Automobile : Europe, le nouveau Cuba

Le Parlement et le Conseil européens ont entériné la décision de ne plus autoriser que la vente de voitures et de camionnettes neuves électriques à partir de 2035.

Une décision irréfléchie et irréaliste dont les conséquences pour les populations, les modes de vie, l’industrie, l’économie et même les émissions de gaz à effet de serre sont très mal mesurées.

L’Europe va ainsi devenir le seul continent dont les rues seront, comme celles de La Havane à Cuba, remplies de voitures anciennes rafistolées car les voitures neuves ne seront pas disponibles en quantités suffisantes ou pas abordables…

La législation européenne, issue d’un accord conclu entre les députés et le Conseil, a le mérite d’être claire. Les automobiles et les camionnettes neuves vendues dans l’Union Européenne ne devront plus émettre de CO2 d’ici à 2035. Cela signifie la fin dans un peu plus de 12 ans de la commercialisation des véhicules neufs comprenant un moteur thermique y compris les hybrides électriques. Les véhicules électriques à batteries seront les seuls sur le marché.

Les institutions européennes imposent aux constructeurs et aux consommateurs une technologie. Mais il n’est pas sûr du tout qu’elles aient bien mesuré les conséquences de la décision qu’elles viennent de prendre pour les populations, les modes de vie, l’industrie, l’économie et même les émissions de gaz à effet de serre.

Il est impossible aujourd’hui de produire en Europe une voiture électrique coûtant moins de 25.000 euros à l’acheteur. Et à ce prix, le constructeur a en plus toutes les chances de perdre de l’argent. Un problème social et politique considérable si on le met en perspective avec par exemple la multiplication à venir en France des ZFE (Zones à faibles émissions) qui excluent des grandes agglomérations les véhicules anciens. 

En face, le gouvernement français, comme à son habitude, se paye de mots. Le projet de leasing à 100 euros par mois du candidat Emmanuel Macron est renvoyé, au mieux, à 2024 et la voiture électrique la moins chère du marché, la Dacia Spring, est fabriquée en Chine.

«L’effet La Havane»

Même au sein du Parlement européen, les voix nombreuses dénoncent une décision irréfléchie et irréaliste. Du côté du PPE (le groupe des démocrates-chrétiens), le rapporteur fictif CDU, Jens Gieseke, a ironisé sur «l’effet La Havane» de la législation.

«Après 2035, nos rues pourraient devenir pleines de voitures anciennes, car les voitures neuves ne seront pas disponibles ou ne seront pas abordables. L’accord d’aujourd’hui a fermé la porte aux nouveaux développements technologiques et a mis tous les œufs dans le même panier. C’est une erreur», dénonce-t-il.

Le PPE militait pour que soit préservée une filière de moteur thermique en Europe, pour perfectionner la recherche sur des moteurs à très faibles émissions et pour soutenir la compétitivité de l’industrie européenne sur les nombreux marchés dans le monde qui ne sont pas prêts de basculer dans l’électrique. Cette démarche avait d’ailleurs des soutiens au sein de la Commission, dont celui de Thierry Breton le commissaire français responsable du marché intérieur.

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