(par Jean-Philippe Delsol dans IREF du
Dans une chronique très pertinente du Figaro (4 Juillet), Étienne Bertier, ancien secrétaire général d’EDF, a exposé les risques très significatifs d’usure, d’érosion et de corrosion accélérées, de dérèglement, de lésions dangereuses et de surcoûts significatifs que causaient au nucléaire les rythmes intermittents et aléatoires de production qui lui sont imposés par la priorité donnée à l’éolien.
Un de nos lecteurs, Jean-Francois Pouget, ingénieur ayant participé à la mise en œuvre de centrales nucléaires, nous fait part d’un autre risque majeur que ce fonctionnement en à-coups peut entraîner, notamment dans les centrales les plus anciennes :
La fission dans un réacteur nucléaire qui monte en puissance produit du xénon qui capture les neutrons permettant cette fission.
En marche normale, il se produit un équilibre dans le cœur du réacteur car la fission produit et absorbe ce xénon.
En cas de baisse rapide de puissance, le xénon présent dans le cœur n’est plus éliminé. Il se produit un empoisonnement du réacteur empêchant son redémarrage pendant 7 à 9 heures.
Le xénon peut étouffer la production ou créer des oscillations importantes de puissance. Ce phénomène est une des causes de la catastrophe de Tchernobyl.
Si nous avons une grande quantité de panneaux solaires raccordés au réseau, nous avons une très forte production de ces panneaux dès le lever du soleil et donc une réduction rapide de la puissance des centrales pilotables donc du parc nucléaire pouvant entrainer un empoisonnement des réacteurs et donc des problèmes de stabilité du réseau électrique voire un blackout.
Une réponse
L’effet Xénon, c’est effectivement une gène à l’exploitation (il faut une réserve de réactivité plus importante pour retourner à forte puissance), mais … il y a des ordinateurs pour calculer çà !
Par contre, les fissures de fatigue thermique causées par les variations incessantes d’allure pour suivre la production du solaire et de l’éolien mentionnées dans la chronique de E Bertier (je remets le lien: https://www.lefigaro.fr/vox/economie/quand-les-douches-ecossaises-des-energies-renouvelables-mettent-en-peril-nos-centrales-nucleaires-20250703) mettent directement en cause la sécurité de nos centrales.
Il est surprenant qu’alors que tous les écolos qui nous gouvernent ont une peur bleue du nucléaire, le fait que les seules centrales au monde qui faisaient du suivi de charge, c’est à dire les seules centrales françaises récentes, ont dû être arrêtées de longs mois à cause de ces fissures, personne ne s’est posé de question à ce sujet, et … voilà que ça recommence ! Il n’y a qu’une solution: ne faire subir aux « gros tuyaux » de nos centrales nucléaires que des variations modérées d’allure si possible autour de leur charge nominale, et coupons les raccordements des centrales éoliennes et photovoltaïques en fonction de la demande. La priorité d’accès au réseau des ENRs est totalement absurde d’un point de vue technologique, et … si cela permet de constater que ces ENRs n’ont pratiquement aucune utilité en France (même pas au niveau des émissions de carbone) …. laissons brailler les écolos, et cessons de les subventionner !