« Le réchauffement climatique justifie l’intervention de l’État dans l’habitation, le transport, l’industrie, l’agriculture… Pour moi qui suis libéral, c’est une forme de totalitarisme. »
Ce qui vient de se produire est bien plus qu’un simple coup de règle sur les doigts d’une chaîne d’info : c’est un basculement. Pour la première fois, l’État a puni financièrement un média pour « désinformation climatique », et qui plus est, sur la base d’une plainte déposée par une association.
Commençons par le commencement : l’affaire remonte au 8 août 2023, dans la matinale de CNews animée par Romain Desarbres. Autour de la table : Philippe Herlin – qui était à l’origine invité pour parler économie –, une climatologue doctorante et deux autres invités.
Interrogé sur le réchauffement climatique, l’économiste a décidé de vider :
« Le réchauffement climatique anthropique est un mensonge, une escroquerie. C’est pas une loi de la science. […] C’est pas la même chose qu’une équation ».
Et, quitte à mettre les pieds dans le plat, Philippe Herlin n’y va pas de main morte :
« Ça justifie l’intervention de l’État dans l’habitation, le transport, l’industrie, l’agriculture… Pour moi qui suis libéral, c’est une forme de totalitarisme. »
Il n’en fallait pas plus pour faire sortir QuotaClimat de ses gonds. Ni une ni deux, l’« association » se rue pour porter plainte auprès de l’Arcom. L’emploi des guillemets ici est volontaire, car, à en croire l’économiste, les membres de QuotaClimat ne sont aucunement des scientifiques mais d’anciens attachés parlementaires qui ont changé de costume pour prendre celui de lobbyistes. Leur rôle ? Scanner les médias :
« Et dès que quelqu’un sort de la doxa réchauffiste : ils portent plainte »
Pas de chance pour Cnews donc ! Le Conseil d’État a validé l’amende de 20 000 euros infligée à la chaîne, à laquelle s’ajoutent 3 000 euros pour couvrir les frais de justice de QuotaClimat. La justification avancée ? Les propos de Philippe Herlin « n’ont été contredits par personne ».
Problème : contradiction, désaccords et modération ont bien été exprimés sur le plateau. Comme le rappelle Philippe Herlin à propos de la climatologue :
« sur toute la séquence, c’est elle qui a parlé largement le plus longtemps » (dix minutes contre trois pour lui, pour une table ronde d’une quinzaine de minutes).
Ainsi donc, avec la décision du Conseil d’État — et c’est là la chose qui doit nous inquiéter — l’Arcom exige désormais une réfutation frontale. Comprenez donc, chers Tocsinautes, que la contradiction ne suffit plus ; le gendarme de l’audiovisuel s’arroge officiellement le droit d’exiger une punition publique pour toute opinion climatique dissidente !
« On n’a plus le droit d’affirmer un point scientifique qui est désormais considéré comme un fait incontestable, une vérité unique. Donc on n’a plus de débat scientifique. C’est fini », prévient Philippe Herlin.
En validant l’amende, le Conseil d’État transforme ce qui n’était encore qu’un simple consensus en dogme officiel.
« C’est l’antithèse de la science […] on doit pouvoir débattre et faire avancer. »
Il faut dire que l’État a tout à y gagner. Comme le souligne l’invité de Clémence, en brandissant l’urgence climatique, la puissance publique s’offre un blanc-seing financier sous couvert de Bien commun et d’impératif moral.
« 60 milliards par an », rien que ça !
Une gabegie familière aux auditeurs de Tocsin, tant Fabien Bouglé en a exposé les implications. Le climat n’est plus un sujet scientifique mais un prétexte commode pour légitimer la surveillance, la contrainte, la restriction progressive des libertés individuelles. Le mot totalitarisme n’était pas lancé à la légère par Philippe Herlin : il visait à alerter. Ironie du sort, le Conseil d’État vient de lui donner raison.
Pas peu fier, Philippe Herlin peut revendiquer d’être le « premier condamné d’opinion sur le climat ». Mais ne nous y trompons pas : il n’y a là rien de réjouissant. Car une fois qu’un pouvoir s’autorise à punir une parole scientifique au nom d’une vérité officielle, il est rare qu’il s’arrête à sa première proie… Vous avez dit totalita… ?
5 réponses
Il faut censurer la censure.
Bonjour,
Il a tort de présenter cela comme une escroquerie ; ou alors, le fait de recommander l’achat de cierges à déposer à Notre-Dame est aussi une escroquerie, tout comme le fait de conseiller la prière le long du Mur des Lamentations. Chaque civilisation a ses croyances, qu’il ne faut pas remettre en cause frontalement. Il ne faut pas oublier que le livre de Copernic est resté à l’index 70 ans après sa publication.
cordialement,
Bernard Beauzamy
PDG, Société de Calcul Mathématique SA
Parmi ces croyants de l’église de climatologie, il y a les marchands du temple et les tartuffes, c’est à dire des margoulins opportunistes et des magnétiseurs, tous charlatans.
Et puis une croyance imposée à tout le monde n’est-elle pas une escroquerie intellectuelle ?
Chaque civilisation a ses croyances, certes. Il est exact que le réchauffement climatique d’origine humaine est une croyance. Mais c’est une croyance quasi-religieuse basée sur une idéologie décroissante funeste et non sur la science, la vraie science. Tout esprit critique, attentif au réel et un tant soit peu instruit et intelligent doit se révolter contre ce phénomène aberrant qui frise le retour à l’obscurantisme que le peuple de Descartes a heureusement réussi à écarter jusqu’ici.
Puisse notre société se débarrasser de cette plaie le plus rapidement possible.
Ph. Herlin reconnait lui-même qu’il y a été un peu fort en parlant d’escroquerie (même si c’en est effectivement une). Pour autant, même s’il avait été plus « soft » dans son intervention, l’amende aurait probablement aussi été infligée.
Le plus grave est que cette amende soit confirmée par le conseil d’état alors même qu’elle est anticonstitutionnelle. Cf. article 11 de la déclaration des droits de l’homme intégrée à la constitution :
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »
Or aucune loi n’interdit les propos tenus par Ph.Herlin, du moins pas encore…