Pour ne pas perdre ce qui lui reste de compétitivité industrielle et ne pas être uniquement dépendante pour ses approvisionnements en gaz de l’Amérique de Donald Trump et du Qatar, des acteurs économiques et politiques européens considèrent maintenant ouvertement que le gaz russe pourrait être en quelque sorte un mal nécessaire. Il ne s’agirait en aucun de se rapprocher du régime de Vladimir Poutine et d’importer des quantités de gaz comparables à celles qui existaient jusqu’en 2021. Mais en cas de paix acceptable entre l’Ukraine et la Russie, cela reviendrait à diversifier les sources d’approvisionnement en gaz naturel des pays de l’Union. Reste à être capable à l’échelle européenne à s’accorder sur une stratégie mêlant sécurité énergétique et crédibilité géopolitique.
L’Union Européenne (UE) devra-t-elle se résoudre à importer à nouveau du gaz russe en grande quantité? C’est une question sans doute prématurée à fortiori quand même les espoirs d’un cessez-le-feu temporaire entre l’Ukraine et la Russie semblent s’éloigner. Pourtant, au-delà des postures morales, respectables, et de la guerre hybride menées de fait par Moscou contre les intérêts européens et français, la question se pose quand l’Europe se trouve prise en étau entre les Etats-Unis, qui ne se comportent plus en allié, et la Chine dont le rouleau compresseur industriel semble impossible à arrêter.
L’Europe a plusieurs sérieux handicaps face à la concurrence des deux géants économiques, à commencer par des prix de l’énergie bien plus élevés. Ce que le fameux rapport Draghi de septembre 2024 sur les problèmes de compétitivité de l’Europe, déjà jeté aux oubliettes, mettait en avant.
La situation est d’autant plus compliquée pour les pays de l’UE que leurs besoins en gaz naturel ne vont pas disparaître par enchantement, à fortiori si la stratégie allemande, imposée à tous les pays de l’Union par les institutions européennes, de transition énergétique favorisant les renouvelables intermittents (éolien et solaire) reste inchangée. Rappelons que pour compenser l’intermittence de production des éoliennes et des parcs photovoltaïques, quand la météorologie est défavorable, les centrales à gaz offrent techniquement la meilleure solution. Evidemment, pas en termes d’émissions de gaz à effet de serre…
Le retour en catimini de l’option russe
Donc l’Europe a besoin de gaz. Elle a considérablement réduit ses importations russes, notamment depuis la destruction des gazoducs NordStream et s’est donc tournée vers les Etats-Unis pour s’approvisionner en GNL (Gaz Naturel Liquéfié) …
