Le Président Emmanuel Macron souhaite instaurer une labellisation de l’information, de façon à combattre la désinformation.
Outre le fait qu’il s’agirait d’une véritable censure, cette intention pose 2 questions fondamentales :
- Comment distingue-t-on une information d’une désinformation ?
- Que fait-on d’une désinformation : on la supprime ou on démontre sa fausseté ?
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Selon Le Monde, journal de référence du sujet s’il en est, une Information doit obéir à 3 critères :
- Avoir un intérêt pour le public (on s’en serait douté)
- Etre factuelle
- Etre vérifiée
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On peut donc dire qu’une information qui n’est ni factuelle ni vérifiée est au mieux une théorie, mais plus probablement une désinformation.
Ainsi donc, concernant le Climat :
« La concentration atmosphérique de CO2 augmente » est bien une information, même si elle n’a pas, en soi, beaucoup d’intérêt pour le public à son niveau de concentration ; mais elle est factuelle et vérifiée par des organismes officiels et crédibles (observatoire de Mauna Loa entre autres) : personne ne la conteste.
« Cette augmentation est le fait de l’homme (sous-entendu du fait de la combustion des combustibles fossiles) » n’est pas une information ; c’est une théorie, sans doute de bon sens, mais qui fait l’objet de débats, car cette injection humaine représente moins de 5% de ce que rejettent les océans et la nature dans le cadre du cycle du carbone. Elle a sans aucun doute de l’intérêt pour le public, amené éventuellement à modérer sa consommation, mais elle n’est ni factuelle ni vérifiée ; par exemple, à l’inverse, le réchauffement lui-même (des océans) peut être une cause d’augmentation de la concentration de CO2. Et si cette théorie est fausse, tout l’édifice du GIEC tombe par terre.
« La température moyenne de la Terre augmente » est bien une information, même si les Physiciens puristes estiment qu’on ne peut pas faire de moyennes de ce genre de grandeur physique : elle est factuelle et vérifiée, aussi bien par les mesures terrestres que satellites : personne ne la conteste.
« Elle augmente à cause de l’augmentation du CO2 » n’est pas une information ; c’est une théorie : même si, thermodynamiquement, le CO2 est facteur de réchauffement, beaucoup de chercheurs renommés estiment comme moi que c’est une cause très insuffisante pour expliquer le réchauffement actuel, et qui n’explique pas, par ailleurs, les optima climatiques passés, médiéval, romain, et minoen d’il y a 1000, 2000, et 3000 ans. Et si cette théorie est fausse, tout l’édifice du GIEC tombe par terre.
« Le niveau des océans s’élève » est à la fois une information et une désinformation : il s’élève effectivement et factuellement (20 à 25 cm par siècle), mais avec des conséquences très loin d’être dramatiques, moins par exemple que l’érosion côtière, qui effondre les falaises et détruit des propriétés ; et par ailleurs, cette élévation ne tuera jamais personne. Ce qui en fait une désinformation, c’est l’énorme exagération (film d’Al Gore) et la dramatisation qui en sont faites.
« Les phénomènes météorologiques s’aggravent » est une désinformation pure, … même si elle intéresse le public : des exemples ne font pas une statistique, et à ma connaissance, il n’existe aucune statistique officielle qui corrobore cette affirmation ; toutes les observations officielles concluent au contraire qu’il n’y en a aucune évolution significative, ce qui est d’ailleurs corroboré par le GIEC lui-même dans son dernier Résumé à l’intention des Décideurs (page 11) : “There is low confidence in long-term (multi-decadal to centennial) trends in the frequency of all-category tropical cyclones”.
« Le réchauffement climatique provoque la mort des coraux » est également une désinformation : bien sûr, il existe des endroits où les coraux blanchissent, voire meurent (souvent plus du fait de la pollution que du réchauffement), mais il en existe de nombreux également où ils renaissent et se développent : la Grande Barrière de Corail, en Australie, en est un exemple emblématique, mais pas le seul. On peut même se demander si, au contraire, le réchauffement climatique ne bénéficie pas aux coraux. Il manque un observatoire mondial des coraux qui puisse fournir des informations fiables et vérifiées.
« Sécheresses et inondations sont en augmentation » est une désinformation : là encore, il n’existe pas de statistiques officielles mondiales, et les observations officielles nationales de l’évolution de ces phénomènes (telles que la NOAA ou l’EPA aux USA) ne montrent rien de tel, rien du moins que l’on ne puisse attribuer à l’évolution naturelle du climat (même en France, quoi qu’on en dise).
« Le réchauffement climatique entraîne une augmentation des incendies de forêts » est une désinformation : dans les pays occidentaux, qui sont les plus touchés par le réchauffement, la fréquence et l’intensité des incendies de forêts se sont effondrées depuis le début du 20ème siècle. Elles réaugmentent un petit peu depuis le début des années 2000, depuis qu’on entretient moins les forêts pour favoriser la biodiversité.
« Le réchauffement climatique détruit la biodiversité » est une désinformation : l’exemple emblématique en était l’ours polaire, appelé à disparaître du fait de la fonte des banquises, mais dont la population s’avère au contraire en plein développement. La destruction de la biodiversité, pour autant qu’elle soit avérée, peut avoir de multiples causes, autres et plus probables que le réchauffement climatique.
