Un intéressant calcul qui devrait interroger nos politiques sur nos réelles capacités énergétiques en vue de la transition énergétique…

Un article de bon sens d’un auteur inconnu :

Bien réaliser la transition énergétique, c’est réfléchir à la modification de notre parc automobile à 100 % et de le faire correspondre à nos réelles capacités énergétiques, chiffres à l’appui. Il sera matériellement, et financièrement, très difficile, voire impossible, d’avoir en 2035, un parc automobile à 100% (même à 50%) électrique comme le voudraient certains. Pour la France, en appliquant les règles élémentaires de l’électricité, on peut démontrer que cela conduit à ne plus pouvoir se déplacer. 
 
Démonstration…
 
1) Il y a 39 millions de voitures en France.

2) Supposons que 50% du parc des voitures soit électrique et que chaque voiture ne soit rechargée qu’une nuit sur deux.

3) Cela fait donc 39 millions x 50% x 1/2 = environ 10 millions de VE en charge chaque nuit.

4) Le plus petit chargeur, celui de la Zoé, consomme 6 kW pendant 9h30 pour charger les 54 kWh de sa batterie. Ces hypothèses sont très optimistes car il y a des chargeurs jusqu’à 10 fois plus puissants pour les très grosses voitures ou pour des recharges rapides.

5) La puissance nécessaire sera alors de 10 millions x 6 kW = 60 000 MW !
Pour mémoire on a failli avoir un black-out électrique en février 2022 pour de 73 000 MW de consommation totale (usines, bureaux, maisons, transports, etc.) !!

6) Donc pour charger la nuit seulement 10 millions de VE sur les 39 millions du parc automobile, il faut presque doubler la capacité de la production électrique en France. Il faut vite mettre en construction 40 réacteurs nucléaires EPR de 1400 MW. Et doubler la mise si on veut 100% de voitures électriques.
 
Comme c’est impossible économiquement et techniquement dans un délai aussi court, et même irréaliste dans l’absolu, cela conduit obligatoirement au rationnement de l’électricité et donc des déplacements individuels …

CQFD.

PS. La solution est certainement de garder un vélo à pédales dans son garage…

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7 réponses

  1. Ceux qui ont pondu cette directive européenne d’arrêter la production de voitures thermiques en 2035 n’ont pas été formés aux finesses de la règle de trois.

  2. Si je partage votre scepticisme sur la voiture électrique, je ne partage par contre pas votre raisonnement sur la consommation ou la pointe de courant nécessaire, car celui ci est erroné .En effet vous partez sur une fausse base en estimant qu’une voiture sur deux se recharge par nuit et recharge l’entièreté de sa batterie…Ce qui compte, c’est l’estimation de la consommation totale du parc français et donc l’énergie moyenne nécessaire par nuit..( en supposant qu’on ne recharge que la nuit..).40 millions de véhicule parcourant annuellement 12000 km, auraient besoin d’une énergie de 72 TWh , plus ou moins 15 % de la production actuelle..en puissance instantanée, si on suppose que tout le monde recharge la nuit en 10 heures, une puissance 8 Gw serait nécessaire, à comparer au 140 GW disponible..Dites moi si je me trompe mais ça parait être dans les chiffres communément avancés

    1. On peut discuter sur la demande mais en pratique il faudra que le réseau s’adapte à la demande. Recharger les VE la nuit n’est pas une mauvaise chose pour les centrales nucléaires. Celles-ci ont tout intérêt à fonctionner au plus près du nominal (plus faible prix du kWh, suivi de charge perturbé par l’effet xénon), et donc si elles fonctionnent la nuit pour un coût minime, c’est tout bénéfice. Ceci étant ce qui est dimensionnant pour notre parc installé ce sont les pointes de consommation. Et dans ce cas, comme c’est déjà envisagé en Belgique, il faudrait éviter les recharges des VE aux dites heures de pointe. L’intérêt des VE devient alors très problématique, ce qui rejoint la conclusion de l’article.

      1. Ce que je voulais dire, c’est que la base du raisonnement souffre d’un biais très important surestimant très fortement le pic de puissance nécessaire..Je partage moi aussi les conclusions et l’absurdité ( et l’inutilité ) d’une électrification totale du transport individuel, surtout que notre électrification devra couvrir non seulement ceux-ci, mais les 80 % de nos autres utilisations consommant encore du fossile, et qui devront, pour avoir du sens, être produite par du renouvelables ( si la réduction de CO2 à du sens, ce dont je doute )..Mais pour argumenter, il faut des arguments non attaquables pour ne pas se discréditer.. C’était amicalement le but de ma remarque…

        1. Vous n’avez pas à vous justifier, ce n’était pas le sens de mon commentaire, bien au contraire, et ce n’est pas le genre de ce site où, j’en témoigne, tous les avis sont acceptés. Votre contribution est précieuse, dès lors que le débat s’établit entre gens honnêtes, et celle-ci apporte un souffle d’oxygène supplémentaire. A cet égard vous parlez d’« arguments inattaquables », mais de nos jours ça ne suffit pas forcément car l’aspect idéologique prime souvent malheureusement sur l’aspect scientifique. Mais ceci est un autre débat, abordé dans d’autres articles.

  3. De plus dans ce texte, le raccordement des bornes de recharges rapides n’est pas pris en compte. En effet ils faut les connecter en haut voltage et revenir en continu basse tension, que de câbles!!
    Plus stupide tu meurs!

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