Pourquoi la période d’euphorie pour l’éolien et le solaire est révolue

En prenant un virage radical dans l’éolien et le solaire, l’administration américaine actuelle pourrait avoir changé la donne : les subventions et les permis d’exploitation ayant été réduits de façon drastique sous Donald Trump, les analystes de l’énergie s’interrogent sur la capacité du système à se maintenir à flot sans l’aide de l’État.

« Nous sommes arrivés à la fin de la phase de battage médiatique et au début de la phase de réalité »,

selon Sam Romain, président d’Americans for Energy Dominance, un groupe de pression (lobby) défendant le principe d’indépendance énergétique.

« Les technologies qui réduisent les coûts, améliorent la fiabilité et renforcent le réseau vont prendre de l’ampleur. Les autres disparaîtront. »

Le président américain a très rapidement suspendu l’autorisation de nouveaux baux et permis pour l’éolien et le solaire une fois élu, tout en augmentant les redevances pour les projets déjà existants. Par la suite, il a rendu les procédures d’annulation des subventions aux énergies renouvelables plus rapides, mettant ainsi en péril les quelques 300 milliards de dollars d’investissements initialement prévus dans tous le pays.

En août 2025, 679 millions de dollars de financement pour 12 projets éoliens offshore à travers les États-Unis ont été annulés, selon la Maison-Blanche, qui dit préférer

« donner la priorité aux améliorations réelles des infrastructures plutôt qu’aux projets éoliens fantaisistes qui coûtent cher et offrent peu ».

En décembre 2025, les baux de cinq grands projets éoliens offshore en construction ont été annulés, le gouvernement américain estimant que ces installations étaient

« coûteuses, peu fiables [et trop] lourdement subventionnées », selon le ministre en charge du dossier.

La question de la viabilité économique

Or, sans ces subventions, de nombreux analystes affirment que l’éolien et le solaire auront du mal convaincre, ou devront fortement réduire leurs objectifs.

« L’éolien et le solaire ne pourront pas rivaliser de manière crédible avec des sources de ‘charge de base’ abordables et fiables comme le gaz, le charbon et le nucléaire à l’échelle industrielle »,

selon Sarah Montalbano, analyste des politiques énergétiques chez Always On Energy Research, un think tank qui rappelle qu’une trop grande dépendance au vent et au soleil rend tout réseau électrique instable (« intermittent »).

Selon plusieurs experts, même lorsque des régions sont favorables à ce type d’investissement, l’énergie éolienne et solaire se heurtent à deux obstacles majeurs : la fiabilité et le coût. En comparant l’éolien ou le solaire à des alternatives comme le nucléaire,

« vous comparez deux choses très dissemblables ».

L’une est « une ressource intermittente qui peut ne durer que 10 à 20 ans avant que l’équipement ne tombe en panne et doive être remplacé, et l’autre est une centrale pilotable 24h/24 et 7j/7 qui peut durer de 50 à 70 ans ». Ils précisent que certaines centrales nucléaires ayant été construites dans les années 1970, elles fonctionneront probablement jusqu’en 2040 ou au-delà. L’éolien et le solaire ne peuvent pas rivaliser sur cette base, selon eux.

Coûts cachés

L’énergie renouvelable était pourtant censée être une source d’énergie moins chère, selon ses défenseurs, l’argument étant que le vent et le soleil sont une ressource gratuite. Cependant, le coût global réel de ces technologies a été masqué de plusieurs manières.

Premièrement, l’énergie étant dépendante de la météo, des systèmes de secours sont nécessaires, notamment des centrales au gaz, qui pourront produire de l’électricité lorsque le soleil ne brille pas ou que le vent ne souffle pas. Le coût de construction et d’exploitation de ces systèmes de secours n’est généralement pas pris en compte dans les chiffres du coût de l’éolien ou du solaire. Pourtant leur mise en place ou leur maintien sont intrinsèquement liées aux énergies renouvelables.

Il y a également des coûts supplémentaires pour construire de nouvelles lignes de distribution afin de transmettre l’électricité depuis les lieux souvent reculés où l’énergie éolienne et solaire est générée vers les utilisateurs dans les villes ou villages distants.

