Ces bonnes nouvelles du climat dont les médias main stream ne parlent pas

par Javier Vinós (*)

Texte initialement publié en anglais par le site Watts Up With That sous le titre Good 2022 Climate News the Main Stream media didn’t tell you. Traduction par la rédaction de nos collègues Climato-Réalistes.

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Toute personne un tant soit peu informée, ne nie pas que le climat change. Le climat a toujours changé. Depuis 1860, la Terre se réchauffe, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, car si nous devions endurer des hivers comme ceux de la période 1800-1850, nous serions sous le choc. Personne n’a été en mesure de prouver que le réchauffement climatique est principalement une conséquence de nos émissions. Il est raisonnable de supposer que l’augmentation du CO2 a contribué au réchauffement depuis le milieu du XXe siècle, lorsque nos émissions de CO2 ont augmenté de manière significative, mais personne ne sait dans quelle mesure elles en ont été le facteur prépondérant quoiqu’en dise le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC ) qui affirme que « les activités humaines sont la principale cause du réchauffement climatique observé au cours des dernières décennies ». (6e rapport d’évaluation du GIEC, page 515).

Aucune preuve ne soutient la thèse du réchauffement climatique anthropique

Pour avoir lu des milliers d’articles scientifiques, je prétends qu’aucune preuve ne soutient la déclaration du GIEC. Les modèles informatiques ne prouvent rien d’autre que la compétence des programmeurs. Ils doivent être constamment adaptés à l’évolution de nos connaissances sur le climat.

Ce manque absolu de preuves rend d’autant moins compréhensible la décision de réduire à zéro nos émissions de CO2, impliquant une complète modification de notre système énergétique alors que le CO2, présenté comme un polluant, est en fait aussi essentiel à la vie que l’oxygène. Tout cela dans un contexte où de nombreux pays du monde ne s’associent aux politiques de réduction des émissions que dans la mesure où ils en attendent des financements.

Le réchauffement climatique ralentit

Pour évaluer la dangerosité du réchauffement climatique, nous devons examiner les variations du taux de réchauffement climatique, en d’autres termes, la vitesse du réchauffement. Nous utiliserons pour ce faire les données de température globale calculées par satellite de l’Université de l’Alabama à Huntsville, UAH 6.0 . 

La figure ci-dessous en donne une représentation graphique :

Figure 1. Anomalies de température globale UAH en °C par rapport à la moyenne de 1991 à 2020. En vert, la tendance linéaire de la série (+0,13°C par décennie) et en bleu, la tendance linéaire depuis 2016. Données : UAH 6.0 Graphique : Wood for Trees .

Comme nous pouvons le voir, les températures tendent à diminuer depuis 2016. L’année 2022 n’arrive ainsi qu’en septième position des années les plus chaudes. Même si depuis 7 ans la planète se refroidit, cela ne signifie évidemment pas que le réchauffement est terminé. Nous avons déjà connu depuis 1979 huit périodes de refroidissement ayant duré au moins 7 années. Nous avons même connu une période de plus de 15 ans de refroidissement dans les 45 dernières années : de 1998 à 2014, période que l’on a qualifié de « pause ».

Pour analyser l’évolution du taux de réchauffement, nous avons soustrait de chaque donnée mensuelle la précédente, pour calculer l’augmentation mensuelle. Nous avons ensuite désaisonnalisé l’augmentation mensuelle en calculant la moyenne mobile sur 12 mois pour éliminer une grande partie du « bruit ». Enfin, nous avons obtenu le taux de réchauffement moyen sur 15 ans (exprimé en °C par décennie) en calculant la moyenne mobile sur 180 mois et en multipliant le résultat par 120.

Figure 2. Évolution du taux de réchauffement pour des périodes de15 ans entre 1979 et 2022 en °C par décennie et tendance linéaire. Graphique établi à partir des données mensuelles de température UAH 6.0.

