Quel mix électrique pour la France à l’horizon 2050-2060 ?

(Article d’Aymeric Belaud initialement paru dans IREF du 19 Décembre 2021)

Le Cérémé, Cercle d’étude réalités écologiques et mix énergétique, a invité l’IREF à son colloque sur le mix électrique qui avait lieu jeudi 9 décembre dernier à l’Assemblée nationale. Présidé par Xavier Moreno, ce think tank spécialisé dans le domaine de l’énergie et dont la devise est « L’énergie de la raison » a été créé par un groupe de citoyens actifs qui souhaitent que le débat sur la politique énergétique de la France soit fondé sur des analyses objectives et indépendantes de tout intérêt financier, débarrassées de tout préjugé. Le colloque s’est déroulé en trois tables rondes, qui seront les trois parties de ce résumé.

Programmation pluriannuelle de l’énergie d’avril 2020 : une impasse avérée ?

Participants :

  • Michel Doneddu, membre du bureau de l’Institut de recherches économiques et sociales, ancien secrétaire confédéral de la CGT
  • Bruno Ladsous, co-secrétaire du Collectif Toutes Nos Energies Occitanie Environnement, administrateur du Cérémé
  • Jean-Louis Ricaud, senior advisor, Assystem
  • Olivier Appert, ingénieur et conseiller au centre énergie et climat de l’IFRI

 

Dans cette première table ronde, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a été vivement critiquée par les quatre intervenants qui se sont, tour à tour, succédé à la tribune. Ils estiment qu’elle est une impasse, et surtout, ils critiquent son non-fondement. Elle est qualifiée de déconnectée de la réalité de la physique, militante, manipulatrice, contradictoire, intellectuellement malhonnête et donc inapplicable. Elle prévoit notamment une baisse de la production d’électricité, possible par une baisse de la consommation. Or, ce ne sera pas le cas.

Par ailleurs, ils appellent à changer de matrice sur les questions électriques, c’est-à-dire de ne plus raisonner en production annuelle, mais en fonction de la question suivante : comment passer les pointes de consommation, notamment en hiver, sans risque de coupures ?

L’objectif annoncé sous François Hollande d’une réduction de la part du nucléaire ne repose sur aucun argument ni fait tangible, mais uniquement sur de la communication et des accords avec les écologistes. L’européisation du secteur de l’énergie est remise en cause, notamment pour la raison que l’Allemagne qui a refusé le nucléaire, profite de l’électricité française à bas coût. Les experts démontrent que la hausse du nombre d’éoliennes en Allemagne a entraîné une montée des prix de l’électricité (beaucoup plus chère qu’en France) et une plus forte dépendance au gaz russe.

Limites et nuisances des énergies renouvelables intermittentes : une prise de conscience croissante

Participants :

  • Christian Arthur, président de la SFEPM
  • Yves d’Amécourt, porte-parole du Mouvement de la Ruralité
  • Jean de Kervasdoué, économiste et auteur de Les écolos nous mentent !
  • Brigitte Pistre, maire de Frazé, fondatrice du collectif Vent des Maires

 

Cette deuxième partie a été essentiellement axée sur une critique acerbe de l’éolien, de ses effets néfastes sur les paysages, la faune sauvage, les animaux d’élevage et les êtres humains. Par exemple, on note une très forte mortalité chez des espèces de chauve-souris. Un éleveur, habitant à proximité d’un parc éolien, a notamment témoigné de morts étranges de ses bovins ainsi que d’une viande et de lait impropres à la consommation. D’ailleurs, Yves d’Amécourt propose de fixer les mêmes règles à l’installation des éoliennes que celles qui s’imposent à l’installation d’une usine. Car, et il le rappelle avec raison, les éoliennes forment une usine de production d’électricité. Il s’étonne également de voir que dans une commune où des bébés naissent sans bras, une enquête est menée pour voir si les produits phytosanitaires utilisés par les agriculteurs en sont responsables, alors que quand des malformations ou des problèmes sanitaires liés tant aux humains qu’aux animaux d’élevages situés proche d’un parc éolien sont constatés, aucune étude n’est faite.

Brigitte Pistre, fondatrice du collectif Vent des Maires, dénonce les méthodes des promoteurs éoliens et des préfets. Elle estime que les communes sur lesquelles des éoliennes doivent s’implanter, ainsi que les communes voisines, devraient avoir leur mot à dire. Ce qui n’est pas le cas en réalité. Elle propose donc l’adoption d’un droit de veto des maires, ceux des communes directement concernées et ceux des communes limitrophes, pour toute installation d’une éolienne.

Enfin, Jean de Kervasdoué revient sur les fausses informations véhiculées à propos de l’énergie verte, qu’il décrit notamment dans son dernier livre. Il rappelle que le nucléaire civil n’a tué personne en France, et que les conséquences néfastes des accidents de Tchernobyl et de Fukushima sont exagérées, voire falsifiées par les ONG environnementalistes.

Les conditions de réussite de la relance du nucléaire : acceptabilité et enjeux industriels

Participants :

  • Bernard Accoyer, président de PNC France et ancien président de l’Assemblée nationale
  • Fabien Bouglé, expert en politique énergétique et auteur de Éoliennes, la face noire de la transition écologique, et de Nucléaire : les vérités cachées : face à l’illusion des énergies renouvelables
  • Louis Gallois, président du Conseil d’orientation de PNC France, co-président de la Fabrique de l’Industrie
  • Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire

 

Les différents intervenants de cette troisième et dernière table ronde ont tous abondé dans le même sens : il faut relancer la filière nucléaire en France. Pour certains, cela passe par la relance d’un nouveau plan Messmer. Ce qui est sûr, c’est que la France a les capacités nécessaires, sur le plan tant matériel qu’intellectuel, pour le faire. Si l’on veut se réindustrialiser, et a fortiori décarbonner l’économie, il faut augmenter la production d’une électricité pas chère et réellement verte qui rendra notre pays vraiment compétitif.

Un nouveau plan de développement du nucléaire aurait certes un coût, mais il reviendrait encore plus cher de recouvrir la France entière d’éoliennes et de panneaux solaires. Supprimer toutes les subventions à l’éolien en France représenterait une économie de 250 milliards d’euros pour les années à venir.
Les intervenants reviennent aussi sur le mythe de la dangerosité des déchets nucléaires, dont le risque en Europe est quasiment nul, ainsi que sur les perspectives d’avenir que représente la fusion nucléaire.

Si l’argumentaire étatiste était bien présent (planification, renforcement du rôle de l’Etat, etc.), il n’en reste pas moins que presque tous les intervenants sont d’accord : l’énergie nucléaire est indispensable pour l’avenir économique de notre pays.

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