(Par Élodie Messéant dans Contrepoints du 18/9/26)
Déplacements à Londres, à Singapour, au Chili… L’ancienne maire socialiste de Paris semble mener sa meilleure vie. Après une candidature infructueuse au poste de haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Anne Hidalgo est, depuis mai et à plein temps, Ambassadrice mondiale de la Convention mondiale des maires pour le Climat et l’Énergie (GCOM).
Cette organisation, dont le siège est à Bruxelles, naît en 2016 de la fusion entre la Convention des maires européenne et le Compact of Mayors de Bloomberg, est une initiative de la Commission européenne et co-financée par celle-ci.
C’est donc bien le contribuable européen qui finance, du moins en partie, ses déplacements. En partie, car personne ne peut vérifier l’origine des financements : la GCoM ne publie pas de rapports financiers – son rapport annuel est un document de communication sur l’action des villes uniquement.
On peut se demander comment Anne Hidalgo a atterri comme ambassadrice d’une alliance de gouvernements locaux engagés sur les questions environnementales. Certes, Paris est devenue un paradis pour les cyclistes, mais aussi un laboratoire de politiques écologiques.
Mme Hidalgo a-t-elle au moins investi dans les technologies nécessaires pour se protéger des épisodes de fortes chaleurs ? Ventilateurs dans les crèches et les écoles, salles « rafraîchies » pour les personnes âgées, ouverture de parc 24h/24h… Voilà ce qu’elle proposait, à l’été 2019, pour se protéger des 40° attendus fin juillet, au lieu d’investir dans des solutions efficaces comme la climatisation. Ce manque d’anticipation est aujourd’hui payé par son successeur : en juin dernier, Emmanuel Grégoire a ainsi annoncé, en panique, une commande de plus de 1 200 climatiseurs pour les écoles.
Quid de sa gestion financière ? La dette de la ville est passée de 4,2 milliards d’euros en 2014, lors de son arrivée à la mairie, à plus de 10 milliards en 2026. Ce qui n’a pas empêché Anne Hidalgo de profiter grassement de ses notes de frais, elle qui a été épinglée pour des dizaines de milliers d’euros dépensés dans des vêtements de luxe entre 2020 et 2024. Sans oublier plus de 120 000 euros dans des déplacements à l’étranger.
Alors, peut-on parler de modèle pour le monde entier, comme elle l’a prétendu à l’occasion de ses derniers vœux comme maire de la capitale ? Rien n’est moins sûr.
Ce qui est certain, en revanche, c’est que sa gestion financière catastrophique ne l’a pas empêché de trouver un poste bien agréable, comme Ségolène Royal, avant elle, lorsqu’elle fut nommée ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique.
On retrouve ici une curieuse tradition française : lorsqu’un responsable politique quitte ses fonctions, il ne quitte pas nécessairement le système. Il peut devenir ambassadeur, représentant, conseiller ou membre d’une organisation internationale et continuer à parcourir le monde au nom d’une cause généreuse.
Pour Anne Hidalgo, ce sera donc le climat. Après avoir transformé Paris en vitrine de la transition écologique, elle pourra désormais expliquer au reste du monde comment faire de même. Espérons simplement que les autres villes n’importeront pas aussi rapidement la facture.
Une réponse
« Ce qui est certain, en revanche, c’est que sa gestion financière catastrophique ne l’a pas empêché de trouver un poste bien agréable, comme Ségolène Royal, avant elle, lorsqu’elle fut nommée ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique. »
On ne peut que constater que HIDALGO a bien mieux réussi sa « transition » que Ségolène dont l’action se limitait à la surveillance des pôles au niveau international!
» Ambassadrice mondiale de la Convention mondiale des maires pour le Climat et l’Énergie (GCOM). »
Mondiale deux fois, ça en jette un peu!!