Pour John Kerry, l’Europe s’enfonce dans la crise énergétique en se voilant la face

Ancien secrétaire d’État américain et ancien candidat démocrate à la Maison Blanche, John Kerry dit tout haut ce que les institutions européennes et la plupart des gouvernements européens ne veulent surtout pas reconnaître.
Au cours des quatre dernières années, l’augmentation des prix de l’ énergie liée aux deux conflits en cours en Ukraine et en Iran a fait plus de dégâts économiques et  politiques en Europe que toutes les menaces militaires.
En face, aucune stratégie pour reconstruire une souveraineté énergétique n’a été mise en œuvre. L’Europe s’est contentée d’importer en catastrophe du GNL (Gaz naturel liquéfié) et de se répandre en incantations sur la nécessité d’électrifier les économies.
Cet aveuglement fait que les stocks de gaz en Europe sont aujourd’hui à des niveaux historiquement très faibles pour cette période de l’année et les importations de GNL arrivent au compte-gouttes, sans aucune perspective d’augmentation prochaine en vue. Il va encore falloir compter sur la chance et un hiver pas trop long et pas trop froid. Un jour la chance finira par manquer…

Ne pas pleinement reconnaître l’insécurité énergétique dans laquelle se trouve l’Europe aujourd’hui est un vrai problème de sécurité nationale et de souveraineté. Qui le dit ? Pas un  politique européen ultranationaliste, mais John Kerry, ancien secrétaire d’État américain et ancien candidat démocrate à la Maison Blanche. 

Dans une récente tribune publiée par le média indépendant Semafor titrée « Energy is the exposed flank in Europe’s rearmament » (L’énergie est le flanc exposé du réarmement de l’Europe), John Kerry affirme que l’insécurité énergétique représente aujourd’hui pour l’Europe un danger plus grand que n’importe quelle menace militaire. Et ne pas vouloir la reconnaître et l’admettre, comme le font les institutions européennes et la plupart des gouvernements, pourrait constituer une faille fatale au réarmement européen.

La politique de l’autruche

Le sommet de l’OTAN qui s’est tenu le mois dernier à Ankara, en Turquie, a été l’occasion d’une touchante unanimité et d’une volonté affichée de cohésion et de coopération dans un contexte marqué par les conflits en Ukraine et en Iran. Mais il n’a presque pas été fait mention des crises énergétiques majeures engendrées par ces deux conflits et de leur impact considérable sur la sécurité d’approvisionnement énergétique de l’Europe et donc sur sa capacité à se défendre.

Les membres de l’OTAN ont promis des milliards en dépenses de défense et élaboré des plans détaillés pour renforcer la puissance militaire de l’Alliance, mais la déclaration finale du sommet ne contient qu’une seule vague référence à la sécurité énergétique des pays de l’organisation.

650 milliards d’euros pour tenter de protéger les ménages et les entreprises

« Au cours des quatre dernières années, le prix de l’énergie a causé plus de dégâts à l’Europe que n’importe quelle arme cinétique », écrit John Kerry.

« Il a entraîné la fermeture d’usines au cœur du bassin industriel allemand. Il a alimenté une inflation qui a fini par faire tomber des gouvernements. Il a contraint les contribuables européens à débourser environ 650 milliards d’euros pour protéger les ménages et les entreprises face à la crise du coût de la vie. »

En fait, l’Europe a traversé trois crises énergétiques au cours des quatre dernières années : l’invasion …

Article réservé aux abonnés
Pour poursuivre la lecture
Abonnez-vous dès maintenant à Transitions Énergies et soutenez un journalisme indépendant.
Abonnement à 35€/ an
Déjà abonné ? Se connecter

Tous les articles que nous publions ne sont pas libres de droits ; merci de nous contacter avant éventuellement de les republier.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés ; restez courtois.

(Possibilité de combiner plusieurs termes)

Derniers commentaires :

Recevoir la Newsletter hebdomadaire