Le gouvernement a annoncé jeudi 28 août un « accord de principe » avec la Commission européenne qui doit permettre de solder le contentieux qui gèle depuis deux décennies les investissements dans les barrages français. Il était temps.
La modernisation plus que nécessaire des équipements hydroélectriques en France est presque à l’arrêt depuis deux décennies du fait d’un différend persistant avec Bruxelles sur l’ouverture à la concurrence. Une aberration !
D’autant plus que l’hydraulique a encore été l’an dernier et de loin la principale source de production d’électricité renouvelable en France avec l’immense avantage de ne pas être intermittente et aléatoire comme l’éolien et le solaire.
Voilà pourquoi l’annonce jeudi 28 août que le gouvernement français et la Commission européenne sont parvenus à un « accord de principe » pour résoudre leur contentieux sur l’hydroélectricité est une excellente nouvelle.
L’hydroélectricité a représenté l’an dernier pas moins de 13,9% du total de la production électrique du pays avec près de 75 TWh. Et le poids de l’hydroélectricité explique pourquoi avec le nucléaire (67,4%), l’éolien (8,7%), le solaire (4,3%) et la biomasse et les déchets (1,9%), la France est l’un des champions du monde de l’électricité décarbonée avec plus de 95% de sa production en 2024.
« Géant endormi »
L’hydroélectricité avait été qualifiée il y a quelques années, à juste raison, de « géant endormi » par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). C’est le cas en France où elle est délaissée depuis deux décennies pour de mauvaises raisons.
Du fait des moyens financiers et humains limités d’EDF, qui préfère les consacrer à la maintenance et la relance du nucléaire, et plus encore du différend persistant avec Bruxelles.
Le modèle historique français des concessions est remis en cause par les règles européennes de la concurrence. Résultat, la modernisation des équipements hydroélectriques est presque à l’arrêt… Cette situation devrait maintenant bientôt appartenir au passé.
« Après plus de dix années de précontentieux, une voie a enfin été dégagée pour lever cette situation de blocage et relancer les investissements dans les barrages hydroélectriques français …