(par Philbert Carbon dans IREF du
Nous indiquions en début d’année que faire passer tous les logements étiquetés G et F au niveau D coûterait près de 100 milliards d’euros (Md€) pour améliorer l’empreinte carbone de la France de …0,6%.
Les derniers chiffres du ministère du logement nous permettent d’affiner l’estimation et de l’augmenter de… 69%.
Le ministère nous apprend, en effet, qu’au premier trimestre 2025, 17 178 logements ont fait l’objet d’une rénovation d’ampleur subventionnée par l’État.
Une « rénovation d’ampleur » correspond, toujours selon le ministère du Logement, à des travaux multiples permettant d’améliorer la performance énergétique d’un logement de plusieurs étiquettes au diagnostic de performance énergétique (DPE).
Actuellement, il y aurait 4,1 millions de passoires thermiques (étiquettes F et G) dans le parc de résidences principales (soit 13,5%). Quand on sait que le coût moyen des travaux pour une rénovation d’ampleur s’élève à 59 197 € et que l’aide moyenne apportée par MaPrimeRénov se monte à 41 201 €, une multiplication rapide permet de calculer que la suppression des passoires thermiques pourrait coûter 169 milliards d’euros (Md€) au budget de l’État, c’est-à-dire aux contribuables.
Fort heureusement, tous les propriétaires ne vont pas demander des subventions pour effectuer des travaux. En revanche, les bailleurs qui ne peuvent plus louer leurs logements locatifs classés G (depuis le 01/01/2025) et F (à compter du 01/01/2028) risquent de demander l’aide de l’État. Et cela n’est qu’une première étape, puisque les logements classés E devraient être interdits à la location à partir du 1er janvier 2034.
Sans compter que des voix s’élèvent régulièrement pour demander davantage de moyens pour la rénovation énergétique. Les députés socialistes, par exemple, ont déposé une proposition de loi afin de doubler MaPrimeRenov’ quand les travaux permettent d’atteindre la classe D du DPE et même d’instaurer un dispositif de zéro reste à charge.
Pour l’instant, les contraintes budgétaires ont freiné l’adoption de telles propositions inconséquentes. Nul doute qu’elles seraient remises au goût du jour si une majorité de gauche s’installait à l’Assemblée nationale.
Pourtant, comme l’IREF l’a montré, il faudrait, en la matière, ne rien faire : le rythme naturel d’amélioration du parc du logements suffit pour venir à bout des passoires thermiques.