Augmentation des prix des carburants avec les CEE, un gaspillage organisé

Le prix des carburants à la pompe va augmenter de 4 à 6 centimes par litre à partir du 1er janvier 2026 du fait du dispositif des Certificats d’économies d’énergie (CEE). Un dispositif problématique : coût élevé pour les consommateurs, économies d’énergie surévaluées, fraudes massives…
Au point que la Cour des comptes recommande sa suppression! Mais les Certificats d’économies ont un immense mérite aux yeux des gouvernements. Ils sont hors budget de l’État et payés par le consommateur.
C’est ce dernier qui finance directement la politique énergétique. Voilà pourquoi l’enveloppe des CEE double en 2026. Et ce n’est qu’un début. Tant pis pour le pouvoir d’achat.
Article paru dans le N°27 du magazine Transitions & Energies.

Les Certificats d’économies d’énergie (CEE) sont financés à hauteur de 5 à 6 milliards d’euros par an depuis 2019. Ils sont très critiqués par plusieurs rapports récents. Ce qui n’empêche pas les pouvoirs publics d’adorer un dispositif pervers et inefficace, car il fait payer aux fournisseurs d’énergie et donc directement au consommateur la politique énergétique du gouvernement.

Ainsi, le montant des CEE pourrait tripler dans les prochaines années. On parle d’une quinzaine de milliards d’euros… Une paille !

Créé en 2005, ce dispositif fonctionne de la façon suivante. Il contraint les grands fournisseurs d’énergie à financer des actions d’économies d’énergie, afin d’atteindre un objectif pluriannuel au prorata de leurs ventes.

S’ils n’atteignent pas leurs objectifs, ils doivent payer une très forte amende en fin de période (environ trois fois le prix des CEE manquants).

TotalEnergies, Engie, EDF et les autres fournisseurs peuvent évidemment répercuter le coût des CEE sur les factures énergétiques des ménages et des entreprises. Donc, ils remplissent coûte que coûte leurs obligations en finançant des économies d’énergie… à l’efficacité parfois très douteuse.

Le consommateur dindon de la farce

Tout le monde est content, sauf le consommateur et son pouvoir d’achat. L’État lance de grands programmes d’économies d’énergie et de décarbonation qu’il ne finance pas. Et les fournisseurs d’énergie répercutent intégralement le surcoût. Un dispositif caractéristique de la technocratie française qui est à la fois complexe, coûteux et d’une efficacité contestable et difficile à mesurer. Il est piloté par la trop fameuse direction de l’énergie et du climat (DGEC).

Les CEE sont formulés en économie d’énergie finale théorique cumulée sur la durée de vie d’une action. Ces économies sont calculées en MWh cumulés ou MWhc. Ce qui représente, par exemple, 140 MWh cumulés sur trente ans pour l’isolation de 100 m2 …

 

 

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Une réponse

  1. Nos politiques, surtout ceux de gauche, n’ont que deux mots dans la bouche : Impôts et Taxes. Jamais ils nous parlent de baisser les dépenses. Pourtant il y a des gisements énormes pour réduire le budget de la France et commencer à rembourser la dette. Mais ce « cochon » de citoyen doit être tondu jusqu’au dernier poil !

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