« Avec tous ces projets, éoliens ou solaires, vous devez soit moderniser une ligne de transmission, soit moderniser le système de distribution pour injecter ces actifs sur le réseau, et ces coûts ne sont jamais ajoutés au coût total de l’éolien et du solaire », a déclaré un expert.

Un autre coût caché tient au fait que les centrales éoliennes et solaires ont généralement des durées de vie plus courtes que les centrales au gaz, au charbon et au nucléaire, et que les frais de démantèlement ne sont souvent pas pris en compte de la même manière que pour les centrales traditionnelles.

Les consommateurs supportent souvent tous ces coûts supplémentaires via des factures d’électricité et des impôts plus élevés.

« Si la politique énergétique fait grimper les factures et augmente le risque de panne, alors elle n’est pas viable », estime M. Romain. « Ces obligations de ‘zéro émission nette’ sont souvent rédigés par des élites qui ne s’inquiètent jamais de savoir s’ils vont pouvoir payer leur facture d’électricité. »

Rejet du renouvelable

Parallèlement à la politique de Donald Trump, les experts constatent que de plus en plus de gens s’opposent à l’installation de grands projets éoliens et solaires dans leurs régions.

« Il était clair, avant même la fin des subventions, que le secteur de l’éolien industriel faisait face à de plus en plus de frictions de la part des communautés locales, qui se battent contre ce genre de projets », a déclaré M. Bryce, qui a co-écrit un article sur le sujet pour le New York Post.

Certains recensements estiment que le nombre de projets faisant face à des communautés hostiles ne cesse de grimper, les populations locales s’efforçant d’empêcher l’installation de tout projet éolien, solaire ou de stockage dans leur région. Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) reconnaît que les éoliennes gâchent la vue et nuisent à la faune, et que les installations éoliennes et solaires prennent beaucoup plus de place que les centrales énergétiques traditionnelles, selon un rapport de 2024.

« En ce qui concerne l’utilisation des terres, les centrales nucléaires n’occupent que 10 hectares par térawattheure d’électricité produit par an, tandis que l’éolien en utilise environ 100 hectares, en mesurant uniquement la zone occupée par les turbines, » révèle le rapport.

En janvier, un tribunal américain a reussi à bloquer la tentative de l’administration Trump de révoquer les permis de cinq projets éoliens offshore, autorisant à plusieurs d’entre eux de reprendre la construction. Mais selon M. Burnett, même si ces projets éoliens parviennent à leur terme, il y aura probablement des retards et des dépassements de coûts difficiles à supporter.

« Des dizaines de projets éoliens offshore approuvés et autorisés par l’administration précédante [Biden] ont déjà cessé leur construction et se sont retirés des projets, uniquement pour des raisons économiques », explique M. Burnett. « Les coûts des matériaux continuent d’augmenter et les problèmes de chaîne d’approvisionnement ont entravé la construction. »

Parce qu’une grande partie des matériaux pour les éoliennes et les panneaux solaires provient de Chine, les coûts de construction sont tirés encore plus vers le haut en raison des tarifs récemment mis en place par le gouvernement américain sur les importations chinoises.

Le solaire semble cependant pouvoir espérer un avenir plus radieux que l’éolien

« Il est important de faire la distinction entre les fermes éoliennes et solaires gigantesques qui s’étendent sur des kilomètres et les panneaux solaires que les propriétaires installent sur leurs toits », a déclaré M. Romain. « L’économie des batteries domestiques et du solaire de toiture fonctionne pour beaucoup de gens. »

« Le solaire continuera de croître pour plusieurs raisons, » selon Mr Bryce. « Les gens l’apprécient, et dans de nombreux cas l’économie fonctionne sans trop de subventions, et les exigences d’utilisation des terres pour le solaire sont environ un dixième de celles de l’éolien », a-t-il déclaré.

« Le pire du pire après l’énergie éolienne terrestre, reste l’énergie éolienne offshore. »

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Une réponse

  1. « Le pire du pire après l’énergie éolienne terrestre, reste l’énergie éolienne offshore. »
    Sauf au large du Touquet, comme c’est curieux.
    Y en a marre d’être pris pour des cons!

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