PPE, François Bayrou siffle la fin de la récréation

Le Premier ministre, François Bayrou, a finalement tenu compte des critiques virulentes et nombreuses contre la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) troisième version, le texte censé être la feuille de route de la transition énergétique dans les dix prochaines années. Une PPE dogmatique, militante, incohérente, irréaliste qui élude des problèmes majeurs comme le fait que l’électrification des usages (transports, chauffage et climatisation, industrie) est aujourd’hui une vue de l’esprit et que l’intermittence de production des renouvelables éolien et solaire déstabilise les réseaux électriques et fait s’envoler les prix. François Bayrou a donc proposé une révision en profondeur de la stratégie énergétique française d’ici à la fin de l’été. « Nous devons juger chaque technologie à l’aune de quatre critères essentiels : souveraineté, abondance, compétitivité, décarbonation », a déclaré le Premier ministre. Un sursaut de lucidité inattendu, sans doute lié en partie à la crainte d’une censure.

Eclipsé par le Blackout qui a paralysé pendant presque 24 heures la péninsule ibérique, le débat lundi 28 avril à l’Assemblée nationale sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) troisième version, a été marqué par un virage inattendu et salutaire du gouvernement. Il est sans doute lié aussi à la crainte d’une censure. Ce texte qui est la feuille de route de la transition énergétique en France pour les dix prochaines années et doit se traduire par des dizaines de milliards d’euros d’investissements est dogmatique, incohérent, irréaliste et élude deux problèmes majeurs. Le fait que l’électrification des usages (transports, chauffage et climatisation, industrie) est aujourd’hui une vue de l’esprit et que l’intermittence de production des renouvelables éolien et solaire déstabilise les réseaux électriques et fait s’envoler les prix.

Le fruit de l’aveuglement technocratique et militant qui a conduit la transition énergétique dans l’impasse en France comme en Europe. Face aux oppositions, le gouvernement avait décidé que la PPE ne serait pas adoptée par le Parlement. Une entorse à la démocratie puisque ce texte est normalement une loi et donc doit être soumis au vote des parlementaires. A la place, le gouvernement avait organisé à l’Assemblée, le 28 avril, et au Sénat le 6 mai des débats sans vote. Puis il s’est heureusement ravisé face à une Assemblé nationale quasiment déserte…

« Raison scientifique… »

Le Premier ministre François Bayrou a annoncé une révision en profondeur de la PPE qui devra être terminée « d’ici à la fin de l’été », après un nouveau passage devant les parlementaires et l’intégration des conclusions d’un groupe de travail express, confié au député Antoine Armand (Renaissance), ancien ministre de l’Economie du gouvernement Barnier, et au sénateur Daniel Grémillet  (Les Républicains). Les députés devront se prononcer sur la proposition de loi de programmation de l’énergie dite « Grémillet », déjà adoptée au Sénat à l’automne 2024 et jugée plus favorable au nucléaire et moins aux renouvelables intermittents que le texte actuel.

« Le gouvernement n’a rien à vendre, aucune thèse à imposer coûte que coûte.  Seuls la science, les faits et la raison guideront notre action », a affirmé le Premier ministre.

Il s’est attiré les foudres, après son allocution, des socialistes, écologistes et Insoumis qui considèrent que la France « renonce à ses ambitions ».

Et sans surprise, France Renouvelable, le syndicat professionnel de la filière renouvelable, s’est emporté contre un report de l’adoption de la PPE qui est un « signal extrêmement préoccupant pour l’avenir énergétique » du pays.

« Derrière chaque report de ce décret, c’est toute une chaîne de valeur industrielle, des emplois locaux, de l’innovation et de la compétitivité qui sont mis …

 
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