Chaque point de la courbe de la figure 2 représente le taux de réchauffement des 15 années précédant ce mois. La « pause » apparaît comme la seule période ayant un taux négatif. Pour que la période de refroidissement actuelle apparaisse sur ce graphique avec un taux négatif, il faudrait que la température mondiale reste inférieure au niveau de 2016 jusqu’à la fin de 2030.

Le taux de réchauffement diminue alors que celui la concentration de CO2 atmosphérique augmente

La bonne nouvelle dont personne ne parle, c’est donc que le réchauffement climatique ralentit. Le taux de réchauffement sur 15 ans a été très élevé à partir du milieu des années 1980 jusqu’à la fin des années 1990, atteignant 0,35°C par décennie. La moyenne sur toute la période des relevés satellitaires est de 0,13°C par décennie soit 1,3°C par siècle, mais la tendance à long terme est passée de 1,6°C par siècle à 1°C par siècle aujourd’hui. La période de refroidissement actuelle contribue à cette baisse du taux de réchauffement à long terme.

Cette bonne nouvelle n’est pas annoncée pour deux raisons :

  • d’une part parce qu’elle a été obtenue sans réduction de nos émissions mondiales de CO2, ce qui remet en cause le bien-fondé des politiques de réduction massives des émissions.
  • d’autre part, parce que la réduction du taux de réchauffement a eu lieu alors que le taux d’augmentation du CO2 atmosphérique accélère, comme le montre le diagramme ci-dessous. (NB : Les données de la NOAA ayant déjà été désaisonnalisées, nous avons sauté cette étape et appliqué ensuite la méthode utilisée pour le graphique de la figure 2).
Figure 3. Évolution du taux d’augmentation du CO2 sur des périodes de 15 ans entre 1979 et 2022 en ppm/décennie et sa tendance linéaire. Graphique établi à partir des données CO2 mensuelles désaisonnalisées de la NOAA.

Nous avons ainsi un taux de réchauffement qui ralentit, alors que celui de la concentration du CO2 dans l’atmosphère a presque doublé au cours de cette période, passant d’une croissance de 14 parties par million (ppm) par décennie à 23,5 ppm par décennie. 

En théorie, il n’est pas possible que le réchauffement ralentisse alors que la concentration de CO2 dans l’atmosphère accélère fortement. La conséquence de l’augmentation du CO2 sur l’effet de serre est bien connue. Chaque molécule supplémentaire intercepte le rayonnement infrarouge, élevant la hauteur moyenne d’émission de l’atmosphère et nécessitant une augmentation de la température de surface pour que la planète maintienne son équilibre radiatif, c’est-à-dire pour rayonner une énergie équivalente à celle qu’elle reçoit du rayonnement solaire. La théorie ne permet pas au réchauffement climatique de inutileralentir quand les émissions de CO2 augmentent. Elle est donc erronée ou incomplète. Il y a dans le changement climatique des facteurs que nous ne comprenons pas, mais qui sont capables de compenser, voire d’annuler et même d’inverser l’effet de l’augmentation du CO2 sur la température. Avec l’hypothèse Winter Gatekeeper, basée sur les changements dans le transport d’énergie vers les pôles, j’ai déjà proposé une explication alternative, qui n’a pas été retenue par le GIEC.

Le réchauffement climatique ralentit, alors que les modèles prédisent exactement le contraire

Le réchauffement climatique ralentit, mais les modèles prédisent exactement le contraire, ce qui suggère que malgré leur coût, ces modèles sont inutiles. Le 5e  Projet d’inter comparaison des modèles couplés (CMIP5) prévoyait déjà un réchauffement plus important pour la période 2006-2022 que ce qui a été observé. Au grand désarroi des climatologues ( Voosen 2022 ), les changements introduits dans les modèles CMIP6 induisant davantage de réchauffement, ils ont donc décidé qu’au lieu de faire la moyenne de tous les modèles comme cela a été fait avec le CMIP5, de ne moyenner que les plus froids. Pour autant, l’écart entre les modèles et les observations augmentent d’année en année (Figure 4).

