(Par Sarah-Louise Guille dans BV du
Bien isolés, logements, écoles et autres bâtiments emprisonnent la chaleur.
Après les passoires thermiques, les bouilloires thermiques. Jusqu’à présent, les bâtiments étaient surtout pointés du doigt pour leur mauvaise isolation, parce qu’ils laissaient échapper la chaleur l’hiver et la laissaient entrer l’été. Beaucoup de travaux ont été réalisés çà et là pour remédier à cela. Là où d’importantes rénovations énergétiques ont été faites, désormais, la chaleur est bien conservée à l’intérieur des murs. Problème : ce qui est vrai l’hiver l’est aussi l’été. C’est ainsi que les anciennes passoires thermiques sont devenues des bouilloires thermiques flambant neuves.
Dans une émission diffusée sur Public Sénat, Corinne Jolly, PDG de PAP.fr, parle de ce fameux « effet thermos » :
« On isole les appartements pour l’hiver, mais si on laisse des ouvertures qui laissent entrer la chaleur, l’isolation marche dans les deux sens et donc l’isolant va empêcher la chaleur de sortir. » Elle précise : « En faisant des travaux qui visent à améliorer le DPE, on peut accentuer la situation de bouilloire thermique. Vous pouvez être A et être en bouilloire thermique très concrètement. On estime même qu’il y a 30 % des logements A qui sont des bouilloires thermiques. »
Effet thermos
Le diagnostic de performance énergétique, présenté comme une arme absolue contre l’habitat indigne, aurait finalement conduit à faire de graves erreurs en matière de rénovation. BV l’a déjà évoqué à plusieurs reprises, c’est aujourd’hui une confirmation : le DPE est une aberration qui coûte cher aux propriétaires, plombe le marché immobilier, détruit le patrimoine et, maintenant, conduit à la création de bouilloires thermiques.
Ce qui est vrai pour le privé est aussi vrai pour les bâtiments recevant du public, notamment les écoles. Ce n’est pas sans conséquence, surtout pendant cette période de canicule. Pour preuve, dans les Hautes-Pyrénées, les épreuves du brevet des élèves du collège Astarac-Bigorre de Trie-sur-Baïse sont délocalisées au monastère des Carmes. Pourquoi ? Cet édifice daté (sans certitude) du XIVᵉ siècle, comme nombre d’églises anciennes, est un véritable îlot de fraîcheur.
Cela est évidemment dû à sa construction.
« L’épaisseur de ses murs permet d’avoir un déphasage beaucoup plus long », explique un architecte à BV. Il précise : « La chaleur de l’extérieur met beaucoup de temps à pénétrer dans les murs et donc à entrer à l’intérieur du bâtiment. »
Un autre élément est à prendre en compte : la surface vitrée. « Plus les ouvertures sont petites, moins le soleil rentre et donc la chaleur. » C’est aussi pour cette raison que les vieilles bâtisses du sud de la France ont souvent de petites fenêtres.
Les anciens savaient… Aujourd’hui, les méthodes de construction ont changé. Les pierres épaisses ont laissé place à des structures en béton plus fines. La différence est compensée par des isolants, mais dans ce domaine, tout ne se vaut pas.
« Il y a des isolants très performants, d’autres moins. La laine de roche et la laine de verre, qui ont été massivement utilisées, n’ont qu’un effet relatif, d’autant plus qu’elles se dégradent dans le temps. Aujourd’hui, on utilise plutôt du polyuréthane, du polystyrène et des panneaux de fibres de bois, plus écologiques, qui ont une bien meilleure inertie », détaille l’architecte.
Effet boomerang
L’autre grande différence entre le bâti ancien et l’architecture moderne : l’utilisation du verre. Désormais, partout,
« les grandes surfaces vitrées sont privilégiées, pour des questions de dépense électrique entre autres ».
C’est principalement par là qu’entre la chaleur puis est piégée à l’intérieur, créant ces fameuses bouilloires thermiques. L’architecte ajoute :
« Si la chaleur entre dans un monastère, il en est de même. Elle reste à l’intérieur. »
Il convient donc surtout de ne pas la laisser pénétrer, mais, dans les écoles, cela est quasiment mission impossible car les élèves ne peuvent pas travailler volets fermés en journée et parce que le soir, quand les nuits sont plus fraîches, plus personne n’est sur place pour ouvrir les fenêtres et ventiler.
