La Commission européenne n’a pas vraiment le choix. Elle est contrainte de détricoter, sans l’avouer, morceau par morceau son Nouveau Pacte Vert de 2021, qui a des conséquences économiques catastrophiques. C’est notamment le cas avec l’échéance de 2035 sur la fin de la commercialisation des voitures neuves à motorisation thermique. L’industrie automobile européenne est incapable de s’y adapter et d’être compétitive face au rouleur compresseur technologique et économique de ses concurrents chinois. Le 10 décembre, la Commission va annoncer des mesures de soutien à l’automobile et tenter de ne pas perdre la face…
Le suspense est insoutenable… La Commission européenne va-t-elle finir par céder et repousser l’échéance de 2035 pour interdire toute commercialisation dans l’Union de véhicules neufs à moteur thermique. En fait, de suspense il n’y en a pas. Les déclarations la semaine dernière de Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission, ne laissent pas place à beaucoup de doutes.
« L’Europe est prête à activer tous les leviers pour faire réussir l’industrie automobile européenne »,
a-t-il déclaré lors d’un sommet du secteur automobile en Allemagne, à Stuttgart, où se trouvent les sièges de Daimler-Benz et Porsche. Il a ajouté souhaiter
« adapter la chemin vers la transition énergétique en accordant des flexibilités… Vu le contexte international, un certain nombre de technologies pourraient être autorisées après 2035 » afin de donner « une perspective claire pour les consommateurs qui attendent le changement de véhicules sur certains segments ».
La Commission va reculer parce que l’Allemagne ne veut plus de la date butoir de 2035 pour sauver son industrie automobile. Et l’Allemagne oriente de fait depuis des années la politique énergétique européenne.
Alors bien sûr, la France s’y oppose. Elle n’a plus grand-chose à perdre puisqu’elle a déjà sacrifié son industrie automobile. Paris cherche tout au plus à avoir un élément de négociation pour obtenir plus de facilités pour financer la relance du nucléaire et surtout obtenir un peu plus d’indulgence sur la gestion calamiteuse de ses finances publiques.
Une unanimité irresponsable
Luc Chatel, Président de la Plateforme automobile, rappelait publiquement il y a quelques jours ce que l’abandon de l’industrie automobile a déjà coûté à la France.
Le marché français des véhicules neufs s’est atrophié de 28% en cinq ans et la production en France de véhicules a chuté d’un million d’unités en une décennie. Les conséquences sociales sont dramatiques. La filière a perdu 40.000 emplois, et 75.000 postes sur les 350.000 que compte encore le secteur sont menacés d’ici à 2035. Une étude de Roland Berger souligne que 40% des fournisseurs sont en danger et 100% jugés à risque.
« Nous avons le sentiment que le sol se dérobe sous nos pieds. Personne n’est …