Voitures électriques : la dégringolade continue

On ne peut plus vraiment parler de mauvaise surprise et encore moins d’une conjoncture difficile à traverser. Il s’agit d’une très préoccupante évolution structurelle.
Le marché automobile européen continue inexorablement à rétrécir. Les ventes de voitures neuves ont reculé de 7,3% en juin, comparé au même mois l’an dernier. Et depuis le début de l’année, la baisse atteint encore 1,9% sur un an.
Le passage contraint et forcé à la motorisation électrique sans réelle anticipation des conséquences économiques et sociales a mis à mal le marché tout comme les groupes industriels. Les consommateurs et les constructeurs sont perdus. Les premiers rechignent toujours et très majoritairement à passer à l’électrique et les seconds ont investi massivement dans une technologie qui les fragilise et tarde à s’imposer. Les politiques, les technocrates, les militants et même bon nombre de dirigeants de groupes automobiles ont oublié une chose essentielle : le consommateur final a toujours raison…

Refuser de voir la réalité en face, la politique de l’autruche, non seulement ne règle pas les problèmes, mais en général les accentue. La France et l’Europe ont fini par s’en rendre compte, mais le réveil est douloureux. Il l’est dans de multiples domaines et notamment dans ceux de l’énergie et de l’automobile. L’Union Européenne (UE), en imposant à marches forcées le passage à la motorisation électrique, n’avait pas manifestement mesuré les conséquences économiques et sociales d’une décision avant tout idéologique dont l’efficacité en termes de baisse des émissions de gaz à effet de serre est réelle mais assez limitée. Voilà pourquoi d’ailleurs, elle tente sans se renier et admettre s’être fourvoyée trouver le moyen d’éviter une débâcle industrielle. Le problème est qu’il est presque déjà trop tard.

La Commission européenne, le Parlement européen et les gouvernements des 27 pays de l’Union auront ainsi réussi le tour de force de démolir ce qui restait l’une des rares industries mondiales dans laquelle les grands groupes européens possédaient encore un avantage technologique et restaient compétitifs. Une situation qui maintenant appartient au passé avec l’obligation de cesser toute vente de véhicule neuf à motorisation thermique d’ici 10 ans. « Ce que nous avions craint, à savoir que les constructeurs fassent les transformations, investissent et que nous ayons des voitures mais pas de clients, s’est réalisé… », résumait brutalement il y a quelques semaines Luc Chatel, le président de la Plateforme automobile. Un cri d’alarme qui est plutôt ignoré en France pour une bonne et simple raison. La production automobile s’est déjà effondrée sur notre territoire depuis deux décennies. Elle a chuté de 59% depuis 2004

Le marché automobile européen n’en finit pas de rétrécir

Mais aujourd’hui c’est dans toute l’Europe que l’industrie automobile fait face à une avalanche de fermetures d’usines et de licenciements. Il y a à cela trois raisons que les politiques ont négligé ou mal comprises : la …

 

 

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2 réponses

  1. On s’en fiche de la diminution des gaz à effet de serre, mais c’est presque anecdotique.
    Le tour de force qui a consisté à foutre en l’air l’industrie automobile n’est pas le seul fait d’armes d’une gouvernance d’ecolos ignorants qui s’assoient sur la démocratie.
    Il y a l’industrie nucléaire européenne, l’agriculture, le logement, les transports…

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