La Belgique n’a plus le choix et va racheter les centrales nucléaires d’Engie

La politique énergétique menée depuis des années par la Belgique est sans doute la plus caricaturale et la plus incohérente de toutes celles suivies en Europe. Elle a consisté à adopter aveuglément le modèle allemand, imposé par la Commission européenne, du tout renouvelables et du rejet du nucléaire.
Mais à être incapable de réellement le mettre en place, de construire des centrales à gaz et de fermer les réacteurs dans le calendrier prévu.
Puis la Belgique a fini par s’apercevoir que continuer à faire fonctionner des réacteurs nucléaires amortis permet de produire une électricité décarbonée à des coûts maîtrisés et de ne pas être dépendant des fluctuations des prix et de l’approvisionnement en gaz.
Problème, Engie qui a hérité par les hasards de son histoire capitalistique des centrales nucléaires belges n’en veut pas. La stratégie d’Engie consiste à promouvoir par tous les moyens, y compris en France, le modèle allemand du tout renouvelables… adossé aux centrales à gaz quand il n’y a pas de vent et de soleil. Dans l’histoire capitalistique d’Engie, il y a aussi Gaz de France… Le gouvernement belge n’avait donc plus vraiment le choix. Il va racheter les sept réacteurs nucléaires d’Engie et mettre fin immédiatement à toutes les opérations de démantèlement prévues de longue date. C’est ce qu’on appelle l’ironie de l’histoire !

En matière de politique énergétique, il y a peu de pays en Europe qui ont pris des décisions aussi incohérentes, irresponsables et contraires à l’intérêt national que la France depuis deux décennies.

Il y a évidemment l’Allemagne avec l’échec cuisant et retentissant de sa révolution énergétique (Energiewende) qui a consisté à donner la priorité absolue aux renouvelables intermittents et a abandonner le nucléaire. Elle a coûté au pays plus de 600 milliards d’euros avec comme résultat les prix de l’électricité les plus élevés d’Europe et une production d’électricité parmi les plus émettrices de gaz à effet de serre.

Quand il n’y a pas de vent et de soleil, ce sont les centrales à charbon qui sont sollicitées… Même le gouvernement allemand a fini par reconnaître au début de l’année, par la voix du chancelier Friedrich Merz, que c’était « une grave erreur stratégique ».

Mais il y a encore plus fort que l’Allemagne : la Belgique. Le pays a réussi le tour de force de suivre fidèlement le modèle allemand imposé par la Commission européenne du tout renouvelables et d’abandon du nucléaire mais de façon tellement chaotique qu’elle n’a jamais lancé la construction de centrales à gaz qui étaient sensées remplacer un jour les réacteurs nucléaires que le pays avait décidé de fermer…

Une contradiction insurmontable avec la stratégie d’Engie

S’en est suivi des années d’incertitudes et d’atermoiements au grand déplaisir d’Engie qui par les hasards de son histoire capitalistique et de son héritage de la Générale de Belgique et plus particulièrement de sa filiale Electrabel se retrouvait à gérer les centrales nucléaires belges. Une contradiction insurmontable avec la stratégie de Engie qui a consisté à promouvoir depuis des années le modèle combinant des renouvelables intermittents, éolien et solaire, adossé à des centrales à gaz quand il n’y a pas de vent et de soleil. Engie est fondamentalement anti-nucléaire et encore aujourd’hui, y compris en France fait un lobbying intense en faveur du fameux modèle allemand dont même l’Allemagne ne veut plus… Il ne faut pas oublier …

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