Figure 4. En bleu, les données d’anomalie de température UAH 6.0, en rouge, la projection moyenne CMIP5 et en vert, la projection moyenne CMIP6. La température réelle est déjà inférieure de plus d’un degré à ce que prévoit le CMIP6. Graphique de Charles May.

D’autres bonnes nouvelles climatiques

L’année 2022 a apporté d’autres bonnes nouvelles climatiques, sur lesquelles la presse est restée silencieuse.

La banquise arctique se stabilise

En septembre, la banquise arctique a atteint une étendue minimale de 4,87 millions de kilomètres carrés. C’est plus qu’en 2007, ce qui signifie que surface de la banquise d’été dans l’Arctique est stable depuis 16 ans (figure 5). On nous répète ad nauseam que l’Arctique fond, et Greenpeace a utilisé cet argument pour collecter des fonds auprès de personnes imprudentes. De l’argent bien intentionné qu’il a utilisé, entre autres, pour maintenir à un haut niveau le salaire de ses cadres. L’Arctique a fondu de façon importante entre 1990 et 2007, mais ce n’est plus le cas depuis 16 ans, et je ne pense pas que cela soit dû à l’argent collecté par Greenpeace.

Figure 5. Étendue moyenne de la banquise arctique au mois de septembre entre 2007 et 2022 montrant une tendance linéaire stable. Données du NSIDC .

Le taux d’élévation du niveau de la mer diminue depuis 10 ans

Les données disponibles jusqu’en septembre 2022, montrent une augmentation du niveau de la mer de 2 millimètres au cours des 9 premiers mois de l’année. La tendance à la baisse de l’élévation du niveau de la mer au cours des 10 dernières années se poursuit (Figure 6). Cela suggère que l’élévation du niveau de la mer est liée à l’élévation de la température, ce qui est logique. Par conséquent, les modèles d’élévation du niveau de la mer sont au moins aussi erronés que les modèles de température, et ces chiffres d’élévation du niveau de la mer d’un mètre ou plus avec lesquels les médias essaient de nous faire peur sont sans fondement.

Figure 6. Élévation moyenne annuelle du niveau de la mer en mm/an et sa tendance linéaire entre 2012 et 2022. Données de la NASA jusqu’en septembre 2022.

Il convient de préciser que les satellites mesurent un taux d’élévation du niveau de la mer qui est environ le double de celui enregistré par les marégraphes côtiers. Soit le niveau de la mer s’élève davantage au centre que sur les côtes, soit il y a un problème de mesure de l’élévation du niveau de la mer au centre de la Terre qui ne tient pas compte de ce qui se passe au fond des océans.

Dans tous les cas, la montée dérisoire du niveau de la mer n’est un problème que dans les zones où il y a affaissement par l’action humaine, en raison de l’extraction des eaux souterraines ou de la construction côtière excessive. A titre d’exemple de l’inexistence d’un problème grave voici deux photos à 45 ans d’intervalle du même bâtiment situé à seulement 10 mètres du rivage de la mer Méditerranée, où je passe mes vacances (figure 7). L’érosion côtière a quelque peu affecté le profil, mais le niveau de la mer ne semble pas avoir augmenté de manière détectable. Le marégraphe local Alicante II montre une élévation du niveau de la mer d’environ 10 cm en 60 ans, soit un millimètre et demi par an.

Figure 7. L’élévation du niveau de la mer, bien que mesurable, est négligeable au cours d’une vie humaine. L’effet de marée est beaucoup plus important.

Les événements extrêmes n’augmentent pas, ni en fréquence, ni en intensité

Malgré toutes les déclarations selon lesquelles le changement climatique rendrait les événements extrêmes plus intenses et plus fréquents, il n’y a aucune donnée qui vient à l’appui de ces assertions. C’est pourquoi d’ailleurs, ces données ne sont jamais exposées. Les rapports du GIEC eux-mêmes ne concluent pas que les événements extrêmes s’aggravent, à l’exception des vagues de chaleur qui sont dépendants de leur définition.

