Montel, entreprise spécialisée dans l’analyse des marchés de l’énergie, a publié il y a quelques jours une étude approfondie intitulée Indice de progrès de l’énergie propre (Clean Power Progress Index).
Elle montre une chose que les partisans dogmatiques des renouvelables intermittents se refusent à voir, tout comme d’ailleurs le gouvernement français, installer toujours plus de parcs éoliens et de panneaux solaires ne fait pas baisser les émissions de gaz à effet de serre.
Ainsi, l’an dernier pas moins de 70 GW de capacités nouvelles intermittentes ont été installées en Europe et les émissions de CO2 ont baissé de 0,5%… Et encore, elles ont augmenté en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni qui sont parmi les champions en Europe des renouvelables intermittents.
A cela une raison évidente, quand il n’y a pas de vent et de soleil, il faut bien continuer à produire de l’électricité et dans la plupart des pays européens, ce sont les centrales à gaz voire même à charbon en Allemagne qui prennent le relais. Le problème aujourd’hui n’est pas, même à l’échelle de l’Europe, de construire plus de capacités de productions intermittentes mais de mieux les gérer et mieux les intégrer aux réseaux pour éviter des périodes de plus en plus importantes de prix effondrés et négatifs sur les marchés de l’électricité et pour éviter de fragiliser les réseaux.
Le blackout espagnol du 28 avril 2025 qui a fait 147 morts… est directement lié à une présence trop importante sur les réseaux de production solaire et éolienne qui n’a pas permis de rattraper des variations devenues incontrôlables de fréquence et de tension.
L’argument sans cesse répété en faveur des renouvelables intermittents (éolien et solaire) est qu’ils sont le meilleur moyen de décarboner la production d’électricité. Dans la réalité, les choses sont plus compliquées que cela. Cela est vrai si les renouvelables intermittents remplacent des centrales à charbon et si ces dernières sont elles-mêmes remplacées par des centrales à gaz. Les centrales à gaz émettent environ deux fois moins de CO2 que celles à charbon. Mais une fois cette avancée effectuée, la réduction des émissions stagne ou progresse à peine quelle que soit la quantité de parcs éoliens et solaires installés.
Le mode de production d’électricité le plus décarboné qui soit reste le nucléaire. A cela, une raison simple et purement physique, la densité énergétique. A puissance égale produite, il faut beaucoup beaucoup plus d’installations éoliennes et solaires et donc bien plus de matériaux et de matières premières dont l’empreinte carbone est importante que pour construire une centrale nucléaire.
Cela est d’autant plus vrai que le facteur de charge, la production à puissance nominale sur l’année, des éoliennes et du solaire photovoltaïque, est bien plus faible que celle du nucléaire. Il était l’an dernier en France de 21,4% pour les éoliennes terrestres, 13% pour le solaire et 71,5% pour le nucléaire. Il faut donc beaucoup plus de capacités installées pour produire autant. Dernier problème et non des moindres, l’intermittence. Elle signifie que pour alimenter les réseaux électriques, il faut à côté des éoliennes et des panneaux photovoltaïques des capacités de production dites pilotables. Et cela n’a rien à voir avec les capacités de production installées. Quand il n’y a pas de vent et pas de soleil, il n’y a pas de production… La solution théorique est évidemment de pouvoir stocker en grande quantité l’électricité produite quand la météorologie est favorable, via des batteries ou des STEP (Stations de transferts d’énergie par pompage). Mais économiquement et techniquement, les possibilités ne sont pas à la hauteur des besoins d’une région et encore moins d’un pays. Elles ne le seront pas avant longtemps.
Clean Power Progress Index
Tout cela est illustré par une étude de Montel Energy, une entreprise spécialisée dans l’analyse des marchés de l’énergie pourtant très favorable aux développement des …