(Vincent Bénard dans IREF du 17/12/25)
L’Union européenne a entamé le processus législatif visant à inscrire en 2026 dans sa loi une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 90% en 2040, par rapport à celles de 1990. Cet objectif constitue un point d’étape avant l’atteinte espérée des « zéro émissions nettes » en 2050. En cas d’adoption définitive, les États membres devront transcrire ces dispositions dans leurs lois.
Notre rapport démontre que cet objectif est impossible à tenir car il suppose que l’UE dispose des moyens de multiplier par 2 à 3 la vitesse de décarbonation de l’économie, ce qui relève du rêve. En effet, l’Europe ne dispose ni des ressources financières, ni de la main d’œuvre, pour conduire aussi rapidement un changement complet de nos paradigmes énergétiques.
Pire encore, le plan suggéré, à base de déploiement massif d’électricité solaire et éolienne, d’investissements colossaux pour corriger l’intermittence de ces énergies, en ayant recours à des technologies dont la maturité technologique est incertaine, et la durabilité faible, ne présente pas les garanties de fiabilité nécessaires pour notre approvisionnement électrique. Des organismes officiels, y compris au sein de l’Union, ont souligné le manque de rigueur scientifique de certaines options retenues, notamment concernant le développement d’une filière hydrogène « verte », et dénoncent l’incapacité des états membres de déployer les réseaux électriques indispensables pour faire fonctionner des énergies renouvelables dont la puissance installée serait multipliée par quatre.
En outre, la volonté d’imposer aux agents économiques des modifications coûteuses, et parfois techniquement immatures, de leurs méthodes de production et de consommation d’énergie, les place dans une situation concurrentielle défavorable qui a d’ores et déjà provoqué une chute de certaines productions industrielles et menace de l’aggraver encore, poussant nombre d’industries, et notamment celles qui consomment beaucoup d’énergie, à délocaliser leurs sites de production, principalement vers l’Asie.
La recherche de la décarbonation à tout prix a déjà conduit les États membres à adopter des mesures limitant certaines libertés individuelles, à commencer par celles d’exercer certaines activités professionnelles, comme par exemple l’élevage. Elles vont également imposer aux ménages des dépenses massives qu’ils n’entreprendraient pas de façon rationnelle sans coercition législative. Poursuivre dans cette voie laisse craindre la multiplication de ce genre de mesures liberticides.
Malgré les 21 000 milliards d’Euros que l’UE prévoit de dépenser, ou de faire dépenser aux agents économiques privés, d’ici à 2040, pour mettre à exécution son plan climat, toutes les difficultés déjà apparues montrent que le plan n’a aucune chance d’être atteint: pas assez d’argent, pas assez de main d’œuvre, pas assez de demande de la société pour des produits « verts » tant que ceux ci seront beaucoup plus coûteux que les autres.
Le rapport démontre également que cette obsession climatique n’aura absolument aucun effet sur le climat mondial. La différence de contribution de l’UE aux températures terrestres en 2100, selon que le plan 2040 sera mis en œuvre ou pas, et selon les méthodes d’estimation du GIEC, est estimée entre deux centièmes et cinq centièmes de degré, tout à fait imperceptibles. Que l’Europe atteigne le net zéro en 2050, en 2100, ou quelque part entre ces deux dates, ne fait tout simplement aucune différence au niveau du climat mondial.
Le modèle énergétique retenu par l’UE s’inspire du modèle allemand de la transition énergétique défini sous les chanceliers Merkel et Schröder. Ce modèle a d’ores et déjà échoué, et même le chancelier allemand actuel s’en rend compte. Persister dans cette direction contre toute rationalité, par dogmatisme pur, constituerait une faute grave de l’Europe.
À l’instar des choix récemment opérés par l’administration américaine, L’Europe doit d’urgence admettre cet échec et effectuer un virage à 180° en faveur de l’adoption d’un « modèle français modernisé » de l’électricité fondé sur l’énergie nucléaire, certes actuellement plutôt chère et lente à développer en comparaison des énergies fossiles, mais qui suscite énormément de recherches et de développements prometteurs laissant espérer que ces désavantages compétitifs seront effacés en l’espace d’une génération.
Lire le rapport (24 pages)
2 réponses
Voilà le site pour accéder au rapport!
https://fr.irefeurope.org/loi-climat-de-lunion-europeenne-un-desastre-economique-et-societal-sans-aucun-effet-sur-le-climat/
Qui contient l’affirmation suivante qui constitue le point important du rapport:
« Les différences de température avec ou sans plan seront imperceptibles, et non mesurables par des instruments classiques. Le plan carbone de l’Union Européenne n’a rigoureusement aucune importance pour le climat mondial ! »
Nos dirigeants non seulement nous ruinent mais nous ruinent pour rien!
Le Plan Carbone européen a une importance pour le climat mondial : son coût monstrueux, son impact destructeur sur l’économie européenne et sa très faible efficacité en termes d’émission de CO2, constituent pour les autres régions du monde un excellent contre-exemple. Déjà opposés à l’idée de sacrifier leur accès au développement en renonçant aux énergies qui leur sont économiquement accessibles, des pays comme l’Inde ou le Brésil vont y trouver une justification supplémentaire pour ne rien changer, même là où ça se pourrait sans handicaper l’économie.