Inutile, coûteux, l’éolien n’aime pas non plus la chaleur

Lors des vagues de chaleur, la production électrique d’une éolienne dégringole, la rendant totalement inutile.

La dernière vague de chaleur, qu’il est politiquement correct de nommer canicule, nous a confirmé ce que les précédentes nous avaient enseigné : les éoliennes n’aiment pas plus le chaud que le froid.

L’éolien n’aime pas la chaleur

Durant l’été 2020, déjà, le peu de souplesse de cette énergie non pilotable avait interpellé jusqu’à nos confrères pourtant les mieux disposés à l’égard de l’écologie punitive.

« Lors de la canicule, elles ont couvert moins de 2 % des besoins en journée »,

se lamentait, à l’époque, La Croix, constatant par ailleurs que le « soutien public aux éoliennes » devait se monter aux alentours de deux milliards d’euros, cette année-là. À ce prix, ces « ventilateurs géants » pourraient tout de même faire un effort… Mais les chiffres sont sans cœur : lors de la vague de chaleur du 6 au 13 août 2020, les éoliennes

« n’ont produit, en moyenne, que 1 à 2 % environ de l’électricité consommée durant la journée, c’est-à-dire quand la demande est la plus forte, en raison de la climatisation ».

Car l’éolien n’aime pas non plus la climatisation. Un même décrochage de l’éolien a été constaté en 2025, et aujourd’hui, les données du problème n’ont guère changé. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, nous a clairement signifié sa détestation de la climatisation, en totale cohérence, d’ailleurs, avec sa conception très stricte de l’écologie punitive.

Mais nos éoliennes n’ont guère fait plus d’effort pour autant, dès que le thermomètre s’est aventuré au-delà des 35 °C. Mercredi 24 juin 2026, donc au beau milieu de la dernière vague de chaleur en date, la part de l’éolien dans la production électrique française a péniblement atteint 1 %, quelques brises tardives lui permettant de se hisser, durant un très court moment, à près de 8 % en fin de soirée.

L’éolien fait grimper les prix

On touche là la première cause (et de loin) de l’inefficacité chronique de l’éolien dès que l’on s’éloigne de la fourchette moyenne annuelle située entre 5 °C et 25 °C : le manque de vent. Les quelques toutes petites rafales (15 km/heure) qui ont été constatées lors du dernier épisode étaient évidemment loin d’y suffire : l’encéphalogramme éolien est resté désespérément plat. Sur la semaine complète (du 21 au 27 juin, donc), la part de l’éolien dans le mix énergétique français n’a pas dépassé 5,5 %.

Mais ce qui est intéressant à constater, c’est que la chute de production éolienne a eu des impacts bien différents sur le prix de l’électricité selon les pays. En Allemagne, où l’éolien est omniprésent, le média spécialisé energynews note qu’il a fallu anticiper par de l’importation d’électricité, et surtout par un

« recours accru aux centrales à gaz et à charbon pour compenser ce déficit d’offre renouvelable ».

Or, en dehors du fait que le recours forcé au charbon est quelque peu en contradiction avec les objectifs environnementaux qui étaient supposés justifier le choix de l’éolien, ce choix a eu pour conséquence une envolée du prix de l’électricité sur le marché allemand, en cette fin juin : +29 %, excusez du peu.

Sur la même période, la France n’a pas connu ces déboires. Pas de pénurie d’électricité : elle est même restée exportatrice. Et le prix de l’électricité y est resté l’un des moins chers d’Europe : 115,76 euros/MWh, contre 137,13 euros en Allemagne. La raison en est simple : pour l’instant, la part des énergies intermittentes dans notre production totale reste contenue.

Danger de surchauffe

Voilà qui engage à observer avec attention le comportement de nos parcs éoliens dès que la température monte. Car au-delà du manque de vent que l’on constate, la chaleur forte peut aussi être cause de panne. Cette raison fait d’ailleurs partie des principales causes de pannes officiellement répertoriées.

Nos parcs éoliens sont conçus pour fonctionner normalement jusqu’à des températures extérieures avoisinant les 35 °C. Au-delà, les systèmes de refroidissement de la nacelle, dont la ventilation d’évacuation de la chaleur, peuvent s’avérer insuffisants à maintenir une température interne acceptable.

Une double sécurité est alors prévue. Dans un premier temps, des capteurs préviennent l’ordinateur de l’éolienne, qui déclenche alors un bridage thermique qui réduit automatiquement la puissance de l’éolienne. Si la mesure est insuffisante, l’éolienne passe automatiquement en sécurité avec un arrêt total de son fonctionnement.

Précisons ici que si plusieurs réacteurs nucléaires peuvent être mis au ralenti ou arrêtés durant les vagues de chaleur, la raison n’a rien à voir avec la sécurité des centrales (qui supportent très bien les pics de température), mais avec un principe de précaution environnemental : il s’agit d’éviter le rejet, dans les fleuves et rivières, d’une eau trop chaude qui pourrait nuire à la reproduction des poissons et favoriser le développement des algues vertes. Ajoutons que ces arrêts n’occasionnent aucune pénurie d’électricité dans le pays.

Des « énergies intermittentes instables et aléatoires »

En période estivale, l’éolien montre donc, là encore, des limites et défauts problématiques, et le développement des parcs prévu par le dernier plan de programmation de l’énergie (PPE3) ne peut qu’interroger sur le bien-fondé des choix stratégiques actuels de la France. Interrogé par BV, le spécialiste de l’énergie Fabien Bouglé (Transitions & Énergies) se montre inquiet sur la montée en puissance des énergies intermittentes :

« Nous avons des capacités solaires qui sont considérables et qui fonctionnent considérablement en déstabilisant le réseau des énergies stables, comme l’hydroélectricité et le nucléaire. » Mais, comme nous venons de le constater avec cette nouvelle vague de chaleur, « nous avons aussi de l’éolien qui ne produit pas au moment où nous en avons besoin, ou qui produit trop, au moment où nous n’en avons pas besoin ».

Selon lui, « ces énergies intermittentes sont à la fois instables et aléatoires ». Et, de ce fait, « elles montrent leurs limites, je dirais, non pas politiques, mais leurs limites physiques ».

À se demander si ce ne sont pas plutôt nos politiques qui montrent leurs limites…

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