Selon un scénario révisé, publié dans son étude annuelle World Energy Outlook 2025 rendue publique le 12 novembre, l’Agence internationale de l’énergie estime maintenant que la consommation de pétrole pourrait continuer à augmenter « pendant les années 2030 et au-delà » si les politiques énergétiques actuelles ne changent pas.
Toujours dans cette hypothèse, qui est la plus probable compte tenu des contextes politiques, économiques, sociaux et géopolitiques dans un monde « assoiffé d’énergie », la demande de gaz naturel devrait progresser de 15% dans les dix prochaines années, et son utilisation pourrait continuer à se développer jusqu’en 2050 et même au-delà.
Seule l’utilisation du charbon devrait commencer enfin à baisser d’ici 2030. Si le monde construit bien à un rythme sans précédent des équipements, notamment renouvelables, pour produire de l’énergie bas carbone, il bat dans le même temps tous les ans des records de consommation de pétrole, de gaz et de charbon.
En pleine COP30, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) est venue rappeler la réalité douloureuse du rythme actuel de la transition énergétique dans le monde, c’est-à-dire de la substitution de sources d’énergie bas carbone aux combustibles fossiles. L’AIE a fini par admettre que le déclin dans le monde de la consommation d’hydrocarbures, en volume, n’est pas pour demain, peut-être pour après-demain dans un monde « assoiffé d’énergie ». Cela fait pourtant des années que l’Agence annonce, en vain, le pic de consommation de pétrole.
Elle reconnait aujourd’hui que
« les pays du monde entier sont confrontés à des menaces pressantes en matière de sécurité énergétique et à des risques croissants à long terme concernant une gamme sans précédent de combustibles et de technologies, plaçant l’énergie au cœur des tensions géopolitiques et en faisant un enjeu central pour la sécurité économique et nationale ».
Fatih Birol, le Directeur exécutif de l’AIE, a même déclaré au Financial Times que
« le changement climatique perd rapidement de son importance dans l’agenda politique international en matière d’énergie ».
L’administration Trump n’est sans doute pas pour rien dans cette remarque.
La demande de pétrole et de gaz restera orientée à la hausse
Selon le scénario révisé dit de poursuite des politiques énergétiques actuelles, publié dans son étude annuelle World Energy Outlook 2025 rendue publique le 12 novembre, l’AIE estime maintenant que la consommation de pétrole pourrait continuer à augmenter « pendant les années 2030 et au-delà » et être de l’ordre de 113 millions de barils par jour au milieu du siècle, en hausse de 13% par rapport à 2024.
Toujours dans cette hypothèse, qui est la plus probable compte tenu des contextes politiques, économiques, sociaux et géopolitiques, la demande de gaz naturel devrait progresser de 15% dans les dix prochaines années et son utilisation pourrait continuer à se développer jusqu’en 2050 et même au-delà. Ce serait notamment le cas pour le GNL (Gaz naturel liquéfié) dont la consommation passerait de 560 milliards de mètres cubes en 2024 à 880 milliards de mètres cubes en 2035 et 1.020 milliards de mètres cubes en 2050. Seule l’utilisation du charbon devrait commencer enfin à baisser d’ici 2030.
Attention tout de même. La capacité mondiale de production d’électricité à partir de charbon a augmenté de 13% depuis 2015 et l’accord de Paris.
Il existe aujourd’hui plus de 6.500 centrales électriques au charbon dans le monde. À la fin de l’année dernière, la capacité totale de production d’électricité à partir de charbon a atteint le niveau record de 2.175 GW et 611 GW supplémentaires sont en cours de développement… avant tout en Chine et en Inde.

Scénario des politiques actuelles. La consommation de pétrole et de gaz ne baisse pas d’ici 2050. Source: IEA 2025 World Energy Outlook. DR.
Trois scénarios
Dans son World Energy Outlook 2025, l’AIE présente comme toujours trois scénarios. Le premier, qui a donc été révisé, prolonge les politiques existantes. Dans le deuxième, celui des politiques annoncées, les pays se montrent plus volontaristes pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et transforment leurs promesses …