Pour la dixième édition de son étude Global Energy Perspective, le cabinet McKinsey souligne que l’accès à une énergie bon marché et la sécurité d’approvisionnement ont pris le pas dans la réalité des politiques énergétiques de la quasi-totalité des pays sur les impératifs de décarbonation. Cela tient à la fois aux bouleversements et incertitudes géopolitiques et au manque de compétitivité de bon nombre des nouvelles technologies à faibles émissions. C’est moins le cas pour la production d’électricité qu’il est plus « facile » de décarboner mais pour les substituts aux combustibles fossiles pour tous les autres usages qui restent très largement majoritaires dans la consommation d’énergie (transports, industrie, bâtiments). L’électricité n’assure finalement qu’entre un cinquième et un quart de la consommation d’énergie dans la plupart des pays (27% en France). Ainsi, le pétrole, le gaz et le charbon devraient ainsi encore représenter entre 41% et 55% de la consommation énergétique mondiale en 2050, selon les scénarios de McKinsey.
A l’occasion de sa dixième édition, l’étude Global Energy Perspective (Perspective mondiale de l’énergie) du cabinet McKinsey décrit sans fards les réalités de la transition énergétique dans le monde. « Notre vision de la transition énergétique a mûri. Si l’urgence demeure, les voies à suivre pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sont désormais plus complexes et doivent s’ancrer dans les réalités économiques et géopolitiques. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d’augmenter et le chemin vers la décarbonation reste long ».
Deux thèmes principaux se dégagent de cette étude.
Tout d’abord, la nécessité de prendre en compte les trois éléments clés permanents des politiques énergétiques. A savoir et dans l’ordre des priorités réelles de la quasi-totalité des pays et des gouvernements : maîtriser les coûts de l’énergie, assurer la sécurité des approvisionnements et ensuite réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les discours volontaristes sur la décarbonation ne doivent pas masquer cette réalité. Mc Kinsey est encore plus explicite en affirmant que sans accessibilité financière et sans des modèles économiques solides, « l’adoption généralisée des nouvelles technologies à faible émission de carbone ne se fera pas ».
Utilisation prolongée des combustibles fossiles
Deuxième thème principal du rapport, « il n’existe pas de solution miracle pour la décarbonation. Les pays et les régions suivront des trajectoires distinctes en fonction des conditions économiques locales, des ressources disponibles et des réalités auxquelles sont confrontées certaines industries ».
Mc Kinsey n’est pas pour autant totalement négatif et souligne que chaque année apporte son lot d’évolutions imprévues heureuses, qu’il s’agisse
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