L’association QuotaClimat s’était donnée pour mission initiale en 2022 de pousser les médias audiovisuels à beaucoup plus traiter les questions climatiques. Pourquoi pas.
Mais elle s’est donnée plus récemment une autre mission, lutter contre ce qu’elle appelle la désinformation environnementale dans les médias.
Elle le fait via un « Observatoire des médias sur l’écologie » créé l’an dernier avec le financement du ministère de la Culture, de l’Arcom, de l’Ademe et de la Fondation de France.
Le problème est que QuotaClimat fait sciemment un amalgame entre le climato-scepticisme et le débat nécessaire et légitime sur la politique énergétique et la stratégie énergétique du pays.
Et elle entend imposer par le biais d’une loi sa vérité.
QuotaClimat organisait ainsi le 22 octobre à l’Assemblée nationale un colloque sur la lutte contre « l’essor de la désinformation climatique ».
Dans un entre-soi caractéristique, il y a eu fort heureusement une voix discordante, celle d’Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre de la Transition écologique. Elle s’est déclarée : « contre toutes les formes d’atteintes à la liberté de la presse ». « On ne peut pas définir une forme de bien-pensance », a-t-elle ajouté. Le danger est bien celui-là.
Le 22 octobre, l’association QuotaClimat organisait à l’Assemblé Nationale en présence de plusieurs députés un évènement portant sur la lutte contre « l’essor de la désinformation climatique ». Selon QuotaClimat, l’événement était « parrainé par Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale »… qui n’était pas vraiment au courant et a déclaré avoir juste prêté la salle. Le colloque a été organisé avec le député socialiste Stéphane Delautrette et était soutenu, toujours selon QuotaClimat, par près de 100 parlementaires issus de huit groupes parlementaires différents, essentiellement le Nouveau Front Populaire.
Sont intervenus, entre autres, Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre de la Transition écologique, Jean-François Soussana, président du Haut Conseil pour le climat, Bénédicte Lesage, membre du collège de l’Arcom et Livia Saurin, secrétaire générale adjointe de France Télévisions.
Un rapport sur la désinformation climatique
Le même jour, QuotaClimat a rendu public un rapport réalisé avec les ONG Data For Good et Science Feedback intitulé « Cartographie de la désinformation climatique dans les médias français et brésiliens ». Le choix incongru du Brésil tient au fait que la COP30 se tiendra dans ce pays du 10 au 21 novembre.
L’association QuotaClimat a parfaitement le droit de contester des prises de positions, des informations ou des « désinformations » qu’elle juge mensongères et dommageables sur les questions climatiques et énergétiques. Le problème est quand la vérité de QuotaClimat devient une vérité d’Etat imposée par des institutions de la République.
« Une forme de bien-pensance »
Depuis 2023, l’organisation a ainsi multiplié les saisines auprès de l’Arcom, vingt-deux. Dont trois avec succès. La majeure partie d’entre elles s’apparentent plutôt à de l’intimidation.
Le colloque du 22 octobre de plus de trois heures à l’Assemblée nationale a été sans grand intérêt avec une succession de plaidoyers pro domo dans une atmosphère d’entre-soi.
Seule voix discordante, celle d’Agnès Pannier-Runacher, qui à la fin de son discours a expliqué
« qu’il est nécessaire de débattre du chemin pour mener la transition écologique et qu’il n’est pas unique ».
Plus important encore, elle s’est déclarée « contre toutes les formes d’atteintes à la liberté de la presse. On ne peut pas définir une forme de bien-pensance ».
QuotaClimat a été créé en 2022 par trois jeunes assistantes parlementaires avec pour ambition de pousser les médias à beaucoup plus traiter les questions climatiques. Pourquoi pas. Il s’agissait d’imposer « un quota d’informations environnementales » dans les médias audiovisuels français – à hauteur de 20% de temps d’antenne.
Mais elle s’est ensuite donnée une autre mission, censurer la désinformation environnementale et plus gênant encore faire taire les voix dissonantes et discordantes sur la façon dont est menée la transition énergétique. L’association dénonce et entend faire interdire les propos qui lui semblent contraire à ce qu’elle estime être la vérité climatique et énergétique et pousse …