La crise énergétique née des attaques américano-israéliennes contre la République islamique d’Iran et de la réplique de cette dernière en utilisant l’armée énergétique en bloquant le détroit d’Ormuz et en attaquant les infrastructures des pays du Golfe Persique ne fait pas que des perdants.
Les véhicules électriques, les pays producteurs de pétrole et de gaz en-dehors du Moyen Orient capables de produire plus, les raffineurs se frottent les mains. Tout comme, ce qui est moins mis en avant, l’industrie charbonnière.
La consommation de charbon va encore battre des records cette année. Elle augmente sensiblement en Asie et en Europe et baisse paradoxalement aux Etats-Unis en dépit du soutien de l’administration Trump.
Il s’agit en tout cas, de loin, du combustible fossile qui émet le plus de gaz à effet de serre et qui pollue le plus. Le charbon est la principale source d’émissions de CO2 dans le monde provenant de l’énergie.
La quasi-totalité des pays du monde s’étaient engagés en 2021 lors de la COP26 de Glasgow à réduire leur demande de charbon… Il existe aujourd’hui plus de 6.500 centrales électriques au charbon dans le monde et elles ne sont pas prêtes de disparaître.
On se félicite à juste raison d’une conséquence au moins positive de la crise énergétique que nous traversons. Elle pousse de nombreux pays à accélérer l’électrification de leurs économies. Mais il ne peut s’agir que d’une tendance longue qui doit se confirmer et d’investissements économiques et politiques sur la durée. En revanche, ce qui se passe aujourd’hui même est le fait que la consommation de charbon dans le monde est dopée… et elle n’en avait pas vraiment besoin. Les efforts réalisés pour la transition n’ont presque aucun sens si la consommation de charbon continue sans cesse à augmenter.
Rappelons qu’en dépit des prévisions contraires répétées de bon nombre d’institutions internationales annonçant le déclin du charbon, la production et la consommation dans le monde de l’énergie fossile de loin la plus polluante et la plus émettrice de gaz à effet de serre ne cesse de battre des records tous les ans. Et elle va encore le faire cette année. Le charbon est la principale source d’émissions de CO2 dans le monde provenant de l’énergie.
La demande mondiale de charbon devrait augmenter de 1,2% pour atteindre le niveau sans précédent de 8,94 milliards de tonnes en 2026 selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). La demande chinoise devrait s’établir à environ 5 milliards de tonnes et la consommation indienne à 1,35 milliard de tonnes. La hausse des prix du gaz stimule le passage au charbon, tandis que le phénomène climatique El Niño accentue la demande liée à la climatisation et réduit la disponibilité de l’énergie hydroélectrique.
L’Europe aussi
La demande de charbon est forte en Asie, mais l’Europe n’y échappe pas. En mars, l’Italie a annoncé son intention de reporter la fermeture de ses centrales au charbon de pas moins de 13 ans. L’Allemagne a fait savoir qu’elle envisageait de relancer certaines de ses centrales au charbon pour répondre aux besoins d’électricité pilotable du …