Un rapport d’experts recommande la tarification du carbone pour réduire les émissions de l’agriculture

NDLR : En pleine révolte des agriculteurs :

Les émissions du secteur « sont restées largement inchangées depuis 2005 », les deux tiers d’entre elles provenant de la production animale. Pour inverser la tendance, un système de tarification du carbone devrait être introduit « d’ici 2031 au plus tard », selon les experts. [SHUTTERSTOCK/salarko]

« Les agriculteurs et les gestionnaires des terres doivent être davantage encouragés à réduire leurs émissions », a déclaré Jette Bredahl Jacobsen, vice-présidente du conseil scientifique, dans un communiqué de presse, ajoutant que « cela pourrait être réalisé en fixant un prix pour les émissions et en récompensant les absorptions [de carbone] ».

Le rapport, publié jeudi dernier (18 janvier) par le conseil, a examiné les principales lacunes des politiques environnementales de l’UE et a constaté que les agriculteurs ne bénéficiaient pas d’incitations financières suffisantes pour réduire leurs émissions.

Les émissions du secteur « sont restées largement inchangées depuis 2005 », les deux tiers d’entre elles provenant de la production animale.

Pour inverser la tendance, un système de tarification du carbone devrait être introduit « d’ici 2031 au plus tard », recommandent les experts.

Pour rappel, l’UE a pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2030 et d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050.

Le conseil scientifique a présenté ses recommandations alors que la Commission européenne prépare un nouveau document qui fixera un objectif intermédiaire de réduction des émissions pour 2040, a souligné Tim McPhie, porte-parole de la Commission pour les questions climatiques et d’énergie, lors d’une conférence de presse organisée après la publication du rapport.

Plusieurs États membres de l’UE ont exprimé leur soutien à une réduction de 90 % des émissions nettes de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2040. Si la Hongrie reste sceptique, la France et l’Allemagne n’ont pas encore pris position.

Les lacunes de la PAC

Selon le conseil scientifique, la Politique agricole commune (PAC) de l’UE — le programme de subventions agricoles de l’Union — n’est pas suffisante pour mener une action climatique supplémentaire.

« La PAC est principalement basée sur des efforts volontaires, qui sont peu susceptibles d’être efficaces »,

peut-on lire dans le rapport, qui ajoute que la plupart de ces objectifs climatiques ne sont pas chiffrés.

Les experts ajoutent que le cadre de l’UE pour les subventions agricoles 

« n’incite que faiblement les États membres à se montrer ambitieux »,

en leur accordant une grande flexibilité et de nombreuses possibilités de bénéficier de dérogations.

Le comité consultatif a également déclaré que la PAC « favorise les grandes exploitations » par le biais des paiements directs, qui sont versés aux agriculteurs en fonction de la superficie de leur exploitation.

Le principe du « pollueur-payeur »

Le groupe d’experts a appelé à la mise en place d’un système de tarification du carbone appliquant le principe du « pollueur-payeur » à l’agriculture, afin d’inciter les agriculteurs à réduire leurs émissions, à l’instar du système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE), qui couvre principalement les secteurs de l’énergie et de l’industrie manufacturière.

La Commission européenne envisage déjà de fixer un prix pour les émissions agricoles. En outre, les institutions de l’UE négocient actuellement des critères pour établir des programmes certifiés et fiables de stockage du carbone dans les sols agricoles, afin de rémunérer les agriculteurs qui contribuent aux puits de carbone dans les cultures et les forêts.

La mise en place d’un véritable marché des émissions agricoles constitue toutefois une étape supplémentaire. Il nécessite l’obligation d’utiliser des quotas d’émission. La principale difficulté réside dans le fait que l’UE devra déterminer qui paie pour polluer.

Par exemple, il pourrait s’agir de tous les types d’exploitations agricoles, ou seulement des élevages, de l’industrie alimentaire ou des producteurs d’intrants — ce qui inclurait les producteurs et les importateurs d’engrais et d’aliments pour animaux.

Le président de la commission de l’Environnement (ENVI) du Parlement européen, Pascal Canfin, et l’eurodéputé Jérémy Decerle (tous deux du groupe centriste Renew) ont proposé un système d’échange de quotas d’émission pour le système alimentaire impliquant les agriculteurs et les industries de transformation.

Une étude réalisée en 2023 à la demande de la direction générale Climat (DG CLIMA) de la Commission a révélé que des défis spécifiques au secteur agricole devaient être pris en compte lors de l’élaboration d’une politique de « pollueur-payeur ».

Ces spécificités incluent le grand nombre d’exploitations agricoles dans l’UE — plus de neuf millions — et l’hétérogénéité des émissions de gaz à effet de serre produites par les exploitations.

Selon l’étude, un tel système risque également de réduire la production dans l’UE et d’entraîner une augmentation des importations en provenance de pays où la production agroalimentaire émet davantage de gaz à effet de serre, un phénomène connu sous le nom de « fuites de carbone ».

NDLR : Ah ! Quand même !

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