Selon le discours le plus répandu dans les médias, qui reprend en fait la communication des groupes de technologie, l’IA va permettre d’accélérer considérablement la transition énergétique. La réalité est plus nuancée.
Les grands groupes technologiques, qui développent à coup de milliards de dollars l’intelligence artificielle et la multitude de centres de données qu’elle nécessite ont des besoins considérables en électricité que les renouvelables intermittents et le nucléaire sont aujourd’hui incapables de satisfaire.
La seule solution, ce sont les centrales à gaz. Ce n’est pas pour rien si selon Global Energy Monitor, les projets de nouvelles centrales à gaz dans le monde ont représenté l’an dernier plus de 1.000 gigawatts, une augmentation de 31% par rapport à 2024.
Les grands groupes technologiques, qui développent à coup de milliards de dollars l’intelligence artificielle (IA) et la multitude de centres de données qu’elle nécessite, affirment être exemplaires sur le plan climatique. Les quantités considérables d’électricité qu’ils consomment sont vertueuses, c’est-à-dire bas carbone, renouvelables et nucléaires. Dans les faits, les choses sont un peu différentes… Notamment parce que les centres de données en question ont besoin d’avoir la certitude d’être alimentés 24 heures sur 24 et 365 jours par an. Impossible avec les renouvelables intermittents à moins d’investir dans des tonnes de batteries pour stocker l’électricité et faire face quand il n’y a pas de vent et de soleil. Et encore, ce type de stockage a des limites économiques et physiques. En cas d’évènement météorologique défavorable pendant plusieurs jours… les batteries seront insuffisantes.
Alors, il y a bien sûr le nucléaire et tout particulièrement les SMR (petits réacteurs modulaires) qui sont à la mode depuis plusieurs années. Mais entre la communication intense des dizaines de start-ups qui se sont lancées et les projets concrets il y a un gouffre technique et financier. Et il faut aussi de nombreuses années pour développer et homologuer des prototypes.
Des parcs éoliens et surtout solaires… et des centrales à gaz
Les groupes de technologie n’ont justement pas de temps. Résultat, les nouvelles installations d’IA seront alimentées par des parcs éoliens et surtout solaires, les plus faciles et rapides à installer, et aussi… par des centrales à gaz. Rien qu’au Texas, ce sont près de 58 gigawatts de capacités de production à partir de gaz naturel qui sont en projet ou en construction selon les dernières estimations de Global Energy Monitor.
« C’est plus que dans les quatre États américains les mieux placés …