L’industrie automobile, qui traverse sa plus grande crise depuis 80 ans, n’avait pas vraiment besoin de cela. Une baisse massive des subventions et aides à l’achat de véhicules électriques et une augmentation des taxes au moment même où elle est contrainte à une transition de tous les dangers vers la motorisation électrique et où l’appétit des automobilistes pour ce type de véhicules est toujours aussi problématique. Et si les constructeurs ne vendent pas suffisamment de voitures électriques pour abaisser les émissions moyennes des véhicules qu’ils commercialisent ils risquent de subir des amendes colossales infligées par la Commission européenne. Selon les premiers calculs du cabinet Alix Partners, ces amendes pourraient représenter l’an prochain deux milliards d’euros pour Renault et Stellantis et huit milliards pour Volkswagen… On appelle cela en anglais « a perfect storm », une tempête parfaite.
On a déjà pu mesurer cette années les conséquences en Allemagne de l’arrêt soudain à la fin de l’année dernière, pour des raisons budgétaires, des aides à l’achat de véhicules électriques. Cela a mis plusieurs constructeurs et pas des moindres dans une situation très difficile, à commencer par le premier d’entre eux outre-Rhin, Volkswagen. Il n’est pas difficile d’imaginer les conséquences des réductions de subventions sur les ventes en France de véhicules électriques par Renault, Dacia, Peugeot et Citroën dans un marché déjà stagnant. La production de voitures électriques en Europe est inférieure cette année d’environ 40 à 45% par rapport aux volumes qui étaient prévus.
Un coup d’arrêt aux ventes de véhicules électriques
En fait, en-dehors de la Chine les ventes de véhicules électriques marquent le pas dans le monde. La part de marché des électriques à batteries était en Europe au mois d’août dernier de 14% contre plus de 15% en 2023 à la même période. Et en Allemagne, le premier marché européen, les ventes de véhicules électriques se sont effondrées, toujours en août, de 69%…
En France, le projet de budget 2025 prévoit que les primes à l’achat de voitures électriques seront rabotées de 500 millions d’euros et ramenées à 1 milliard, le malus durci et les avantages en nature des voitures de fonction réduits. L’exécutif annonce aussi que les économies seront l’occasion de mener « une rationalisation du nombre de dispositifs ». La prime à la conversion pourrait bien disparaître.
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