Partenariat EDF-BYD : le gouvernement veut mettre fin aux subventions sur les voitures électriques chinoises

Cette remise atteint 365 euros pour les particuliers et 555 euros pour les professionnels. Elle s’applique à plusieurs modèles électriques de la marque BYD, notamment les Dolphin Surf, Atto 2, Atto 3 Evo et Sealion 7. Selon les informations récentes des Échos, le gouvernement a demandé à EDF de ne pas poursuivre cet accord au-delà de la fin de l’année.

Une aide CEE intégrée aux offres BYD

Le mécanisme ne correspond pas à une subvention automobile classique versée directement par l’État. Il repose sur les CEE, un dispositif qui impose aux fournisseurs d’énergie de soutenir des opérations contribuant aux économies d’énergie. Depuis 2025, ce cadre peut notamment bénéficier au renouvellement du parc automobile vers l’électrique.

BYD a intégré cette prime dans ses offres de financement de rentrée sur le marché français. Pour les particuliers, les 365 euros sont déduits de l’apport ou du prix affiché selon les formules proposées. Pour les entreprises, l’avantage annoncé atteint 555 euros. Le constructeur présente l’opération comme un levier destiné à faciliter l’accès à ses véhicules électrifiés.

EDF, de son côté, fait valoir que l’attribution des CEE s’inscrit dans un cadre réglementé et que le mécanisme ne sélectionne pas une marque selon son origine. Une porte-parole du groupe a déclaré : « EDF répond systématiquement aux consultations qui lui sont adressées pour la production de CEE. C’est dans ce cadre qu’EDF a répondu à la sollicitation de BYD en décembre 2025. », selon Les Numériques.

L’exécutif met en avant l’industrie européenne

Le partenariat a cependant suscité des réserves au sein de l’exécutif et chez plusieurs responsables politiques. Le point sensible tient au fait qu’EDF est une entreprise publique, alors que BYD est un concurrent chinois de constructeurs européens tels que Renault et Stellantis, dans un marché de la voiture électrique particulièrement disputé.

Le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a demandé que le dispositif ne soit pas reconduit. Sa position repose sur une priorité industrielle : « l’argent public des Européens doit d’abord soutenir notre base industrielle et nos emplois », a-t-il rappelé, selon Les Échos.

Cette intervention ne remet pas en cause l’existence générale des CEE ni l’objectif d’électrification du parc automobile. Elle souligne plutôt la difficulté de concilier, d’un côté, l’accès des consommateurs à des véhicules électriques plus abordables et, de l’autre, le soutien aux capacités de production et à l’emploi en Europe.

Un arbitrage entre transition et souveraineté

La réduction accordée sur les modèles BYD reste limitée à quelques centaines d’euros, loin des aides les plus élevées qui peuvent être associées à certains véhicules répondant à des critères environnementaux précis. Mais le symbole est important : l’aide est relayée par une entreprise appartenant entièrement à l’État français.

Pour les défenseurs de l’accord, le dispositif contribue à réduire le coût d’entrée dans la mobilité électrique, quel que soit le constructeur retenu, et respecte les règles applicables aux CEE. Pour ses détracteurs, il brouille le message de politique industrielle alors que les fabricants européens investissent dans leurs propres gammes électriques.

L’échéance de fin d’année devrait donc constituer un test pour EDF et BYD. L’enjeu ne se limite pas à une remise de 365 ou 555 euros : il porte sur le rôle que l’État entend donner à ses entreprises publiques dans la transition énergétique et dans la compétition automobile européenne.

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