L’Europe et la plupart des pays occidentaux, en-dehors des Etats-Unis de Donald Trump, s’accrochent à l’objectif de Net Zéro émissions nettes de CO2 d’ici 2050. Une multitude d’organisations, plus ou moins sérieuses, produisent à intervalles réguliers depuis cinq ans des feuilles de route pour parvenir à Net Zéro.
Dernier exemple en date, le Shift Project de Jean-Marc Jancovici publie un document listant les 20 mesures urgentes à prendre pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Sans surprise, la recette consiste essentiellement à substituer des énergies bas carbone à l’essentiel de la consommation de combustibles fossiles.
Mais si les pays occidentaux peuvent espérer un jour, théoriquement, y parvenir à un coût financier, économique, social et politique considérable, rien ne garantit que cela aura un impact en termes de réduction à l’échelle planétaire des émissions de gaz à effet de serre. Parce que nous avons décidé, plus ou moins sciemment, de délocaliser les activités qui émettent le plus de carbone et notamment l’industrie lourde.
Ainsi, toutes les filières ou presque permettant de fabriquer, de transporter, d’installer et d’entretenir les équipements indispensables à la transition (batteries, véhicules électriques, panneaux photovoltaïques, éoliennes, onduleurs, transformateurs, pompes chaleur, électrolyseurs, minéraux stratégiques…) se trouvent dans des pays dépendants des hydrocarbures et de l’électricité bon marché générée par le charbon. Pas étonnant si la consommation de charbon dans le monde bat de nouveaux records tous les ans !
À partir de l’idée de tout faire pour limiter le réchauffement climatique à +1,5°C à la fin du siècle, selon les Accords de Paris de 2015, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’est donnée pour mission la neutralité carbone en 2050 et a construit pour y parvenir, il y a cinq ans, un scénario idéal, devenu célèbre, baptisé « Net Zéro » émissions nettes. Il ne peut se réaliser, ce qui semble d’ores et déjà quasiment impossible, que par une sortie accélérée de presque toutes les économies du monde des énergies fossiles.
L’AIE s’est d’ailleurs bien gardé de distinguer le faisable et le souhaitable…
Du coup, une multitude d’organisations plus ou moins rigoureuses produisent à intervalles réguliers des feuilles de route pour parvenir à Net Zéro montrant que l’objectif est à portée de la main si nous faisons les efforts nécessaires. Dernier exemple en date, le Shift Project de Jean-Marc Jancovici publie un document listant les 20 mesures urgentes à prendre pour parvenir à la neutralité carbone en 2050. Pour le résumer, « il faut tout faire, tout de suite ».
C’est-à-dire, procéder à un déploiement massif du vélo, développer les transports en commun, relancer le fret ferroviaire, rénover les bâtiments, accélérer l’installation des pompes à chaleur, maîtriser le développement des centres de données, produire de l’acier bas carbone, se lancer massivement dans la capture et le stockage du CO2, accélérer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires et le déploiement de l’éolien et du photovoltaïque et transformer totalement l’élevage… Un inventaire à la Prévert fort sympathique.
Mais il ne tient aucun compte des moyens économiques et financiers très très limités du pays, des conséquences sociales et politiques d’un appauvrissement de fait de la population qui verra une partie importante des moyens publics affectée à la transition, du contexte géopolitique. Et le Shift Project voit la France comme une île isolée du reste du monde.
De façon plus générale, il existe un autre aveuglement récurrent avec ce genre de scénarios. Il n’est pas sûr du tout qu’il fasse vraiment baisser les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle planétaire, ce qui doit être le seul objectif, du fait même d’investissements massifs dans de nouveaux équipements… toujours fabriqués, transportés, installés et entretenus avec des combustibles fossiles et qui sortiront en quasi-totalité des usines chinoises.
Externaliser les activités à fortes émissions
La Chine a fait le choix délibéré et judicieux depuis de nombreuses années d’investir massivement dans toutes les technologies de la transition énergétique qui sont celles liées à l’électricité bas-carbone, sa production et sa distribution via le solaire, l’éolien, le nucléaire, l’hydrogène avec des électrolyseurs, les transformateurs, les onduleurs ; et son utilisation via les véhicules électriques, les batteries, …
Une réponse
Cet acharnement à vouloir réduire les émissions de CO2 est totalement stupide. Tout le monde sait que l’arrivée de CO2 supplémentaire dans l’atmosphère n’est pas ou plus de nature à faire monter la température au niveau actuel de 420 ppm. Bien au contraire le CO2 verdit la Terre et augmente la productivité agricole.