Panique chez nos gouvernants

La guerre en Ukraine, et la crise gazière qui en résulte, sèment la panique au gouvernement, mais sans doute pas assez :

Agnes Panier-Runacher, la nouvelle ministre de la transition énergétique vient d’annoncer 2 projets phares :

  1. Interdire les enseignes lumineuses entre 1h et 6h du matin : outre le fait que cette mesure existe déjà dans les villes de moins de 800 000 habitants (pourquoi pas d’ailleurs moins de 799 000 ?), elle n’économise d’énergie qu’en heures creuses de consommation : elle va donc faire économiser :
    • soit du vent, si cela arrive un des rares jours (15%) où les éoliennes fournissent,
    • soit du combustible nucléaire (qui intervient pour 2% dans le prix du kWh nucléaire, qui est déjà le moins cher)
    • mais pas le moindre m3 de gaz, puisqu’on ne fait tourner les centrales à gaz que quand on manque d’électricité, donc, a priori, pas la nuit.
  2. diminuer notre consommation d’énergie de 10% en deux ans : bien entendu, le “comment” n’est pas précisé (a-t-on d’ailleurs jamais vu un politique expliquer comment il va pouvoir tenir une promesse intenable ?), mais il est clair que ni l’industrie n’aura le temps de se désindustrialiser suffisamment vite pour y parvenir, ni les transports, ni l’agriculture (sauf à la détruire encore un peu plus rapidement qu’actuellement grâce aux écologistes) : c’est donc aux particuliers que l’obligation incombera, mais plutôt 20% pour compenser les précédents : 20% de chauffage en moins, plus 20% de déplacements en moins : les gilets jaunes ont encore un bel avenir devant eux.

 

… Mais on ne parle toujours pas :

  • ni de redémarrer Fessenheim,
  • ni d’aller voir dans notre propre sous-sol si nous n’y trouverions pas un peu de gaz (de schiste par exemple), … que nous pourrions revendre à un prix intéressant, ce qui rééquibrerait quelque peu notre balance commerciale qui en a bien besoin ; mais, le gaz de schiste, nous préférons l’importer (et le transporter) des USA : c’est plus idéologiquement correct.
  • Et encore moins de relancer Astrid, ou les réacteurs de 4ème génération, qui pourraient pourtant traiter la totalité de nos déchets nucléaires et disposeraient en cela d’un stock pour 3000 ans de fonctionnement.

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4 réponses

  1. Tout à fait d’accord avec la post-conclusion (“on ne nous parle toujours pas”).
    Il faut cependant distinguer le cours et le long terme.
    Pour Fessenheim, EDF a prélevé des pièces de rechange dans la centrale, réflexe normal. Mais il faudra deux ans au moins pour les refabriquer. Mais c’est quand même plus à notre portée que de construire de nouveaux réacteurs. En parallèle il faut envisager la prolongation de la durée de vie de quelques réacteurs PWR du parc.
    Pour ASTRID, le filière des surgénérateurs-incinérateurs est du moyen, voire du long terme. Pour incinérer des déchets à vie longue dans un cœur à neutrons rapides (ce qui est physiquement vérifié), il faut revoir nos usines de retraitement et de fabrication de combustibles. Jusqu’ici elles étaient assez simples en terme de radioprotection, c’est très différent avec la manipulation de déchets à vie longue. En d’autres termes, le réacteur est une chose mais il faut faire évoluer les usines du cycle en parallèle. C’est faisable mais ce n’est pas pour dans dix ans, plutôt 30 ou 40 ans. On sait parfaitement traiter les contraintes de radioprotection : protections, travaux à distance, automatismes, etc. donc on peut s’y investir.
    Entre les deux échéances reste la construction des réacteurs de troisième génération, type EPR dans laquelle il faut s’engager sans tarder.

  2. Bien d’accord avec vous, merci pour ces précisions.
    On pourrait encore ajouter la technologie des lasers à très haute fréquence couronnée par le prix Nobel du Pr. Mourou, qui permettrait à horizon de 10-15 ans de transmuter tous nos déchets en éléments inoffensifs. Qu’attend-t-on pour poursuivre et financer sérieusement cette piste apparemment prometteuse? … Sans doute que les Chinois la maîtrisent avant nous!
    Idem avec la fusion nucléaire et le projet ITER. Ils ont pris 10 ans d’avance en prenant déjà le risque de lancer leur phase DÉMO, ce que personne d’autre ne fera probablement avant 2030.

    1. Vous faites allusion à la transmutation par laser. En fait l’idée est ancienne. Le laser permet de concentrer sur une cible un flux élevé de neutrons et protons de grande énergie, ce qui casse (transmute) les éléments lourds qui sont souvent de radioactivité de période longue . En fait on réalise la même opération dans les réacteurs de génération IV dits surgénérateurs-incinérateurs qui proposent aussi un flux élevé de neutrons rapides (énergétiques) et la masse du cœur est telle qu’on peut répartir les déchets dans un nombre élevé d’éléments combustibles. On obtient ainsi un bon rendement industriel de transmutation, donc d’élimination des déchets les plus gênants. Ceci étant le prix Nobel que vous citez a pris langue avec le CEA, spécialiste des lasers, pour explorer cette filière. Mais en tout état de cause je crains que la cible ne soit de trop petite taille pour obtenir un rendement industriel significatif, et il faudra de plus en passer par un prototype, alors que la génération IV est plus avancée. Sur le plan scientifique l’idée reste intéressante et pourrait un jour permettre de transmuter la petite quantité de déchets ultimes, le rendement des réacteurs incinérateurs n’étant possiblement pas de 100%. Mais si ça ne se fait pas ce n’est pas grave car CIGEO vient compléter le tableau.

      Vous faites aussi allusion à la fusion dans un réacteur type confinement magnétique. Mais on est encore bien loin d’un démonstrateur capable de produire de l’électricité. Et avant tout il faut vérifier qu’ITER n’entraîne pas trop de déchets radioactifs, contrairement à la propagande simpliste qui circule ici ou là. S’il n’y a pas de produit de fission par définition, il y a de grosses masses de tritium en jeu (rejets normaux * + risque de fuite incidentelle très facile avec le tritium) et une grosse masse de produits d’activation hautement radioactifs. En effet, le tore dans lequel est confiné le plasma est soumis à une irradiation bêta-gamma intense, bien supérieure à celle présente dans la cuve d’un réacteur à fission. Il en résulte qu’on devra remplacer les couvertures primaires hautement irradiées très souvent quand le réacteur de puissance futur sera opérationnel. Un des objectifs d’ITER est d’appréhender la fréquence de remplacement des couvertures primaires. A côté d’ITER on risque d’avoir à construire un énorme entreposage de produits d’activation à vie courte et moyenne… ! Au total (tritium + entreposage de déchets) ITER n’est peut-être pas un cadeau.

      * A ITER les rejets normaux de tritium seront de l’ordre du triple de l’autorisation existante du centre de Cadarache (déjà contestée par les associations…).

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