L’État poursuit son offensive idéologique pour les « mobilités douces » et contre le moteur thermique, il pousse coûte que coûte les Français vers l’électrique. Sur le terrain cependant, la réalité fait de la résistance : nos concitoyens restent massivement attachés à l’automobile mais les véhicules électriques, trop chers, peinent à convaincre. Dans le même temps, l’industrie automobile française, étranglée par des décennies de décisions politiques déconnectées et par une concurrence chinoise dopée aux subventions, s’enfonce dans un déclin entamé au début des années 2000.
Le 14 novembre dernier, à quatre mois des municipales, un sondage Vérian réalisé pour le compte de L’Opinion et de la Fondation Jean-Jaurès a confirmé que l’automobile demeure le mode de déplacement privilégié par une écrasante majorité de Français ; mais que, malgré de fortes incitations et un matraquage permanent de l’État, seuls 21 % des sondés n’ayant pas encore de voiture songeaient à acheter une électrique ou hybride rechargeable : trop chères pour 62% d’entre eux et d’une trop faible autonomie pour 51%.
A court terme, et même s’il persiste – en opposition avec l’Allemagne – à défendre l’interdiction à la vente de véhicules thermiques à partir de 2035, le Gouvernement ne changera pas la donne : la filière automobile française n’est pas compétitive vis-à-vis de la Chine dans le domaine de l’électrique.
Un long et lent déclin depuis les années 2000
Depuis la crise du covid, 2019 étant l’année de référence, les ventes de véhicules neufs en France et en Europe ont largement baissé, passant, respectivement, de 2,2 et 16 millions à 1,7 et 13 millions en 2024. Un rapport du Sénat révèle que la production automobile française ne s’en est jamais remise et demeure inférieure de 40 % au chiffre de cette année-là, 19 000 emplois ayant été détruits. On voit, sur le graphique ci-dessous, repris par le Sénat, que l’hémorragie a en réalité commencé depuis bien plus longtemps, dans les années 2000.

Autrefois juste derrière l’Allemagne sur le podium des constructeurs européens, l’Hexagone est relégué en 5e position derrière maintenant de nombreux pays (République tchèque, Espagne, Slovaquie…). Les constructeurs français ne produisent plus que 25 % de leurs véhicules sur le sol national, contre 64 % en 2003. La France représentait 5,6 % de la production mondiale en 2000, ce n’était plus que 1,6 % en 2023, le déficit commercial d’import/export sectoriel atteignant 24,9 Mds€ la même année.
Interdiction à la vente des véhicules thermiques en 2035, le coup de grâce ?
En mars 2025, seuls 24,7 % des immatriculations sont des voitures électriques et des hybrides rechargeables, c’est-à-dire alimentées directement en électricité. Le reste, ce sont les hybrides non rechargeables (qui utilisent leur moteur thermique pour alimenter leur batterie électrique) et les véhicules thermiques.
La part de véhicules électriques chinois est déjà de 25 % en Europe mais la Chine, grâce à son immense marché intérieur et aux subventions de l’État (255 Mds$ depuis 2010), a énormément investi. À l’heure actuelle, elle produit 62 % des véhicules électriques au niveau mondial et 78 % des batteries automobiles. En moyenne, les voitures électriques chinoises sont également 30 % moins chères que leurs rivales européennes, soit une différence pouvant aller de 5.000 à 10 000€ à la vente.
La filière automobile, c’est en France 800 000 emplois (dont 330 000 directs), un tiers des investissements en R&D et la moitié des brevets, mais le déficit structurel de compétitivité qui affecte chez nous l’industrie des véhicules électriques menace 75 000 emplois d’ici 2030. A plus long terme, c’est toute la filière qui pourrait rejoindre le rayon des souvenirs industriels, laissant des régions entières sinistrées.
Face à un marché bouleversé, à une concurrence mondiale exacerbée et à une stratégie publique souvent guidée par le dogme plutôt que par le pragmatisme économique, la France semble s’être engagée dans une fuite en avant. L’interdiction programmée du thermique en 2035 apparaît moins comme un cap que comme une menace directe pour une filière déjà fragilisée, incapable de rivaliser avec la Chine.
Revenir sur cette mesure nocive ne suffira pas : Paris et Bruxelles doivent cesser de vouloir régenter la vie des constructeurs français et européens. Ils doivent provoquer un choc de compétitivité, fiscal et de simplification normative, seul apte à les sauver.
Une réponse
Arrêter d’écrire que les véhicules électriques sont trop chers, heureusement qu’ils le sont!!!
Les gens n’en veulent pas c’est tout!!!