Comment le GIEC a enterré la période chaude médiévale

Et pourquoi cela continue de prouver que le réchauffement actuel n’est ni unique ni contre nature

Chaque année, de nouveaux records de température sont annoncés avec fracas, comme si la planète s’enfonçait dans un chaos climatique inédit. Les gros titres des journaux annoncent des choses comme : 

« L’humanité vient de vivre les 12 mois les plus chauds depuis au moins 125 000 ans » 

ou 

« Cette année sera presque certainement la plus chaude depuis 125 000 ans, selon les scientifiques de l’UE » .

On nous dit, souvent sans contexte ni nuance, que le réchauffement que nous connaissons est sans précédent depuis des centaines de milliers, voire des millions d’années.

Mais est-ce vraiment vrai ? Ou bien les autorités climatiques, et notamment le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), ont-elles construit tout leur discours sur la mémoire sélective du passé climatique de la Terre ?

L’aspect le plus insidieux et le plus frauduleux de la climatologie moderne ne réside pas dans des modèles erronés ou des prévisions incertaines, mais dans l’effacement délibéré des états climatiques passés qui fragilisent le discours dominant.

Le GIEC, censé fournir une évaluation scientifique objective, est devenu un vecteur de biais de confirmation, omettant sélectivement les extrêmes climatiques historiques pour étayer des conclusions alarmistes. J’ai largement documenté ce biais inhérent, soulignant comment il façonne et déforme ses conclusions (Biais de confirmation au sein du GIEC).

Ignorer les preuves : l’histoire sélective du GIEC

Les mégasécheresses historiques sont un exemple d’amnésie sélective. Ces extrêmes naturels dépassent de loin les sécheresses modernes attribuées au changement climatique d’origine humaine, et pourtant le GIEC néglige habituellement ces données historiques cruciales.

Un exemple frappant est la mégasécheresse de Cantona, dans l’ancien Mexique, un événement naturel dévastateur totalement indépendant des facteurs anthropiques. Cette grave sécheresse, qui s’étend sur plusieurs siècles, éclipse les événements climatiques récents, mais reste remarquablement absente des évaluations du GIEC (Forgotten Extremes: The Megadroughts the IPCC Ignores).

De même, la période de réchauffement climatique médiévale (PRM) – une période de réchauffement climatique mondialement reconnue, comprise entre 950 et 1250 après J.-C. environ – représente une menace existentielle pour le récit, soutenu par le GIEC, selon lequel le réchauffement climatique moderne est sans précédent.

Initialement largement documentée, la PRM a été systématiquement effacée des données climatiques traditionnelles suite au tristement célèbre graphique en forme de crosse de hockey popularisé par Michael Mann en 1999. Ce graphique a considérablement aplati la variabilité historique des températures pour mettre en évidence le réchauffement récent, fournissant ainsi un argument politique en faveur d’une action climatique urgente malgré des preuves historiques contradictoires (La période de réchauffement climatique médiévale : un phénomène mondial ?).

Cette omission n’est pas fortuite. Le sixième rapport d’évaluation du GIEC (AR6) minimise la PRM, la décrivant souvent comme une fluctuation climatique régionale ou modeste… et non comme une phase d’importance mondiale.

Ce cadre flou permet d’éviter de confronter le vaste corpus de preuves évaluées par des pairs montrant un réchauffement synchronisé dans les deux hémisphères, une conclusion qui remet en cause l’idée même que le réchauffement moderne est « sans précédent ».

De nouvelles preuves concernant l’Antarctique bouleversent le récit

De nouvelles recherches en Antarctique viennent de changer la donne.

Une étude récente publiée dans Nature apporte de nouvelles preuves étonnantes que la période chaude médiévale était non seulement réelle, mais plus chaude qu’aujourd’hui… même en Antarctique oriental.

Les auteurs décrivent une poussée de réchauffement survenue il y a environ 1 050 ans, suffisamment puissante pour éroder les glaciers et creuser des chenaux profonds dans le substrat rocheux. Ces signatures d’érosion correspondent à ce que l’on attendrait de l’activité des eaux de fonte modernes lors des périodes de forte amplification polaire. Seul bémol : cela s’est produit alors que les niveaux de CO₂ étaient stables autour de 280 ppm.

Encore plus accablante est cette phrase des auteurs eux-mêmes :

« Il est également intéressant de noter que dans les conditions climatiques actuelles, malgré certains effets du changement climatique récent qui ont été observés même dans l’Antarctique continental, il n’y a aucune preuve d’eau de fonte sur le BCG, et la surface du glacier est recouverte de neige en permanence. »

Laissez cela pénétrer. Le glacier ne fond pas aujourd’hui… mais il a fondu il y a plus de mille ans.

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2 réponses

  1. La référence du GIEC est à dessein et malhonnêtement très basse dans les 1000 dernières années. La courbe en crosse de hockey est une pure escroquerie, pour une raison très simple : elle ne peut s’appuyer sur des mesures réelles et les pseudo démonstrations basées sur des « proxys » fantaisistes n’y changent rien. Elle est plate dans le manche de la crosse, jusqu’au XIXe siècle pour faire croire à une « augmentation de la température depuis l’âge industriel » dans la lame de la crosse. Plus fiables sont les mesures faites par carottage, par exemple dans les glaces du Groenland (projet GISP2) basées sur la méthode du « thermomètre isotopique », d’où il ressort que sur ces 10000 dernières années il y a eu plusieurs optimums (Minoen, Romain, Moyen-âge) et que la moyenne générale, même si le Groenland n’est pas totalement représentatif de l’hémisphère Nord à quelques poils de degré près, est de 2°C environ supérieure à la référence du GIEC, et que donc, avec 1,5°C de plus lentement gagné en un siècle, nous ne sommes qu’en chemin sur le retour à la moyenne, si tant est qu’une normale existe. Pas de quoi en faire un tel pataquès ! La vraie crosse de hockey a en fait une drôle de forme, peu propice à jouer une partie…

    https://i0.wp.com/www.laterredufutur.com/spaw/images/climat-depuis15000ans.jpg

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