La complexité n’est pas une stratégie

La technocratie a inventé une arme imparable pour imposer son pouvoir et étouffer toute contestation, la complexité gratuite et inutile. Elle est omniprésente dans les stratégies de transition énergétique. Elle rend impossible et souvent incompréhensibles les objectifs à atteindre et fait totalement perdre de vue les ambitions initiales. Par Éric Leser. Article paru dans le numéro 27 du magazine Transitions & Energies.

L’un des principaux problèmes avec la transition énergétique tient à la façon dont elle est souvent présentée et orchestrée par les gouvernements, les institutions et les organisations politiques et militantes.

Cela revient à additionner les contraintes, les procédures, les réglementations, les coûts de façon souvent chaotique et incohérente et à y ajouter en plus une dimension morale et stigmatisante.

On cache souvent le manque de vision, de stratégie claire, l’incompétence et l’impuissance derrière la complexité. L’esprit technocratique se complaît dans cette complexité. Et dans le domaine de la transition énergétique, la technocratie dicte les règles… avec le succès que l’on connaît. Les exemples pullulent.

Il en va ainsi du trop fameux nouveau Pacte vert édicté en 2021 par la Commission européenne et qui faisait alors la fierté de la présidente de ladite Commission, Ursula von der Leyen. C’est un délire technocratique.

Douze textes représentant des milliers de pages de nouvelles normes qui concernent presque tous les secteurs économiques.

À tel point que la Cour des comptes européenne, qu’on ne peut soupçonner d’être un opposant systématique aux institutions européennes, multiplie les rapports qui sont de véritables réquisitoires contre ce nouveau Pacte vert.

Non seulement les objectifs fixés sont inatteignables mais cette monstruosité bureaucratique est devenue un danger pour l’économie et la prospérité de l’Union européenne et de ses citoyens.

Les errements incessants en France de la rénovation énergétique des logements

Dans les rapports de la Cour des comptes européenne, tout y passe. Aucune des ambitions que ce soit dans le domainedes véhicules électriques et des batteries, des biocarburants, des énergies marines renouvelables, du gaz et de l’hydrogène vert ne sont en passe d’être atteintes ni même approchées. Dans chaque domaine, la Cour souligne que l’impulsion tarde à venir, la bureaucratie et les réglementations sont étouffantes, les projets trop peu nombreux et longs à se déployer, leur rentabilité incertaine et les investissements réalisés par trop peu de pays.

Plus proche de nous, en France, on ne peut que s’affliger des errements incessants depuis des années de la rénovation énergétique des logements et des dispositifs qui l’accompagnent (DPE, MaPrimRénov’), modifiés et amendés en permanence et toujours plus complexes et inefficaces, sans parler de la fraude. De quoi décourager toutes les bonnes intentions et les bonnes volontés.

Sans parler de l’envolée des coûts de l’énergie et plus particulièrement de l’électricité du fait de politiques énergétiques inconséquentes, irresponsables, dictées par des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général et les tentatives maladroites pour tenter d’en nier les conséquences ou de les masquer. Les factures d’électricité des particuliers et des petites entreprises ne cessent d’augmenter et d’être modifiées. Et tout cela sans mesurer que l’électrification des usages – la clé de voûte de la transition et de la décarbonation – n’a aucune chance de se faire si les …

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