L’année 2022 a été une année très calme pour ce qui est des ouragans, poursuivant la tendance à la baisse amorcée dans le milieu des années 1990, tant en fréquence qu’en énergie (Figure 8).

Figure 8. En haut, fréquence des ouragans avec des vents supérieurs à 63 nœuds (courbe supérieure) et supérieurs à 95 nœuds (courbe inférieure) entre 1981-2022. Énergie cumulée des cyclones en bas, à l’échelle mondiale (courbe supérieure) et dans l’hémisphère Nord (courbe inférieure) entre 1972 et 2022. Sources : Ryan Maue .

J’ai déjà mentionné à plusieurs reprises que dans un monde plus chaud, le gradient de température entre l’équateur et les pôles est plus faible, ce qui réduit la quantité d’énergie à transporter et l’intensité de la circulation atmosphérique. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que le réchauffement augmente la fréquence des événements extrêmes, tout comme il ne faut pas s’attendre à ce que le niveau mondial des précipitations diminue.

Conclusion

L’année 2022 a été une année plutôt rassurante pour ce qui est de la température, de l’étendue de la banquise arctique, de l’élévation du niveau de la mer et de la survenance d’événements climatiques extrêmes. Ne nous laissons pas abuser par ceux qui (à l’aide de nos impôts) répandent l’alarmisme . Il n’y a pas de péril climatique à redouter dans un avenir prévisible. Richard Feynman, l’un des meilleurs physiciens du XXe  siècle, déclarait en 1966 que « la science est la croyance en l’ignorance des experts » , et Stuart Firestein nous enseigne que l’ignorance est le carburant qui fait avancer la science. Les experts du climat qui refusent d’accepter leur ignorance, ne font pas avancer la science, mais entravent son progrès en la ralentissant. Ils ne méritent pas d’être appelés scientifiques parce qu’ils ne servent pas la cause de la science, qui est d’accroître les connaissances. Ils ne défendent qu’une orthodoxie à visée politique. On comprend pourquoi le panel sur le climat est appelé « intergouvernemental ».


(*) Le Dr Javier Vinós est titulaire d’un doctorat (Ph D). Il a fait de nombreuses recherches sur la neurobiologie et le cancer à l’Institut médical Howard Hughes, à l’Université de Californie, au Conseil de la recherche médicale du Royaume-Uni et au Conseil espagnol de la recherche scientifique. En 2015, les inquiétudes suscitées par les effets du changement climatique l’ont amené à étudier les sciences du climat. Depuis lors, après avoir consulté des milliers d’articles scientifiques, analysé des séries de données portant sur des dizaines de variables climatiques et étudié des centaines de proxies climatiques, il est devenu un expert du changement climatique naturel.

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2 réponses

  1. Bravo pour la reprise de cet article qui passe bien en revue les principaux arguments actuels contre la thèse des variations climatiques climatiques s’origine anthropique. Il y manque la référence à la paléoclimatologie qui confirme aussi que le climat s’est toujours passé de la présence humaine et s’est toujours moqué éperdument du taux de CO2 pour varier. Mais les rapports du GIEC, que personne ne lit, ne sont pas aussi affirmatifs que le dit l’article même dans l’AR6. Pour trouver ce type d’affirmation péremptoire il faut aller dans les résumés pour les décideurs. Peut être faudrait-il publier des contre résumés pour les décideurs en s’appuyant sur toutes les études et sur tous les écrits des chercheurs publiés par l’IPCC?

  2. Dans mon petit coin je me contente de regarder tous les jours la température à Iakoutsk sur la Léna en Sibérie orientale; depuis mi-novembre il fait entre -35 et -50 °C tous les jours comme chaque année! Et en même temps il fait toujours -45°C en Antarctique centre en plein été!

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