Quand le rationnement devient vertueux !

Le développement économique a besoin d’énergie et les écologistes adeptes de la « sobriété heureuse » fondée sur un obscurantisme technique devraient cesser de brider l’avenir par des interdits sans base scientifique !

La future sobriété annoncée dans les principaux médias serait contrainte par la situation générale (covid et guerre en Ukraine).

Ces privations forcées (heureuses ?) deviendraient-elles aujourd’hui l’autre nom du rationnement que les Français ont connu pendant la guerre entre 1940 et 1945 ?

La cause est-elle à rechercher dans « la conjoncture » internationale, ou est-ce le résultat de l’impéritie et de l’incompétence des gouvernements successifs depuis au moins 15 ans ?

La sobriété serait vertueuse ?

Il est peut-être encore trop tôt pour sonner le tocsin mais le risque existe d’une pénurie pour le chauffage en fin d’année à cause d’une livraison insuffisante de gaz russe et d’un hiver froid avec une période sans vent.

L’indisponibilité du gaz russe s’ajouterait alors à celle de la production électrique (hors gaz) due à des décisions politiques désastreuses (notamment report de construction de nouveaux réacteurs nucléaires, fermeture des deux réacteurs de Fessenheim et de centrales au charbon) et pourrait conduire à une « sobriété forcée » cette hiver, c’est-à-dire à un rationnement.

Les discours sur la sobriété énergétique de nos modernes anachorètes écologistes rappellent étrangement les sermons religieux des temps anciens.

Implicitement (et parfois explicitement), ils veulent donner à cette sobriété un caractère « vertueux ». Ce rationnement moderne devient même le mantra médiatique des puritains écologistes. Ils clameront ensuite qu’il conviendra de continuer ces efforts « louables » (aux yeux de ces nouveaux prophètes) de sobriété et de rationnement…

Un délestage est prévu à l’avance lorsqu’il y a des risques de déséquilibre entre la production et la consommation. Il est alors mis en place une gestion de la demande comme le retrait des industriels électro-intensif.

Actuellement, le gouvernement français agit dans l’ombre auprès des industriels et de RTE pour organiser les délestages tournant de régions et de particuliers.

Alors que le Président Macron affiche l’intention de réindustrialiser le pays, il n’est pas glorieux d’être obligé de payer des industriels (avec les deniers des contribuables) pour qu’ils arrêtent de consommer de l’électricité et donc de produire.

Impéritie et manque de vision

Le manque de vision politique et d’anticipation sont les raisons principales de cette situation ubuesque de rationnement qu’il faudra digérer lorsqu’apparaîtront les coupures tournantes d’électricité (délestages) pour éviter le black-out.

Cet effondrement du réseau peut aussi se produire sur un incident, sans déséquilibre préalable entre la production et la consommation.

Ainsi, par exemple, en décembre 1978 presque toute la France (sauf l’est) s’est retrouvée sans électricité (jusqu’à 24 heures pour certaines zones) à cause d’une ligne haute tension de 400 000 Volt alimentant la région parisienne ayant disjoncté sur un défaut technique. L’énergie s’est instantanément reportée sur d’autres lignes entrant alors en surcharge et disjonctant à leur tour. L’écroulement « en château de cartes » a pris moins de deux secondes. Depuis, l’incident de s’est jamais reproduit à l’échelle du pays.

En septembre 2003 tout le nord de l’Italie, une partie de l’Allemagne et du sud-est de la France s’est retrouvée dans le noir suite à la chute d’un arbre sur une ligne haute tension.

Cet incident avait alors souligné l’intérêt de développer les interconnexions entre les pays européens pour permettre l’entraide.

Black-out : danger !

Les black-out sont dangereux car ils entrainent souvent la mise hors tension des centrales qui n’ont pas réussi leur « ilotage » consistant à maintenir l’alimentation de leurs propres auxiliaires (pompes, contrôle commande…) nécessaires à leur fonctionnement et à leur rebranchement sur le réseau électrique national.

Le redémarrage des centrales « non îlotées » à temps est difficile car il nécessite de disposer d’une importante puissance instantanée… souvent inexistante.

Or, une des nombreuses faiblesses des énergies dites renouvelables éoliennes et photovoltaïques réside dans leur incapacité (insuffisamment dénoncée) à fournir cette puissance dite « de court-circuit ». Elles sont donc inutiles pour redémarrer un réseau après un black-out.

En France, l’hydraulique et/ou les centrales à gaz « ilotés » peuvent fournir cette puissance nécessaire au redémarrage des autres centrales thermiques.

Sauf à rappeler les fautes d’anticipation des gouvernements successifs Sarkozy, Hollande et Macron, il est trop tard pour agir afin d’éviter les délestages tournants l’hiver prochain et peut-être même un black-out.

Les réseaux « intelligents » (smart-grids) sont encore balbutiants en France en dépit de la mise en place des compteurs Linky, et surtout, ils ne produisent rien… Ils ne suffiront pas pour délester automatiquement les chauffe-eaux, radiateurs et autres cuisinières des particuliers… lorsque la production électrique sera trop faible.

Industrie et nouvel obscurantisme

Cette période de « manque » oblige à reprendre la formule de la « chasse au gaspi » des années 1970 suite au choc pétrolier de 1973. Mais il y a une grande différence : cette dernière s’accompagnait d’un gigantesque chantier de constructions de réacteurs nucléaires pour sortir de la crise. Et ce fut un immense succès !

Le développement économique a besoin d’énergie et les écologistes adeptes de la « sobriété heureuse » fondée sur un obscurantisme technique devraient cesser de brider l’avenir par des interdits sans base scientifique !

Osons donc faire reposer à nouveau l’avenir sur la seule décision pertinente et audacieuse ayant fait ses preuves : l’investissement nucléaire.

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2 réponses

  1. Quelques détails pour illustrer cette analyse pertinente.
    Avec les mesures post-Fukushima (diesels…) les ilotages ratés devraient être peu nombreux.
    Sauf erreur on a déjà évité de peu un black out à l’échelle européenne en janvier 2021, par manque de vent en Allemagne.
    Sans vouloir emboîter le triste pas des catastrophistes, il faut signaler que l’hiver austral est actuellement très froid (bizarrement les médias n’en parlent pas) et qu’il est donc possible que notre prochain hiver le soit à son tour, ce qui renforcerait les risques de coupures…
    A plus long terme les hivers seront très froids si le mini âge glaciaire lié au minimum de Eddy est avéré. Les éoliennes givrées ne tourneront pas, les centrales nucléaires refroidies par l’eau des rivières gelées seront mises à l’arrêt, les transports seront ralentis, la production agricole mise à mal, etc. Au début de la vie de notre parc nucléaire, EDF avait reçu la recommandation de la DGSNR, ancêtre de l’ASN, de préparer un plan « grands froids ». En particulier les centrales en bord de rivières totalement gelées devront continuer après l’arrêt à évacuer la puissance résiduelle de façon autonome. D’où des systèmes à prévoir basés sur des réserves d’eau maintenue liquide (en dérivation du pompage à la rivière), un refroidissement de secours par air, etc. Il conviendra de ressortir ces études si besoin est.

  2. Vous avez là encore parfaitement raison.
    Plus généralement, qui parmi nos gouvernants, nationaux et mondiaux, se préoccupe de se préparer à un refroidissement climatique sur les prochains 30 ans, beaucoup plus probable que la poursuite du faible réchauffement actuel?
    Le réveil va être saignant!

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