COP26 : et si on en restait là ?

(Article initialement paru dans Valeurs Actuelles du 17/11/21)

Malgré 26 éditions et autant de matraquages médiatiques, les émissions de CO2 n’ont jamais cessé d’augmenter. La raison est simple : l’énergie, c’est la vie. Les pays qui veulent prendre soin de leurs populations ne peuvent tout simplement pas se payer le luxe d’y renoncer. 

La pantalonnade de la COP26 est enfin terminée. Il n’y a que les activistes et les naïfs pour avoir cru que le festival déboucherait sur des résultats concrets. Ce ne sera pas le cas. Depuis le Sommet de la Terre (juin 1992, à Rio), on entend inlassablement les mêmes litanies avec les mêmes annonces catastrophistes, les mêmes exagérations, les ours blancs, les tempêtes, etc.

Seules 2 COPs – sur 26 – se sont terminées par des mesures concrètes, lesquelles ne donnèrent d’ailleurs aucuns résultats tangibles. En 1997, la COP3 approuva le protocole de Kyoto qui visait une réduction des émissions de CO2 de 8 % par rapport à 1990. La seconde fut la COP21, à Paris en 2015, lorsque Laurent Fabius, ému aux larmes, laissa croire qu’il venait de sauver la planète. Ce succès (diplomatique) pour la France ne prévoyait pas d’objectif d’émissions contraignant, chacun choisissant le sien, avec même une année de référence de son choix. Le négociateur américain, John Kerry (il était encore à Glasgow) était même fier d’avoir remplacé les obligations (shall) par des recommandations (should), car personne ne voulait se saborder en s’imposant des réductions d’émissions aussi coûteuses qu’inutiles. On appréciera l’ambition…

Au moins était-ce réaliste ! En effet, depuis 1992, les émissions de CO2 ont augmenté de 58 %. Paradoxe, les USA qui n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto et sont sortis de l’Accord de Paris pendant quatre ans, ont baissé sensiblement leurs émissions, privant les activistes du plaisir de pointer du doigt les vilains capitalistes américains. Cette baisse s’explique par une raison toute simple, mais qui est la hantise des écologistes (et des politiques français) : le gaz de schiste ! Grâce à son développement extraordinaire, ce gaz est devenu si bon marché qu’il remplace le charbon dans les centrales électriques américaines.

Notons qu’avant la pandémie, la France, si fière d’avoir, avec Sarkozy, Hollande et Macron, écarté l’exploration du gaz de schiste, était le principal pays importateur de cette « vilaine » ressource américaine. Pour le reste du monde, l’électrification en cours des pays asiatiques et africains est telle que la demande en énergies fossiles va nécessairement exploser, augmentant probablement les émissions de CO2 de plus de 2 % par an.

Et pourquoi en serait-il autrement ? Toutes les promesses visant au but contraire ne pèsent rien, ce sont des paroles en l’air. Sans énergie il n’y a ni vie, ni travail, ni économie, ni développement durable. Lorsqu’on est pauvre, lorsqu’on a faim, on se fiche éperdument de la température qu’il fera en 2100, surtout si elle est calculée par des ordinateurs.

Le mythe de la transition énergétique repose sur une erreur fondamentale. Elle n’a pas été créée pour répondre au changement climatique, mais en réaction à la crise pétrolière de 1973. Après près d’un demi-siècle ans de promotion frénétique des énergies nouvelles – et plus de mille milliards d’euros dépensés depuis 2000 – celles-ci ne représentent que 2,9 % du bilan énergétique de l’Union européenne.

Mais tout ceci était tellement prévisible ! Dans un numéro de février 1981 consacré aux solutions pour sortir de la crise énergétique, le National Geographic présentait déjà tout ce qu’on veut faire passer pour nouveau aujourd’hui. On y trouve cette phrase, formidablement éloquente : « Les Américains aiment penser que la technologie résoudra tous les problèmes rapidement si on travaille suffisamment dur et si on injecte suffisamment d’argent. Après tout, on a bien envoyé des gens sur la lune, n’est-ce pas ? Mais dans le cas de l’énergie, cette croyance reste un vœu pieux et indique une incompréhension des limites de la technologie parce que nous avons affaire à un problème complexe à gérer. » Le magazine rappelle que le président des Etats-Unis avait, en 1973, promis que le projet Independence aboutirait à l’indépendance énergétique en 1980.

L’Union européenne et son « pacte vert pour 2050 » a la même vision utopique pour 2050. Or il faut toujours se méfier des utopies. La lutte contre le changement climatique d’origine anthropique aboutira à terme à contrôler la vie des gens, raison pour laquelle, soulignons-le, certains tentent depuis des années – et encore à Glasgow – de supprimer l’argent liquide afin de mieux mesurer l’impact carbone personnel. Le climatologue Richard Lindzen nous avait prévenus : « si vous contrôlez le carbone, vous contrôlez la vie ». On voit bien où est l’idéologie là-dedans, on voit moins où est la science.

Il reste un espoir. En réalisant que les énergies alternatives ne pourront pas remplacer les énergies fossiles, le président Macron suit l’exemple de la Chine et relance le nucléaire, mettant de facto fin à l’utopie des renouvelables. Il met ainsi les écologistes radicaux face à un dilemme : s’accrocher au changement climatique d’origine humaine et être forcé de se convertir, un jour ou l’autre, au nucléaire, ou continuer à haïr celui-ci et devoir concéder que oui, peut-être, c’est la nature, le soleil, les nuages, et non l’homme, qui pilote le climat. Chaque option leur sera un déchirement – mais l’humanité s’en portera mieux.

Les problèmes d’aujourd’hui doivent être traités avec les solutions d’aujourd’hui qui ont été conçues par les ingénieurs ; les problèmes de demain seront résolus avec les solutions de demain qui seront également conçues par les ingénieurs. 

Samuel Furfari est professeur de géopolitique de l’énergie. Son dernier livre est “Écologisme. Assaut contre la société occidentale”  aux éditions VA

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