Publiée avec plus d’un an de retard, la version finalisée du nouveau plan national d’adaptation au changement climatique, le PNACC 3, a été présentée ce lundi 10 mars. Il vise à s’adapter à un monde à +4°C.
Après une mise en consultation auprès des différentes parties prenantes, la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a dévoilé ce lundi 10 mars la « version finalisée » du PNAAC 3, le plan national d’adaptation au changement climatique. Il comprend 52 mesures pour préparer la France à un réchauffement pouvant atteindre 4°C.
« Si la France ne s’adapte pas au dérèglement climatique, les conséquences seront sévères. Le coût des sinistres climatiques pourrait doubler au cours des trente prochaines années, atteignant 143 milliards d’euros cumulés sur la période 2020-2050« , explique la ministre en préambule. « La France perdrait jusqu’à 10% de son PIB d’ici les cinquante prochaines années si la température mondiale augmentait de 2°C. Et le surcoût des assurances lié au changement climatique pourrait atteindre 35% d’ici 2050″, ajoute-t-elle.
Plans d’adaptation volontaires
Parmi la cinquantaine de mesures figure le renforcement du fonds Barnier, créé en 1995 pour aider les collectivités, petites entreprises et particuliers à financer les travaux nécessaires pour réduire leur vulnérabilité aux catastrophes naturelles, pour le porter à 300 millions d’euros. Le plan prévoit aussi différentes études et diagnostics pour mieux adapter les transports et exploitations agricoles, une évolution des règles de rénovation des logements pour mieux prendre en compte le confort d’été dans le diagnostic de performance énergétique ou encore une protection des principaux sites culturels français comme la Tour Eiffel ou le Mont Saint-Michel.
Les entreprises quant à elles sont incitées à mettre en place des plans adaptation. Toutefois, les grandes entreprises du secteur de l’énergie et des transports doivent transmettre leur plan cette année, précise le document. Pour les autres entreprises, une réflexion sur l’introduction progressive d’une obligation de réaliser une étude de vulnérabilité et d’élaborer un plan d’adaptation sera engagée à la lumière des premiers bilans de l’application de la directive CSRD sur le reporting extra-financier. Cette obligation pourrait, dans un premier temps, uniquement s’appliquer aux entreprises demandant certaines aides publiques afin d’orienter ces aides vers des actions résilientes à long terme, en particulier dans le cadre de la réindustrialisation de la France. La protection des travailleurs exposés aux canicules sera aussi renforcée sans toutefois qu’un seuil de température n’ait été défini comme c’est le cas en Grèce, à Chypre ou encore en Espagne.
« Incohérent et inefficace »
Si ce plan présente « un certain nombre de bonnes intentions », il se « heurte au fait qu’on ne sait pas si elles sont financées et comment elles sont pilotées« , a commenté auprès de l’AFP Nicolas Richard, vice-président de France Nature Environnement (FNE). « Il montre la bonne direction mais il lui manque une tête et des jambes », regrette-t-il. « Le gouvernement prévoit de financer le PNACC par des fonds qu’il vient tout juste de supprimer : par le fonds Vert, par exemple, amputé de 1,4 milliard d’euros, soit de 56% de son budget, ou encore par le plan Haies venant de subir une coupe de 59% », pointe Robin Ehl, chargé de campagne et de plaidoyer pour Oxfam France. « C’est non seulement incohérent, mais aussi inefficace, car l’inaction coûtera bien plus cher que l’adaptation et chaque jour de retard pris dans le financement des mesures urgentes fait mathématiquement augmenter la note finale », ajoute-t-il.
Attendu depuis fin 2023, le plan avait été annoncé comme un des axes majeurs de la stratégie du gouvernement Borne pour lutter contre le réchauffement climatique, en complément de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Mais il avait été plusieurs fois repoussé au gré de diverses échéances politiques, jusqu’à la dissolution de l’Assemblée nationale du mois de juin qui l’avait une nouvelle différé. Une consultation publique avait finalement été lancée fin octobre après la présentation du projet, qui se base sur une trajectoire de déclenchement de référence à +2,7°C en 2050 et +4°C en 2100 en France.
Les épisodes caniculaires de 2022 et les inondations à répétition qu’a connues la France en 2024 ont prouvé à chacun la nécessité de s’adapter rapidement. En juin, le Haut conseil pour le climat avait jugé que le pays n’était pas à la hauteur, réclamant un « changement d’échelle dans l’adaptation ». Quelques mois plus tôt, la Cour des comptes avait pressé les pouvoirs publics de « prendre conscience » de l’urgence de s’attaquer à ce chantier, qui exige selon elle un « mur d’investissements ».
3 réponses
52 mesures ! Fichtre ! en voilà de nouvelles occasions d’augmenter encore les impôts et les taxes !
Oui, tous les prétextes sont bons pour nous surtaxer. Ceci étant on parle officiellement moins de lutte et plus d’adaptation, c’est déjà ça de positif. Pour le reste, le surcoût des assurances n’est pas toujours lié aux aléas climatiques, mais bien souvent à une mauvaise gestion locale : cours d’eau non nettoyés, constructions en zones inondables, etc. Le plan devrait laisser une large initiative aux responsables locaux. Quant aux +4°C en 2100, on a encore le temps de voir changer les prévisions, surtout quand on prévoit une activité solaire nulle (en terme de taches solaires) dès la fin du cycle 25 (vers 2032) et pour longtemps, à l’instar du minimum de Maunder. A cet égard l’isolation thermique des logements ne sera peut-être pas inutile…
Publiée avec plus d’un an de retard, la version finalisée du nouveau plan national d’adaptation au changement climatique, le PNACC 3, a été présentée ce lundi 10 mars. Il vise à s’adapter à un monde à +4°C
Voilà typiquement le genre de propos qu’il faut attaquer au tribunal car il est impossible de donner les causes de ces 4°C et donc de prétendre faire œuvre utile alors qu’il est facile de démontrer que les actions proposées seront délétères!