Ce passage obligé a ainsi permis à l’ONU d’augmenter d’une manière significative son pouvoir sur les affaires du monde, sans apporter de réponse solide à l’incertitude préexistante.

 

Ces deux décisions originelles, soutenues par les activistes du climat aux commandes au sein de l’ONU, ont altéré d’une manière lourde la gouvernance climatique onusienne, la fragilisant sérieusement.

La troisième grande faiblesse de la gouvernance climatique onusienne est d’être hégémonique.

En effet, il fut confié au GIEC, après le Sommet de Rio, la mission d’apporter la preuve de la responsabilité du ‌CO₂ anthropique dans le réchauffement climatique. Mais de nombreux scientifiques étaient très dubitatifs. Le GIEC, ne pouvant reculer, au risque de se déjuger, fut conduit à imposer ces choix par la mise en place d’une stricte tutelle sur la science climatique.

C’est donc un passage obligé qui a été pratiqué par le GIEC, au détriment des Bonnes Pratiques scientifiques usuelles. L’analyse du fonctionnement du GIEC depuis le Sommet de la Terre en 1992 montre en effet qu’il s’est comporté en organisme hégémonique. Il a refusé tout pluralisme au sein de ses instances, c’est-à-dire l’expression de voix indépendantes, voire opposées, pourtant nécessaires à tout débat scientifique.  Il apparaît qu’il s’est, en de nombreuses reprises, abstenu de prendre en considération les thèses opposées aux siennes, pratiquant largement le « cherry picking », c’est à dire le choix sélectif des textes de référence. Il apparaît aussi qu’il a pratiqué le dénigrement de ses opposants, ainsi que le refus de débattre malgré les demandes répétées qui lui ont été adressées, allant même jusqu’à procéder à des falsifications et des manipulations pour imposer ses idées.

Le GIEC s’est aussi arrogé le bénéfice d’un très large consensus pour justifier d’imposer ses idées, alors qu’en fait ce consensus a été largement « fabriqué » comme le rapporte la grande climatologue américaine Judith Curry, dans son dernier livre « Le réchauffement climatique n’est plus ce qu’il était » (L’Artilleur – 2023), ainsi que plusieurs autres sources, car il ne résulte pas d’une confrontation de toutes les thèses en présence. Par ailleurs, il s’est appuyé sur les résultats de modèles climatiques aux résultats contradictoires et exagérément « réchauffistes » pour répandre un alarmisme qui paraît surestimé. Le GIEC a également développé une puissante propagande visant à se faire passer pour un organisme véritablement scientifique alors qu’il est un organisme essentiellement politique, dépendant de l’ONU.

La combinaison de ces différentes pratiques a permis à l’ONU d’obtenir, à travers l’Accord de Paris de 2015, un nouveau vote unanime, confirmant la condamnation du  ‌CO₂

anthropique et fixant l’objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050, corollaire de la fin des énergies fossiles, avec l’objectif de limiter l’augmentation de la température moyenne de la planète à un maximum de +2°C (et aussi proche que possible de +1,5°C)

De nombreux scientifiques de premier plan continuent de soutenir que le ‌CO₂ anthropique ne joue pas un rôle déterminant dans le réchauffement climatique. Ce ne serait pas la bonne cible. Leurs avis ne semblent pas avoir été pris en considération.

Ce point central, et de nombreux autres points de désaccord, doivent donner lieu à un nouveau débat. L’objectif central onusien de baisse des émissions de ‌CO₂ anthropique est en total échec puisque les émissions mondiales, au lieu de baisser, ont progressé de l’ordre de 60 % depuis 1990. L’Accord de Paris est ainsi en sursis. Il semble irréalisable, conduisant les très coûteuses mais faibles baisses de CO2 réalisées par l’Union Européenne à devenir un pur gaspillage. L’économie européenne montre de nombreux signes d’affaiblissement du fait des nouvelle contraintes imposées par le Green Deal. L’Union Européenne est pratiquement le seul acteur mondial important à s’imposer les contraintes d’une décarbonation soutenue, ce qui conduit à son affaiblissement économique. Mais le coût de la transition énergétique est au-dessus de nos moyens. Le projet de PPE3 doit être réexaminé car dans sa version actuelle, il conduirait à un nouveau doublement du prix de l’électricité, ce qui est totalement insoutenable pour les particuliers comme pour les entreprises. Par ailleurs, il faut poursuivre et amplifier les recherches sur les causes naturelles multiples qui peuvent faire varier le climat.

Cet ensemble de facteurs conduisent à penser que les orientations actuelles en matière climatique et énergétique nous acheminent vers une impasse. L’ensemble des dispositifs en cours n’apparaissent plus crédibles et risquent de conduire à de graves difficultés futures.

La science nécessite la permanence de débats entre toutes les thèses existantes. On comprend mal pourquoi la science climatique ferait exception. Il est urgent que nos gouvernants prennent les dispositions nécessaires pour que la pratique du débat scientifique objectif, transparent et pluraliste en matière climatique soit réinstaurée en France. On en est loin depuis de nombreuses années. Il faut mettre fin à ce dysfonctionnement majeur de la science climatique. Une confrontation directe BLUE TEAM (les scientifiques réchauffistes) – RED TEAM (les opposants « Dissidents du Climat ») est aujourd’hui indispensable pour sortir de l’incertitude scientifique qui persiste actuellement, selon les Dissidents du Climat, sur les causes et les conséquences du réchauffement climatique en cours.

Un appel est lancé à nos dirigeants pour qu’ils tiennent compte des argumentations présentées ci-dessus et qu’ils prennent les dispositions nécessaires pour y répondre. Cela nécessite notamment de mettre fin au dénigrement systématique des opposants ( les « Dissidents du Climat ») et de les réintégrer dans les débats climatiques.

 

Guy BARBEY, Président de Climat et Vérité

Auteur du livre : « Les Dissidents du Climat  – Les thèses du GIEC en question » – Editions Bookelis – octobre 2025.

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2 réponses

  1. On ne peut que souscrire à vos propos. Mais compter sur « nos dirigeants » pour relancer le débat paraît illusoire. Ils ont subi un tel lavage de cerveau qu’ils en sont bien incapables. Ils restent scotchés comme des lapins dans les phares à la transition écologique, à la lutte contre les émissions, à la décarbonation, etc, j’en passe et des plus absurdes. Il ne reste hélas qu’à attendre l’arrivée d’autres dirigeants moins coincés et plus ouverts au réel et à la vraie science. En espérant que les dirigeants actuels ne fassent pas trop de dégâts dans l’intervalle.

  2. Sans remettre en cause la possibilité qu’il puisse y avoir un réchauffement global de l’ensemble de la planète et que nos moyens actuels puissent le mesurer avec une précision supérieure aux marges d’erreurs des mesures, on se fait traiter de complotiste quand on met en doute la seule cause anthropique de ce possible réchauffement alors que toutes les autres causes sont soigneusement ignorées ( comme l’activité solaire et bien d’autres!) ou minimisées sans que personne dans le camp du bien ne produise une quelconque mesure de la somme de ces autres causes, à comparer avec l’effet supposé comme prépondérant de l’effet de serre du CO2 émis par les activités humaines. Finalement, on finit par penser que se faire traiter de complotiste est un compliment!

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