L’objectif imposé il y a trois ans par les institutions européennes et les gouvernements de cesser toute commercialisation de véhicules neufs à motorisation thermique d’ici 2035 est inatteignable. La majorité des consommateurs n’en veut pas et les constructeurs européens ont un retard considérable sur leurs concurrents chinois et américains en termes de technologie et de compétitivité.
Les politiques ont fait preuve d’une incroyable irresponsabilité en ne cherchant même pas à mesurer si l’Europe avait les ressources, notamment en matières premières, pour fabriquer les batteries et les compétences pour s’imposer dans cette technologie. Et pire encore, personne n’a pris la peine d’étudier les conséquences éventuelles pour une industrie essentielle pour le continent.
Mais on ne peut pas nier longtemps la réalité. Le chancelier allemand Friedrich Merz vient de plaider publiquement le 7 octobre pour le report au-delà de 2035 de l’arrêt de la commercialisation des voitures thermiques neuves en Europe. Et l’Association des constructeurs européens, l’ACEA, a renchéri le 8 octobre en demandant à la Commission européenne de revoir des décisions « fondées sur des bases obsolètes et des hypothèses optimistes ».
La Commission européenne avec l’approbation des gouvernements et du Parlement européen a décidé d’imposer aux constructeurs automobiles la fin de la vente de véhicules neufs à motorisation thermique d’ici 2035. Une mesure entérinée le 8 juin 2022 par un vote majoritaire des députés européens.
Lors de cette décision présentée à la fois comme une avancée majeure en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et pour l’industrie automobile européenne, qui allait entrer dans une nouvelle ère, très peu de voix s’étaient élevées pour s’interroger sur la faisabilité d’une telle décision et ses conséquences économiques et sociales.
Les politiques avaient fait preuve alors d’une incroyable irresponsabilité en ne cherchant même pas à mesurer si l’Europe avait les ressources, notamment en matières premières, pour fabriquer les batteries et les compétences technologiques pour s’imposer dans cette technologie. Et pire encore, personne n’avait pris la peine d’étudier les conséquences éventuelles pour une industrie essentielle pour le continent.
Trois ans plus tard, le principe de réalité a rattrapé les dirigeants européens et surtout nationaux et les groupes automobiles.
D’un côté la demande n’est pas du tout au rendez-vous et est étroitement liée au niveau des subventions et des aides et de l’autre, les constructeurs automobiles européens en dépit d’investissements massifs sont incapables de lutter contre leurs concurrents chinois et américains en termes de technologie et surtout de coûts de fabrication.
Passer des primo-adoptants à la grande masse des consommateurs
L’industrie automobile européenne, l’une des rares qui était compétitive à l’échelle planétaire et même qui possédait une certaine supériorité technologique, a perdu tous ses avantages et se trouve aujourd’hui dans une situation périlleuse.
Quant à la demande de véhicules électriques, elle se heurte dans la plupart des pays européens à un mur et stagne autour de 20% des achats dans un marché qui se rétracte. Tout cela est d’abord lié au coût élevé des voitures.
En Europe en 2024, le prix moyen d’une voiture électrique vendue était de 63.000 euros, contre 37.000 euros en moyenne pour un véhicule thermique.
Mais il n’y a pas que cela. Le problème tient à la diffusion des innovations …