Faut-il tuer l’écologie politique pour sauver le climat ?

(Article de Philippe Charlez initialement publié dans Bd Voltaire du 30/01/2022)

Depuis quelques mois, les prix de l’énergie flambent. Et, selon les premières indications de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), 2021 battrait tous les records en termes d’émissions de gaz à effet de serre.

Chacun y va de son explication et cherche un bouc émissaire, en phase avec son planning politique : blocage des prix, EDF, ISF écologique, Total, nucléaire, Poutine ou l’Europe – tout y passe. Si ces vociférations incantatoires détiennent parfois une parcelle de vérité, l’explication est bien autre.

Depuis un demi-siècle, l’écologie  s’est publiquement constituée partie civile auprès de Gaïa dans le projet qu’elle intente à Sapiens. Si son combat officiel s’appelle « lutte contre le dérèglement climatique », son véritable engagement se trouve ailleurs. Avant de s’intéresser à Dame Nature, l’écologie politique s’est rassemblée autour d’un marxisme pacifiste portant au pinacle l’indigénisme, le féminisme, l’homophilie et le racialiste. Son engagement climatique n’est qu’une instrumentalisation grossière visant à justifier son véritable planning idéologique : détruire la société de croissance et son démon capitaliste pour installer une nouvelle société idyllique qui se voudrait égalitaire. Un égalitarisme qui se lit en filigrane du programme des Verts où le mot (in)égalité est cité 80 fois ! D’où le terme consacré de « climato-gauchisme ».

Dans cette croisade égalitariste, Sapiens n’est pas indifférencié ; le démon à abattre est (1) l’homme (2) blanc (3) riche (4) grisonnant. Il est admirablement décrit dans le nouveau rousseauisme de Sandrine ou dans les discours enflammés de Greta transformant le débat climatique en une double lutte des classes sociale et générationnelle.

En portant à bras-le-corps l’utopique croissance verte des 100 % renouvelables, le climato-gauchisme a fortement influencé les grandes orientations énergétiques de ces vingt dernières années. Dès le début du siècle, les coalitions « arc-en-ciel » ont donné des gages électoralistes inconsidérés aux écologistes en imposant la sortie totale (Allemagne 2022, Belgique 2025) ou partielle (France 2035) du nucléaire, en engloutissant des sommes pharaoniques (Allemagne 800 milliards d’euros, France 150 milliards d’euros) dans les renouvelables intermittents ou encore en arrêtant des projets novateurs de surgénération nucléaire (Superphénix 1997, Astrid 2019).

Quant à la nébuleuse des ONG climato-gauchistes, elle poussera les gouvernements à interdire toute exploration de gaz de schiste en Europe et fera pression sur les banques pour qu’elles réduisent leurs investissements dans l’amont pétrolier, passés de 780 milliards de dollars, en 2014, à 326 milliards de dollars, en 2020. C’est encore sous la pression des climato-gauchistes que l’Union européenne a imposé ses impossibles plannings inversés : réduire de 55 % les émissions en 2030 et interdire les voitures thermiques en 2035 tout en refusant de classer le nucléaire en taxonomie verte. Dans le même temps, le monde investissait 5.000 milliards de dollars dans des renouvelables ne fournissant que 5 % de l’énergie primaire mondiale.

D’un point de vue climatique, cette stratégie s’est avérée triplement suicidaire. Elle a asséché l’offre de gaz et de pétrole, accru la demande de gaz et de charbon – seuls combustibles, en l’absence de nucléaire, capables de pallier les intermittences des renouvelables – et provoqué une explosion des émissions déjà annoncées cataclysmiques en 2021. Si ces 5.000 milliards de dollars avaient été investis dans le nucléaire, 63 % de l’électricité mondiale serait aujourd’hui décarbonée ! Comme l’écrit très justement l’excellent sociologue belge Marteen Boudry, les climato-gauchistes « constituent un obstacle bien plus important à une politique climatique efficace que… les climato-sceptiques ».

Heureusement, depuis la flambée des cours, le vent tourne et les langues se délient. Le Président a enfin compris l’impasse dans laquelle nous nous étions engouffrés et a revu à 180° sa politique énergétique. Grand carénage, nouvelles EPR et SMR ont été intégrés dans les programmes des candidats sérieux tandis que les climato-gauchistes se marginalisent dans leurs passions tristes. Un climato-gauchisme qu’il faudra tuer si l’on veut sauver le climat.

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2 réponses

  1. « Un climato-gauchisme qu’il faudra tuer si l’on veut sauver le climat. »
    D’accord pour se débarrasser du climato-gauchisme, ou encore du cryptocommunisme.
    En revanche le climat se sauvera tout seul, car :
    le CO2 n’est pour rien dans le dérèglement climatique, encore moins le CO2 très minoritaire émis par les activités artificielles ;
    l’homme n’a toujours pas trouvé de moyen technique pour jouer sur le climat, même si des projets existent sur papier.

  2. Le Président a peut-être compris l’impasse mais il n’a pas revu à 180° sa politique énergétique. Il n’y a pas vraiment eu de débat sur ce point. Les allusions timides aux EPR et SMR ne seront pas reprises sauf si une majorité de gens responsables et sérieux se manifestait bientôt. Le contraire risque de se passer car les candidats sont seulement à la pêche aux voix ; choisir la raison est de droite et ils ne seront pas élus s’ils expriment une parole raisonnable.
    Tuer le climato-gauchisme ne risque donc pas d’arriver ; le climat n’est pas à sauver car il se rit bien des soubresauts des grenouilles que nous sommes.

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