Flambée du prix des carburants : et si on suspendait les certificats d’économie d’énergie ?

Une telle mesure ferait hurler les écologistes et effrayerait le gouvernement Lecornu.

Un mois après le début du blocus iranien du détroit d’Ormuz, les prix à la pompe ont flambé, mais alors que les professionnels manifestent, voilà que la pénurie menace.

Difficile de savoir, exactement, combien de pompes à carburant sont à sec Le 30 mars au soir, les estimations faisaient état de quelque 800 stations-service manquant de carburant. Ce 31 mars, le chiffre serait monté à plus d’un millier, sur les près de 10.000 stations que compte la France, comme le confirme la carte en ligne penurie-carburant.fr.

Une pénurie importante, mais partielle

La tension montante autour de cette crise pétrolière a relancé les débats autour des « stocks stratégiques ». Leur existence remonte aux années 1970. 

« Ils ont été créés à la suite du premier choc pétrolier par les pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques], adhérents de l’Agence internationale de l’énergie, qui en gère les stocks et une utilisation mutualisée », rappelle Philippe Charlez.

Et c’est une partie de ces stocks, 426 millions de barils, qui a été mise progressivement sur le marché à partir du 19 mars afin de freiner la flambée des cours. 

« Après une montée rapide des prix à plus de 100 dollars le baril, cela a permis de stabiliser les prix et nous sommes restés depuis un mois entre 100 et 117. »

En France, tous les carburants sont touchés par la hausse, mais plus fortement le gazole, du fait du parc professionnel, mais aussi du parc existant encore important sur le marché des voitures pour particuliers. N’oublions pas, non plus, la pénurie d’engrais azotés, qui sont fabriqués à base d’ammoniac au Moyen-Orient.

Suspendre les certificats d’économie d’énergie ?

Que faut-il faire pour faire revenir les tarifs à des niveaux acceptables ? 

« Le blocage des prix à la pompe, que réclame LFI, est irréaliste, et « faire payer TotalEnergies » est de la pure démagogie », explique Philippe Charlez. « Je ne suis pas non plus convaincu qu’il soit une bonne solution que de baisser la TVA de 20 à 5,5 %, comme le propose le RN, car cela pèserait sur les finances publiques, et donc sur notre endettement. »

La solution serait, selon lui, le temps que la crise se résolve, 

« une suspension temporaire des certificats d’économie d’énergie, qui financent les énergies renouvelables. Cela ferait descendre le prix du carburant à la pompe de 17 à 18 centimes le litre. » 

Une solution économiquement viable et intéressante, en effet, mais politiquement peu envisageable.

Tout ce qui touche au financement des usines à gaz écologiques en général, et à celui des éoliennes en particulier, fait partie du pacte passé entre Sébastien Lecornu et ses soutiens socialistes et écologistes.

Son passage en force sur la PPE3 montre combien tout ce qui est « vert » est tabou, pour le gouvernement. Question de survie.

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