Pour conclure :
Une théorie devrait pouvoir donner lieu à débat contradictoire, ce qui est rendu impossible par une espèce de censure des journalistes et de l’ARCOM : dans les débats qui ont lieu sur le service public, tous les débatteurs sont toujours du même avis bien-pensant, et quand des débats pourraient se tenir sur des chaînes privées (ex. : CNews), l’ARCOM les sanctionne lourdement.
Quant aux désinformations citées plus haut, elles sont débitées ad libitum sur les télévisions du service public, en particulier tous les jours dans le journal « météo-climat », mais également dans des documentaires bien choisis pour montrer des catastrophes attribuées arbitrairement au réchauffement climatique.
Une vraie « information » pourrait être par exemple ! « la NOAA vient de publier ici une courbe démontrant l’accroissement de la fréquence des cyclones depuis un siècle » (ce qui est faux). Mais il faudrait pour cela que les journalistes spécialisés vérifient les informations qu’ils publient, ce qu’ils ne font pas, se contentant (dans le meilleur des cas), de propager, sous couvert de « science » des rumeurs bien-pensantes, dont ils ne citent, bien entendu, jamais la source.
On peut légitimement se demander qui labellisera les informations climatiques si ce projet présidentiel voit le jour. Quota Climat, sans doute ?
7 réponses
Bonjour,
Je réagis à l’affirmation: « Le niveau des océans s’élève ». C’est trop simple!!!!
En effet, si des observateurs peuvent être d’accord avec les mesures de températures des océans annonçant des augmentations de ces températures, d’autres en profitent pour calculer des augmentations de volume qui, étalés sur toute la surface des océans sont interprétées comme des augmentations de niveau moyen! C’est faux car cet étalement n’a pas lieu et sur les côtes le niveau de l’eau (Géoïde) est plus élevé que l’ellipsoïde (La géométrie) alors qu’au centre des océans, au dessus des zones profondes, le niveau du géoïde est plus bas! La différence est de 200mètre!!! La dilatation ne modifie le niveau que dans ces zones profondes du fait de la gravitation et de l’absence de changement de masse. Sue les côtes rien ne change!!!
De plus des chercheurs comme Nils Axel Mörner et Henri Masson ont montré que les variations sur les côtes sont dues à des évènement cycliques (Transfert de moment cinétique entre corps célestes) et n’ont rien à voir avec la dilatation!!!
Nous voilà pas sortis de l’auberge.
La charte de France Télévision sur le réchauffement est déjà à la fois un label et une censure.
De même que dans la ferme d’Orwel certains animaux sont plus égaux que les autres, dans le monde médiatique de M. Macron certains journalistes sont plus journalistes que les autres.
Comme l’histoire nous le rappelle avec ironie, une information labellisée « officielle » risque d’avoir l’effet exactement inverse en suscitant la méfiance systématique du public, un peu comme une boussole qui indique tout le temps le sud …
Les purs génies instigateurs de ce projet ne se sont à aucun moment demandé ce qui se passerait si un parti d’opposition prenait le pouvoir à leur place et utilisait la même loi qu’ils ont voté pour les réduire au silence.
Je me demande quel est le cheminement de pensée qui a pu aboutir à un tel naufrage démocratique…
Des enarques ? Des militants d’ONG ? Des « commissions citoyennes » ? Des « groupes d’experts »? Des » journalistes » ?
Vaste sujet qui fera le bonheur des historiens…
Parler de « label » de l’information dans le domaine de la liberté d’expression, est un oxymore !
« Les physiciens puristes estiment qu’on ne peut pas faire de moyennes de ce genre de grandeur physique »Même sans être puriste, il faudrait nous fournir la méthodologie qui permet d’établir une température moyenne de la surface de la planète (océans compris) à un instant donné.
Du point de vue de la thermodynamique, cette température a-t-elle un sens?
Si on fait abstraction de la grandeur physique qu’on mesure, rien n’empêche de faire une moyenne arithmétique des valeurs des mesures ; et si cette moyenne augmente, cela signifie plus que probablement que la grandeur physique mesurée augmente aussi.
En déduire une valeur précise de l’augmentation est un autre problème, et je suis d’accord avec vous.
Concernant la désinformation délivrée par les media, ce scientifique en parle de manière intéressante :
https://www.youtube.com/watch?v=G_gNukkY7OA
Aller notamment à 33:00, à 1:29:45 et à 1:38:30
Cette température a-t-elle un sens ?
Sur terre, on essaie de mesurer la « température de l’air » à une hauteur de 2 m environ. Sur mer, on ne mesure pas la température de l’air, mais la température de l’eau à quelques mètres de la surface (https://en.wikipedia.org/wiki/Sea_surface_temperature). Sur la banquise, je n’ai pas trouvé … (est-ce qu’on la mesure ?). Donc physiquement, cette température ne veut rien dire !
Par contre, comme le dit JMM, si cette température monte un peu partout, ce n’est certainement pas le signe d’un refroidissement … S’il y a des endroits où ça monte et d’autres où ça descend, on ne peut rien en déduire, il faut alors faire un bilan des variations du contenu thermique de la terre (bon courage !) ou bien faire un bilan des flux de chaleur entrant et sortant, ce qui est plus facile, mais … qu’on ne sait pas encore faire avec une précision suffisante !