Pipeline d’hydrogène Espagne-France : pourquoi faire simple et bon marché quand on peut faire compliqué et cher ?

Ainsi donc, le Président Macron, qui n’en est pas à une incompétence énergétique près, a donné son feu vert pour la construction d’un pipeline d’hydrogène, “vert” bien entendu, c’est-à-dire produit à partir d’électricité, par électrolyse.

Le projet de pipeline d’hydrogène entre Barcelone et Marseille, baptisé H2Med, devra être “parachevé d’ici 2030“, a annoncé ce vendredi à Alicante le président français.

Faisons un rapide calcul : 

On peut supposer qu’in fine, cet Hydrogène, produit à partir d’électricité, servira à refabriquer de l’électricité, qu’il s’agisse d’alimenter le réseau ou des moteurs électriques de voitures (sinon, pour quoi faire ?). Or le cycle Electricité > Hydrogène > Electricité a un rendement de l’ordre de 25%.

On peut se demander s’il ne vaudrait pas mieux transporter directement l’électricité de départ par des lignes haute-tension : on aurait sans doute un meilleur rendement pour beaucoup moins cher.

Mais ce n’est pas tout : en plus, pour être qualifié de “vert”, cet hydrogène sera produit par électrolyse utilisant de l’électricité éolienne (ou peut-être photovoltaïque) : on est dans 1984 de Georges Orwell : une énergie “verte” est une énergie sans CO2, donc non contributive au verdissement (car pour mémoire, la végétation a besoin de CO2).

Or cette électricité “verte” a elle-même un rendement de production statistique de l’ordre de 25%, compte tenu de son intermittence.

Autrement dit, le rendement global du cycle sera de 25% de 25%, soit 4%, entre la puissance intermittente installée en Espagne et l’énergie électrique fournie à l’utilisation en France.

Il est vrai que calculer des pourcentages de pourcentages, ça devient compliqué pour nos élites qui en sont restées à un niveau CP en Maths.

… Au fait, on pourrait aussi redémarrer Fessenheim, capable de fournir 90% de sa puissance installée : pour faire de l’électricité finale, c’est peut-être plus simple (ou trop simple) ? Non ?

Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué … et cher ?

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2 réponses

  1. Derrière ce projet il y a peut-être l’idée d’utiliser l’hydrogène comme moyen de transport.
    La production de l’hydrogène se fait avec un rendement ridiculement faible sur le plan physique. Il faut combiner les rendements de production d’électricité et les très faibles rendements de conversion vers l’hydrogène (électrolyse). C’est le type même de fausse bonne idée, à laquelle se raccrochent évidemment les incompétents et les perroquets.
    Qui plus est, la manipulation de l’hydrogène est délicate. Les fuites sont faciles, l’explosion peut se produire à partir de 4 % dans l’air. Si ces risques sont maîtrisables dans les usines de production, il conviendrait d’y regarder à deux fois pour ce qui concerne la distribution et les transports, terrestres et aériens.

    L’article évoque aussi le redémarrage de Fessenheim.
    On peut en effet redémarrer les deux tranches 900 de Fessenheim qui avait été remise à niveau avec les mesures post-Fukushima. Ce ne sera pas suffisant en terme de consommation nationale, mais le délai est seulement de deux ans, par ailleurs cohérent avec les procédures de redémarrage générales techniques et administratives. Son démantèlement n’ a pas réellement commencé, seules des pièces détachées ont été prélevées. Relancer les sous-traitants pour reconstruire les pièces manquantes leur permettra de remettre le pied à l’étrier pour la suite du programme.
    Mais nos gouvernants incompétents auront-ils le courage de se dédire? Ce problème est malheureusement plus difficilement soluble que les questions techniques…

  2. Un de mes amis m’a dit que cet hydrogène avait sans doute une autre destination qu’une reconversion en électricité, à savoir chimique.
    Même si c’est le cas, il serait plus facile d’amener l’électricité pour faire la production d’hydrogène en France, plutôt qu’électrolyser en Espagne et de véhiculer l’hydrogène.
    Là encore, pourquoi faire simple …

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