N’en déplaise aux écologistes, malgré toutes les isolations possibles et imaginables, sans climatisation dans ce type d’infrastructure, l’équation chaleur aura du mal à être résolue. CQFD
11 réponses
C’est curieux que personne ne s’étonne que même avec un bâtiment isolé, il faille un chauffage en hiver. Pour le même bâtiment par forte chaleur, il faut climatiser l’intérieur. C’est tout simplement dû au fait que l’isolation c’est à dire les murs très épais, les isolants de différentes nature, ne sont que des retardateurs. La chaleur rentre toujours l’été et sors toujours l’hiver. C’est une question de temps. Si la canicule dure deux ou trois jours, ont tient sans clim. Si c’est plus long, la chaleur rentrera et on sera littéralement cuit!
Il y a des types de bâtiments parfaitement conçus et bien isolés qui n’ont vraiment besoin d’aucun chauffage (en métropole et en plaine) ! Le chauffage solaire et les activités internes suffisent à y maintenir une température agréable quasiment toute l’année ! (J’ai travaillé dans un tel bâtiment !)
Mmouais,
Le chauffage solaire en hiver quand le soleil est très bas et/ou caché par les nuages, euh comment dire…
En été par contre oui, mais c’est de fraicheur dont a besoin en été, pas de chaleur…
Il faut des parties enterrées et une circulation de l’air bien étudiée pour que le bâtiment reste agréable en été.
Des parties enterrées … par temps sec, pourquoi pas ! Par contre en cas de fortes pluies ou inondations, c’est à l’inverse une construction sur pilotis qui est recommandée !
fritz dit :
28/06/2026 à 11:25
« » » » » » »Le climat se réchauffe ; le réchauffement, c’est mauvais ; c’est à cause du CO2 rejeté par l’homme ; et donc il faut que l’homme arrête de rejeter du CO2. » » » » » »
Il faut qu’il retourne vivre dans les cavernes ; l’été , il y fait bon; et l’hiver il s’y chauffe avec du bois et si cela ne suffit pas , il ferme l’entrée avec des peaux de bêtes et le CO2 amène le reste du confort
C’est, en ce qui concerne l’impression générale, faux ! Un bâtiment isolé protège du froid et aussi du chaud. (Sur certains détails, vous avez cependant raisons. Les constructions modernes sont souvent mal conçues. Une bonne isolation doit être à l’extérieur et les surfaces vitrées protégées du soleil direct, également par l’extérieur). Tout fermer la nuit, c’est juste de la connerie !
@Croa33
« Un bâtiment isolé protège du froid et aussi du chaud ».
Non … un bâtiment isolé protège du froid … à condition d’être chauffé à l’intérieuret aussi du chaud … à condition d’être refroidi à l’intérieur! Sinon, vous ne bénéficiez que d’une augmentation de l’inertie thermique, ce qui sera insuffisant pour échapper à une vague de froid ou une canicule, à moins que vous n’ayez des murailles en pierre ou autre (surtout pas en bois) d’un bon mètre d’épaisseur, voire plus isolées par l’extérieur.
Non, je t’assure, ça marche vraiment ! Le bâtiment doit juste avoir des parties enterrées, une ventilation naturelle bien étudiée, le soleil doit y entrer l’hiver, pas l’été et l’isolation par l’extérieur doit y être poussée. L’activité, qui peut être de bureau, apporte toujours sa part de chaleur. Les parties aériennes (externe seulement) du bâtiment peuvent tout à fait être en bois.
Bel exemple de bouilloire thermique où l’écoconception a lamentablement échoué :
https://www.lejdd.fr/economie/gare-de-nantes-37-millions-deuros-pour-une-verriere-inutilisable-en-periode-de-canicule-159824
https://www.ouest-france.fr/meteo/canicule/fortes-chaleurs-en-gare-de-nantes-en-fin-de-journee-on-devient-fous-malgre-le-retour-des-ventilateurs-e346232a-5757-11f1-a4a7-f780c203d7d6
https://www.lejdd.fr/Societe/on-a-toujours-dix-ans-de-retard-gare-chu-la-mairie-de-nantes-rattrapee-par-la-question-de-la-clim-177357
A bas le DPE, de toutes façons !
Qu’on climatise les hôpitaux, les bâtiments où vivent les personnes âgées dépendantes et les écoles, et pour le reste qu’on laisse les particuliers s’occuper eux-mêmes de leurs équipements. la limite étant de ne pas nuire au voisinage (notamment en n’installant pas des équipements sources de nuisance pour les autres ), qu’on construise mieux à l’avenir, avec des ventilations naturelles, en sachant que jamais rien ne sera vraiment parfait… (ce que dit Croa dans son premier commentaire est exact ) . Qu’on nous fiche la paix. On se débrouillera . Que le gouvernement nous enlève juste le souci de la vie difficile , des normes absconses , et moins d’impôts, et ça ira tout seul.