A son tour, l’Italie ambitionne de revenir à l’énergie nucléaire

Victime comme de nombreux autres pays européens d’une politique énergétique incohérente et irresponsable, l’Italie est contrainte d’importer massivement l’ électricité qu’elle consomme, notamment de la France.
La présidente du Conseil, Giorgia Meloni, veut mettre fin à cette situation, qui pèse sur la souveraineté du pays, et relancer l’énergie nucléaire après quatre décennies d’abandon. Mais l’opinion publique italienne reste l’une des plus divisées au monde sur le nucléaire, très marquée par la propagande écologiste qui en a fait un épouvantail depuis plus de 50 ans.

Comme la quasi-totalité des pays européens, à l’exception de la France avec son héritage nucléaire qu’elle a d’ailleurs en partie dilapidée, l’Italie a construit au fil des années une politique énergétique à courte vue, incohérente et irresponsable. Résultat, la péninsule importe presque en permanence de grandes quantités d’électricité pour équilibrer son système et peut bénir les Dieux tous les matins d’avoir un voisin, la France, qui produit de l’électricité en surabondance et en plus décarbonée à plus de 95%.

Depuis le début de l’année, l’Italie est ainsi le grand pays européen qui importe le plus d’électricité (18,9% de sa consommation) et elle provient essentiellement de France qui exporte elle l’équivalent de 23,4% de ses besoins. Le principal acheteur étranger en 2026 de l’électricité française est donc l’Italie qui en avait importé au 5 août 17,34 TWh. Et c’est une tendance qui se poursuit depuis des années (voir l’infographie ci-dessous). Pour résumer, « c’est comme si la France a trois réacteurs nucléaires en service pour l’Italie depuis plus de 30 ans », explique le spécialiste de l’énergie Davide Tabarelli au magazine Politico.

Importateurs et exportateurs nets d’électricité en Europe en 2025

En TWh. Réalisé par le Dr. Tim Gregory. Source: Our World in Data.

Giorgia Meloni entre en scène

Giorgia Meloni, la présidente du Conseil italien, veut changer cette situation qui pèse sur la souveraineté du pays et balayer quatre décennies d’abandon du nucléaire. Elle pousse le Sénat italien pour qu’il adopte la semaine prochaine une loi-cadre permettant la relance de l’énergie nucléaire dans la péninsule.

« D’ici l’été, la loi d’habilitation sera approuvée et les décrets d’application adoptés afin d’établir le cadre juridique nécessaire à la reprise de la production d’énergie nucléaire en Italie », a déclaré Giorgia Meloni devant …

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