Le mea culpa d’Ursula

(Par Patricia de Sagazan dans L’Oeil de VA du 20/3/26)

Ceux qui étaient présents lors du sommet sur l’énergie nucléaire à Paris le 11 mars dernier – jour anniversaire du Tsunami de Fukushima – ont bien failli s’étouffer en écoutant le discours d’Ursula Von der Leyen. Avec une tranquillité déconcertante, son regard bleu acier ne cillant d’un battement malgré l’énormité des propos, la présidente de la Commission européenne a ainsi reconnu que le renoncement au nucléaire ces trente dernières années avait été,

« avec le recul,  une erreur stratégique pour l’Europe de tourner le dos à une source d’énergie fiable, abordable, à faibles émissions ».

Face à la guerre au Moyen-Orient et l’explosion des prix du pétrole et du gaz renchérissant à termes celui de l’électricité, une nouvelle vague inflationniste s’apprête à déferler sur l’Europe rappelant, telle la réplique de l’onde sismique, que ce fut celle de Fukushima qui scella définitivement le sort de l’atome en Europe. 

Les propos d’Ursula Von der Leyen font écho à l’histoire même de la construction européenne et de la quête fondamentale de sa souveraineté énergétique pour contrer les soubresauts géopolitiques : le traité Euratom en 1957 répondant à la crise du canal de Suez ; le plan Messmer au premier choc pétrolier de 1973.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : le mea culpa d’Ursula n’est que façade, la présidente de la commission européenne s’obstinant dans l’erreur en préconisant un mix énergétique faisant la part belle aux énergies renouvelables intermittentes… celles-là même que la Cour des comptes a pointé hier du doigt dans un rapport comme responsable, par les subventions qu’elles engrangent, de plomber le budget de l’état (7,4 milliards d’euros pour la seule année 2025). 

Et cela sans compter les coûts de raccordement de ces énergies au réseau, qui eux font flamber nos factures d’électricité via le Turpe. Un troisième rapport donc (EDF, Levy-Tuot) publié malheureusement après la promulgation précipitée de la PPE3.

Tous les articles que nous publions ne sont pas libres de droits ; merci de nous contacter avant éventuellement de les republier.

2 réponses

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés ; restez courtois.

(Possibilité de combiner plusieurs termes)

Derniers commentaires :

Recevoir la Newsletter hebdomadaire