Cela fait de nombreuses années que le déclin du charbon, le combustible fossile qui émet le plus de gaz à effet de serre et qui pollue le plus l’atmosphère, est annoncé, à tort, par les institutions internationales.
Dans les faits, la consommation de charbon bat tous les ans de nouveaux records depuis les débuts de la révolution industrielle qu’il a permis… il y a deux siècles. Et 2026 ne devrait certainement pas déroger à cette règle.
La crise énergétique née des attaques américano-israéliennes contre la République islamique d’Iran et de la riposte de cette dernière, a redonné encore plus d’intérêt au charbon notamment comme substitut au gaz et plus particulièrement au GNL (Gaz naturel liquéfié) pour produire de l’électricité.
Le charbon est abondant, bon marché, facile à stocker et les centrales même anciennes sont nombreuses et peuvent être redémarrées sans difficulté. La Chine, l’Inde, la Corée du sud, le Japon, l’Indonésie, la Thaïlande, les Philippines, le Vietnam et même l’Allemagne ont décidé ou envisagent de produire plus d’électricité avec du charbon. La crise énergétique va peut-être accélérer la transition, mais pour l’instant elle dope le charbon…
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la production et la consommation de charbon dans le monde n’ont jamais reflué… depuis deux siècles et la révolution industrielle. Elles n’ont même cessé de progresser, y compris au cours des dernières années, en dépit d’un reflux dans la plupart des pays occidentaux et des annonces prématurées de la fin du charbon des institutions internationales qui prennent souvent leurs désirs pour la réalité. Nous avons souvent du mal à voir le monde tel qu’il est.
Selon Global Energy Monitor, 850 investissements importants dans de nouvelles mines de charbon sont prévus dans le monde, y compris l’agrandissement, l’extension et la remise en service de mines existantes. Les capacités de production en cours de développement à l’échelle mondiale s’élèvent à 2,27 milliards de tonnes par an, dont la moitié en Chine. La production annuelle actuelle est légèrement inférieure à 9 milliards de tonnes par an.
Un avantage important en matière de sécurité d’approvisionnement et de coût
L’Allemagne, la Pologne, les Etats-Unis restent d’importants consommateurs. Mais c’est surtout l’Asie et plus particulièrement la Chine et l’Inde qui sont incapables de surmonter leur addiction au charbon. D’ailleurs, les deux pays, de loin les plus peuplés de la planète, n’en ont pas vraiment l’intention ni la volonté. Ils peuvent même aujourd’hui s’en féliciter quand la crise énergétique redonne au charbon un avantage certain en termes de prix et de sécurité d’approvisionnement… pas d’émissions de gaz à effet de serre et de pollution (dioxyde de soufre, oxydes d’azote, particules, métaux lourds, cendres toxiques…).
En dépit de cela, la consommation de charbon dans le monde a battu de nouveaux records l’an dernier à 8,85 milliards de tonnes et devrait encore très certainement le faire cette année.
La Chine n’a même jamais autant investi dans l’exploitation de mines de charbon et dans la construction de nouvelles centrales à charbon depuis une décennie.
Et tout cela au nom de la souveraineté énergétique, une notion que les Européens ont longtemps négligé.
En tout cas, la crise énergétique majeure née depuis le 28 février des attaques américano-israéliennes contre la République islamique d’Iran qui en réponse a fermé le détroit d’Ormuz et attaqué les infrastructures énergétiques de ses voisins du Golfe persique, vient de redonner encore plus d’attrait au charbon. Une technologie facile à maîtriser, facile à construire, facile à utiliser, des prix faibles, une grande sécurité d’approvisionnement et la possibilité de stocker à côté des centrales des mois de consommation.
Compte tenu d’une demande accrue, les prix du charbon sont d’ailleurs à la hausse, surtout en Asie, mais dans des proportions qui restent relativement modérées. La tonne de charbon australien dit Newcastle, qui est considérée comme ayant une très bonne qualité calorifique, est passée depuis la fin du mois de février de 115 à 145 dollars (+26%). Elle avait dépassé 467 dollars en septembre 2022 au plus fort de la crise énergétique planétaire née de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Même l’Allemagne
Même le gouvernement allemand envisage …
3 réponses
Nécessité fait loi ! Tant pis pour le CO2 !
« » » » » »Crise énergétique : le charbon valeur refuge » » » » » » »
Y a pas de crise énergétique , il y a une crise politique déclenchée par quelques uns qui se prennent pour les maîtres du monde
La crise énergétique commencera dans une dizaine d’années , mais on a le temps de s’y préparer
Dans vingt ans on aura oublié le CO2 comme on a oublié les CFC.