Les résultats désastreux du soutien de l’Etat aux véhicules électriques

La Cour des comptes vient encore, dans l’indifférence générale, de dénoncer dans un énième rapport les errements des politiques publiques en matière d’énergie. Il s’agit cette fois du soutien à l’industrie automobile et à la transition vers la motorisation électrique.
Pour y contribuer, l’Etat a donc « investi » près de 18 milliards d’euros d’argent public de 2018 à 2024. Mais avec des résultats affligeants. Les objectifs d’électrification ne sont pas atteints, le déclin de l’industrie automobile française s’accélère et pas moins de 80% des véhicules subventionnés ont été fabriqués à l’étranger…

Il s’agit d’un énième rapport au vitriol de la Cour des comptes sur la politique énergétique menée en France depuis de nombreuses années. Ils s’enchaînent en l’espace de quelques mois après ceux sur le véritable coût des renouvelables, sur la situation financière et la stratégie d’EDF, sur l’hydrogène vert et sur la relance du nucléaire. Cette fois, c’est un rapport effectué à la demande du Sénat et publié au début du mois qui porte sur le « Soutien de l’Etat à la filière automobile ».

Le plus incroyable est que ces rapports de la Cour des comptes sont accueillis dans l’indifférence par les pouvoirs publics comme par une classe politique chloroformée et qui semble presque insensible aux enjeux considérables, environnementaux et industriels, et au gaspillage de l’argent public.

Et pourtant, le soutien à l’automobile pour permettre la transition vers les motorisations électriques a représenté entre 2018 et 2024 près de 18 milliards d’euros,

« autour de 17.800 euros par voiture », souligne Carine Camby, première présidente de la Cour des comptes.

Et les résultats ne sont pas au rendez-vous…

« Un empilement de dispositifs au pilotage éclaté et une absence de stratégie d’ensemble clairement hiérarchisée… »

Une nouvelle fois, il ne s’agit pas de contester l’objectif. L’électrification des usages et notamment dans les transports individuels, et donc dans l’automobile, est la clé de la transition énergétique et de la décarbonation de l’économie. Mais ce n’est pas parce que l’intention est louable que cela justifie une politique dont les résultats sont catastrophiques. Il n’y a pas d’autre mot.

Sur les 18 milliards d’euros d’argent public « investis » entre 2018 et 2024, les aides à l’achat pour les conducteurs représentaient 9,4 milliards d’euros et les subventions aux industriels 8,2 milliards.

« Les soutiens publics à la filière automobile, qui portent à la fois sur la demande et sur l’offre, se caractérisent par un empilement de dispositifs au pilotage éclaté et une absence de stratégie d’ensemble clairement hiérarchisée. Les aides à la demande, destinées à encourager l’achat de véhicules électriques dans un objectif de décarbonation et de soutien aux ménages modestes, ont connu de nombreuses évolutions qui les rendent complexes et peu prévisibles, tout en ne bénéficiant pas nécessairement à la production nationale ; entre 2018 et 2025, près de 2,4 millions de bénéficiaires ont été aidés …

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