L’anti-modèle allemand

Même le chancelier allemand Friedrich Merz a fini par l’admettre publiquement cette semaine. Abandonner l’énergie nucléaire a été « une grave erreur stratégique ». L’Allemagne a ainsi réussi l’an dernier le tour de force de voir ses émissions de CO2 par KWh d’électricité produit augmenter… Certes, cette augmentation est symbolique, de seulement un gramme en passant de 334 grammes par KWh en 2024 à 335 grammes en 2025. Mais elle a eu lieu en dépit du fait que 58,5% de la production d’électricité du pays a été faite par des renouvelables dont 47,2% par des renouvelables intermittents éoliens et solaires. Mais quand il n’y a pas de vent et de soleil, il faut bien produire de l’électricité… Et l’Allemagne le fait avec des centrales thermiques. Et en plus, son électricité renouvelable et thermique est la plus chère d’Europe. Par comparaison, la France en est à 32 grammes de CO2 par KWh produit. Son électricité est décarbonée à 95% et est l’une des moins chères d’Europe. Mais la politique énergétique allemande du tout renouvelables reste le modèle de la Commission européenne et des écologistes… Comprenne qui pourra.

Le chancelier allemand Friedrich Merz l’a admis publiquement le 14 janvier. Un coup de tonnerre dans le ciel énergétique outre-Rhin. Abandonner l’énergie nucléaire a été « une grave erreur stratégique » et l’Allemagne mène la transition énergétique la plus coûteuse au monde qui appauvrit sa population et lamine son industrie. « Il y a au moins trois ans, nous aurions dû laisser les dernières centrales nucléaires allemandes en service afin de conserver au moins les capacités de production d’électricité dont nous disposions à l’époque. Nous avons hérité d’une situation que nous devons maintenant corriger. Nous n’avons tout simplement pas assez de capacités de production d’énergie. Je ne connais pas un autre pays qui ait fait des choses plus coûteuses et plus compliquées que l’Allemagne », a ajouté Friedrich Merz.

La meilleure démonstration de l’impasse dans laquelle se trouve l’Allemagne, après avoir investi en deux décennies plus de 600 milliards d’euros dans sa révolution énergétique (Energiewende) et avoir tout misé sur les renouvelables intermittents, a été donnée il y a quelques jours par Eric Van Vaerenbergh, le Directeur général de Atenas Belgium. Il explique la contradiction insurmontable entre le fait d’avoir toujours plus de capacités de production électrique photovoltaïque et éolienne (ENRi) et dans les faits une production d’électricité décarbonée qui plafonne.

L’Allemagne a même enregistré une augmentation (symbolique) d’un gramme par KWh de ses émissions de carbone résultant de la production d’électricité entre 2024 et 2025 tout en ayant 58,5% de sa production qui provient des renouvelables, dont 47,2% pour les intermittents éoliens et solaires. Ces émissions sont passées de 334 grammes par KWh en 2024 à 335 grammes en 2025. Par comparaison, la France, dont la politique énergétique est tellement décriée par l’écologie politique qui prend en exemple l’Allemagne et prône des investissements massifs dans les ENRi, en est à 32 grammes de CO2 par KWh produit. Son électricité est décarbonée à 95% et est l’une des moins chères d’Europe. La France émet dix fois moins de carbone par kilowatt heure produit que l’Allemagne ! Et elle produit cette électricité décarbonée en surabondance sans devoir recourir aux centrales thermiques ou dépendre de ses voisins quand il n’y a pas de vent et de soleil.

Admettre la réalité

Mais l’opposition à l’énergie nucléaire est tellement constitutive de l’idéologie écologiste, en Allemagne comme en France, qu’admettre cette réalité est psychologiquement impossible pour les Verts. Autre illustration de l’impasse allemande, ce pays a été importateur net d’électricité en 2025 pour la troisième année consécutive, avec un solde import/export de 19TWh, ce qui est équivalent à la production de 3 réacteurs nucléaires de type Fessenheim…

 

 

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