La croissance verte reste une illusion, … sauf en Chine

Changer radicalement de sources et de mode d’utilisation de l’énergie et continuer, comme si de rien n’était, à bénéficier d’une croissance économique, est une illusion. Tout comme celle selon laquelle il suffit de multiplier les aides, les subventions et les contraintes pour faire naître des modèles économiques pérennes et créateurs de richesses.
En fait, un seul pays au monde a réussi à mettre en place, apparemment, un tel modèle, la Chine. L’usine du monde est devenue à coups de subventions, d’aides publiques et d’investissements massifs celle de la transition énergétique et en domine toutes les filières et technologies.
Cela ne laisse aucune place à l’industrie européenne. Mais il n’est même pas sûr que le modèle chinois soit pérenne tant il est menacé aujourd’hui par les surcapacités et les surinvestissements et l’opacité de sa rentabilité réelle.

Au-delà de la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, la transition énergétique a aussi longtemps été présentée comme une opportunité unique de croissance économique, de création d’emplois et de réindustrialisation. Une façon de masquer l’augmentation mécanique des coûts de l’énergie et ses conséquences : un appauvrissement des populations et une moindre compétitivité industrielle.

Si l’énergie coûte plus cher et est moins abondante, la croissance économique, étroitement corrélée avec la consommation d’énergie, s’arrête. Les pays européens ont pu faire illusion au cours des deux dernières décennies avec une baisse de la demande d’énergie tout en continuant à connaître une croissance, en général assez anémique. Mais il s’agit en grande partie d’un trompe-l’œil. Bien sûr, il y a eu des progrès indéniables en matière d’efficacité énergétique, faire autant en consommant moins, dans le chauffage, l’industrie et même les transports. Mais la majeure partie de la baisse de la consommation d’énergie provient de la délocalisation des activités industrielles vers l’Asie et plus particulièrement la Chine.

Une contradiction insurmontable

Pour preuve, la différence impressionnante dans le dernier rapport sur la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC3) entre les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire national en 2024, 369 Millions de tonnes de CO2 équivalent (Mt CO2e), et celles comprenant son empreinte réelle intégrant le commerce international et les importations qui est de 563 Mt CO2e… La différence est de 52%.

Nous sommes en fait face à une contradiction qui semble insurmontable. L’illusion que nous allons pouvoir à la fois changer radicalement de sources et de mode d’utilisation de l’énergie et continuer, comme si de rien n’était, à bénéficier d’une croissance économique. Les décroissants ont trouvé leur solution, l’appauvrissement généralisé. Ils ont juste oublié une chose, ils ne vivent pas dans des régimes totalitaires. L’acceptabilité politique et sociale d’une telle politique est proche de zéro. Le rejet grandissant aujourd’hui des politiques énergétiques dans les démocraties en apporte, si besoin en est, la démonstration.

Illusion technocratique et politique

Car les promesses de « croissance verte » sont restées au fil des années des promesses… Il suffit juste de mesurer les conséquences sur l’industrie et sa compétitivité de l’envolée des prix de l’énergie en Europe, deux à trois fois plus élevés aujourd’hui pour le gaz et l’électricité qu’aux Etats-Unis et en Chine, ou celles sur la filière automobile de la transition à marches forcées vers la motorisation électrique.

Le trop fameux Pacte vert européen est la parfaite illustration de cette illusion technocratique et politique. Il suffit de multiplier les aides, les subventions et les contraintes pour faire naître des modèles économiques pérennes et créateurs de richesses.

Délire technocratique

La Commission européenne a édicté en juillet 2021 des milliers de pages de réglementations, de normes, de contraintes qui concernent tous les domaines d’activité afin d’atteindre les objectifs irréalistes qu’elle a elle-même fixé arbitrairement de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici 2030 par rapport à 1990. Un délire technocratique que même la Cour des comptes européenne, qu’on ne peut soupçonner « d’anti européanisme » primaire, …

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