Non, la fin ne justifie pas les moyens

Il n’y a rien de plus dangereux que de construire des mouvements idéologiques planétaires sur des mensonges au nom d’un impératif moral supérieur. Comme il n’est plus possible de distinguer les faits des anathèmes, cela ne permet pas de concevoir des politiques et des stratégies réalistes et efficaces pour faire face aux problèmes. Cela détruit la confiance dans l’avenir et alimente un nihilisme grandissant. Par Léon Thau. Article publié dans le N°21 du magazine Transitions & Energies.

La stratégie assumée d’un grand nombre de mouvements écologistes et d’institutions internationales (ONU, GIEC, COP, AIE…) consiste depuis des années à affoler les opinions et les populations sur le dérèglement climatique afin de créer un choc en retour et un sentiment d’urgence absolue.

Il s’agit d’obtenir ainsi une mobilisation des sociétés, des médias et des politiques.

Si en termes de communication, c’est un succès incontestable, il n’en va pas de même dans la mise en place de politiques et de stratégies réalistes et efficaces et dans l’impact sur la psychologie des foules. Face à un tableau apocalyptique présenté jour après jour, les jeunes générations sombrent souvent dans le nihilisme, l’apathie, le refus de se projeter dans l’avenir ou la radicalité d’actions militantes et violentes.

La licence morale que s’accordent les activistes scientifiques ou politiques repose sur la conviction qu’ils œuvrent pour le bien. Mentir et déformer la réalité est justifié à leurs yeux parce que leur mission sacrée est de prendre des décisions au nom des autres. Ce qu’on appelait autrefois de « pieux mensonges ».

De rares aveux

Parfois, rarement, les décideurs en question avouent. Le docteur Stephen Schneider de l’université de Stanford, membre éminent d’un groupe de travail sur le climat du GIEC, s’était laissé aller il y a déjà quinze ans : 

« D’une part, en tant que scientifiques, nous sommes liés par l’éthique à la méthode scientifique, promettant en fait de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, ce qui signifie que nous devons inclure tous les doutes, les mises en garde, les “si”, les “et” et les “mais”.

D’autre part, nous ne sommes pas seulement des scientifiques, mais aussi des êtres humains. Et comme la plupart des gens, nous aimerions que le monde soit meilleur, ce qui, dans ce contexte, se traduit par notre volonté de réduire le risque d’un changement climatique potentiellement désastreux.

Pour ce faire, nous devons obtenir un large soutien et capter l’imagination du public, ce qui implique bien sûr une couverture médiatique importante. Nous devons donc proposer des scénarios effrayants, faire des déclarations simplifiées et spectaculaires, et ne pas faire mention de nos doutes éventuels… »

Tout est dit. De la même façon, Hans Joachim Schellnhuber, le père de l’objectif consistant à limiter le réchauffement à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle (avant que l’objectif devienne soudain de 1,5 °C lors de la COP 21 à Paris en 2015), expliquait : 

« 2 °C est à peu près valable et c’est un chiffre facile à mémoriser …

 

 

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Une réponse

  1. «  Nous devons donc proposer des scénarios effrayants, faire des déclarations simplifiées et spectaculaires, et ne pas faire mention de nos doutes éventuels… » Affirmer sans broncher que c’est le CO2 qui détraque le climat va bien au-delà. Ces gens se foutent de notre gueule.

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